Gef's Contributions to the Oulipo Mailing List

[A. Classification of the constraints]
[B. Old oulipian page (90s)]
[C. Translation exercises (96-97)]
[D. Miscellaneous constraints (97)]
[E. Oulipian games & poetry (97-98)]
[F. Oulipoetic constraints (98-99)]
[G. Oulipoetry in 1999]
[H. Y2k texts]
[I. Grannets, tanka & Nerval]
[J. Poetry & symmetry (2000-01)]

K. Sonnets et al. (2001-02)
[L. Homophonies, anagrams, etc. (2003)]
[M. Combined constraints (2003-04)]
[N. Some original constraints (2004-06)]
[O. New literal constraints & pangrams (2006)]
[P. Holorhymes, pangrams, etc. (2006-08)]
[Q. Polysemy & Pastior (2008)]
[R. Collective poems & vocalic sonnets (2008-09)]
[S. Lists & saturation (June-July 2009)]
[T. Anagram pairs, Loyd & Fournel (2009)]
[U. Rhymes, anagrams et al. (2010-11)]
[V. Cut-up, outlaw, Mathews, etc. (2011-12)]
[W. Complex rhymes, multi-lipograms & self-justification (2013)]
[X. Recent stuff (2014)]
[Z. Homages to a few oulipian friends]


For your first visit, I suggest this selection

1er Septembre 2001

Mise au point de ma galerie d'ambigrammes
contenant notamment une inversion toute récente du nom de Jorge Luis Borges,
et une liste de sites remarquables consacrés à cet art.


12 Septembre 2001

Mise au point d'un recueil collectif pour fêter le 50ème anniversaire d'Éric Angelini.


27 Octobre 2001

Participation à une lecture publique d'une quarantaine de récritures d'El Desdichado de Nerval.


10 Novembre 2001

Sonnet dactylographié sur la première rangée d'un clavier français, c'est-à-dire avec les caractères

[Tab]  a  z  e  r  t  y  u  i  o  p  ^  [Retour]

mais sans majuscules, sans apostrophe, sans trait d'union, et sans accents à part le circonflexe.
Les espaces sont en réalité des tabulations (vérifiez le fichier-source HTML, si vous ne me croyez pas !)

autoportrait au rapporteur
par pierre arturo azerty

traître typo   arrête   et tire ta rature
ta pure pitrerie aurait treize errata
raye tout   titre   auteur   patati patata
trop petit papetier   porte au trou ta pâture

prote au rare toupet   apparaît ta rupture
oui ta torte utopie atterrit et rata
tout autre trope eut tort et au pire tâta
pour perpette ta tare irrite et te torture

prie apôtre ou pater pour ôter ta terreur
pour payer peu ou prou ta patriote erreur
et taire a priori tout trait prioritaire

ô reporter   au trot ta tête a pu tarir
opte pour ta retraite au pupitre ou par terre
ta roture oratoire ira partout pourrir


12 Décembre 2001

Sonnet palindrome de phonèmes

Chaque mot me cache (*)

L'or happe le sonnet du ténu récit nu :
Hier tôt, rêvant là, son père attend son thème.
Lors douze drames, shows - comédie et poème
Y a porté Perec à POL, logeur connu.

Et sans s'ingénier, l'os - lune en deuil - est venu...
Est-ce achevé ? Le sang coule à Jérusalem
Une taie de défunts. Son écrit ne vous sème
Mes souvenirs qu'énonce un fait de détenu.

Mais l'azur est jaloux quand se lève, chassée,
Une veille dans nul soleil, neige insensée,
Une ocre geôle opaque, air épais trop haï.

Mais au pays des mots cauchemardeux ou drôles,
Mettons, sans ta réponse, à l'envers au treillis
Unies ces rune, étude, et nos seules paroles.

(*) On rend ici l'hommage à mot licite en rond.

[Voir aussi ce grannet palindrome phonétique]


4 Janvier 2002

Diérèses, synérèses & pharèses
Selon la façon dont on place ses diérèses ou synérèses, le sonnet suivant est constitué d'hexasyllabes, d'heptasyllabes, d'octosyllabes, d'ennéasyllabes, de décasyllabes, d'hendécasyllabes ou d'alexandrins. Il y a 2^(6x14) = 19 342 813 113 834 066 795 298 816 (~= 2 x 10^25) façons de lire ce poème, parmi lesquelles plus d'un milliard et demi de milliards sont des sonnets à mètre fixe (et à césures fixes pour les vers de plus de huit syllabes). Ça dépasse donc de quatre ordres de grandeur les cent mille milliards de poèmes de Raymond Queneau.

Ouais, y est hué !

Hier lion doué, pionnier louable,
Fier dieu rieur skiant cieux quiets,
Nuit puis lueur, juin fruitier,
Sioux bien pieux, douanier fiable ;

Hui vieux chien, truie point viable,
Buandier cuit, tuilier niais,
Huissier fui, noueux buis scié,
Suant pion muet puis huant diable...

Hier jouissions, puisions miel ;
Hui suis rien - pouah, suif, fiel !
Couard pioupiou boueux, puant zouave...

Puisse Io m'ouïr mieux qu'Ian Jouet !
Viens via l'ouest, viens pluie suave
Bruir cuir mien, ruer huit fouets !


25 Janvier 2002

Grandeur & décadence de l'holorime

La chute

S'amuse Icare pris dans ses plumes unies.
Sa musique a repris : dansez plus mesurés,
Vos sens - urée de larme - au niveau censuré
De l'harmonie. Vos sangs surs aident l'arme honnie :

Ô temps ! Ça rajeunit autant sa rage nie.
L'aigle est venu leurrer les glaives nus. L'heure est
À l'usagé talus, âgé camp d'enterrés
Quand Dante errait sans songe, hennissant son génie.

Là je sais : l'âge c'est l'Enfer. Mais l'enfermer
En démodant des mots de remèdes remet
À l'état les désirs des irraisonnées zones.

Chevauche vautour, hante, ou rends dégâts des gars !
Faux faucon, conçois soif affadie d'ionone !
L'ailé mais méchant chant sans sens suit : suis gaga.

----------------------------------------------------------
Cette mise en scène d'un gâtisme progressif est constituée
d'holorimes successifs de 11, 8, 6, 4, 3, 2 & 1 syllabes :

                       (11 /   + 1
                        / 11)  + 1
                        (8 / 4 +
                         4 / 8)

                         (6 / 6)
                         (6 / 6)
                      (4 / 4) (4 /
                       / 4) (4 / 4)

                     (3 / 3) (3 / 3)
                     (3 / 3) (3 / 3)
                 (2 / 2) (2 / 2) (2 / 2)

                 (2 / 2) (2 / 2) (2 / 2)
     (1 / 1) (1 / 1) (1 / 1) (1 / 1) (1 / 1) (1 / 1)
     (1 / 1) (1 / 1) (1 / 1) (1 / 1) (1 / 1) (1 / 1)

Les alexandrins demeurent pourtant césurés à l'hémistiche.
Le premier distique forme un exemple de "poème-barre" à la
Le Lionnais (cf. "La littérature potentielle", p. 231), et
le dernier de "poème pour bègue" à la Jean Lescure (cf. le
fascicule n° 36 de la "Bibliothèque Oulipienne"). L'auteur
prie son aimable lectorat d'excuser ses quelques "h" muets
à tort, ainsi que ses "e" caducs entre voyelle & consonne.
Notez que certaines liaisons sont nécessaires pour que les
homophonies soient correctes. L'ionone est le parfum de la
violette. Le reste est limpide, ou bien vous êtes séniles.
Éloge ès sportifs ailés
Protège ailes fossiles_
gef@iap.fr

[Voir aussi ces sonnets "barbare" & "bègue", et mes autres poèmes holorimes ou homophoniques]


4-8 Février 2002

Premiers essais d'hétéropanphonèmes :
énoncés contenant une seule fois chaque phonème de la langue française, donc utilisables comme exercices de prononciation.
Ces 36 phonèmes se décomposent en 16 voyelles (i, é, ê, a, â, o, ô, ou, u, eû, e caduc, e, in, an, on, un) :
phonèmes vocaliques
17 consonnes (p, t, k, b, d, gu, f, s, ch, v, z, j, l, r, m, n, gn) :
phonèmes consonantiques
et 3 semi-voyelles ou semi-consonnes (y, w, u) :
semi-voyelles
Notez que le g nasalisé -ing des terminaisons anglaises en « -ing » n'est pas pris en compte dans cette liste.

[Voir aussi ce sonnet hétéropanphonétique, ces pangrammes et ces énoncés panaccentués]

4-11 Février 2002

Rimes impossibles
Écrire un sonnet dont les rimes sont les suivantes :
-icre / -èple / -èple / -icre
-icre / -èple / -èple / -icre
-agle / -agle / -odre
-ousme / -odre / -ousme

Il se trouve qu'aucune d'entre elles n'existe en français, ce qui oblige à des contorsions...
[Jeu proposé par moi-même sur la liste oulipo]


Réponse utilisant toutes les astuces que j'ai trouvées, à savoir dans l'ordre :
enjambements, accents, noms propres, mots anglais, onomatopées, fautes de frappe, et mots inconnus.


Il me faut pour demain calculer sans anicr-
oche les éléments de cette orbite képl-
erienne. Mais je ne comprends plus rien : le dépl-
acement einsteinien n'est même pas d'un micr-

on ! Che me reficore et ruchis comme un ticre.
J'utilise Maple (qu'il faut prononcer Mèple)
sur un ordinateur Apple (doit-on dire Èple ?)
comme l'a conseillé mon patron Jean-Paul Icre.

J'aimerais m'exclamer : « At last I did finagle ! »
mais je suis congelé par ma bêtise -- agle agle...
Quand pourai-je voir soudre ici bas un peu d'odre ?

La honte m'envahit : je devine que tous m'
accusent de paresse et d'amour de la gaudre.
Gloire à Dieu ! Mon programme a trouvé l'apochlousme !


Jean-Paul Icre existe vraiment : les moteurs de recherche sur Internet m'ont appris qu'il est le président de la Fédération de l'Ariège.

Le verbe anglais to finagle signifie "réussir quelque chose par des moyens plutôt tordus". Le protagoniste confirme ici son incompétence en prononciation anglaise, puisque ce verbe ne rime pas du tout avec l'onomatopée suivante.

L'onomatopée "agle agle" est attestée comme équivalent d'"aglagla".

Les mêmes moteurs de recherche vous prouveront que la quantité de personnes à écrire ordre sans son premier "r" est inquiétante. Mon onzième vers élimine volontairement deux autres "r".

Le mot "gaudre" n'existe pas, mais peut être considéré comme une apocope de "gaudriole".

Le dernier mot pourrait signifier l'apoastre d'une orbite autour de l'étoile Chlousmos, mais à ce jour aucune n'a été baptisée ainsi. L'"apochlousme" ressemble plutôt à un mot-valise construit sur les deux précédentes figures de rhétorique : l'apocope et le chleuasme.


Deux autres réponses sous forme de sonnets dissyllabiques
Le premier décrit de façon méprisante certaines mélodies ennuyeuses, et en donne au passage un exemple ;-). Le deuxième évoque les détournements d'argent de certaines églises, qui profitent de la superstition des ouailles, effrayées de devoir bientôt revêtir un linceul. Ces deux poèmes immortels sont censés être répétés indéfiniment, le premier comme une rengaine, le second comme une prière. Cela permet à la dernière rime en -ousme d'être respectée.

Musique         [usique r-]        -icre
réglée,         [églée, pl-]       -éple
plaquée         [aquée pl-]        -éple
plastique.      [astique. R-]      -icre

Rythmique       [ythmique r-]      -icre
ratée :         [atée : pl-]       -éple
pleurez !       [eurez ! (pl-]     -éple
(plat chic)     [at chic) R-]      -icre

Rumba,          [umba, gl-]        -agle
gloria :        [oria : gl-]       -agle
glaciaux,       [aciaux, dr-]      -odre

drus, tous !    [us, tous ! M-]    -ousme
Morceaux        [orceaux dr-]      -odre
draps-housses ! [aps-housses ! M-] -ousme

-----------------------------------------

Mystiques       [ystiques r-]      -icre
regrets :       [egrets : pl-]     -éple
plaignez        [aignez pl-]       -éple
plus ! Couic.   [us ! Couic. R-]   -icre

Reliques        [eliques r-]       -icre
raflées,        [aflées, pl-]      -éple
placées         [acées pl-]        -éple
plein fric.     [ein fric. R-]     -icre

Rapiat          [apiat gl-]        -agle
gloria !        [oria ! Gl-]       -agle
Glas trop       [as trop dr-]      -odre

dru ! Frousse   [u ! Frousse m-]   -ousme
mène au         [ène au dr-]       -odre
drap-housse...  [ap-housse... M-]  -ousme


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11-18 Février 2002

Écrire un palindrome d'hémistiches
[Jeu proposé par moi-même sur la liste oulipo]


Réponse sous forme de sonnet d'alexandrins

Parabole

Épanche un sommeil noir sur ta paupière close.
Puis reste quiet une heure et guette les rayons
Du matin : jusqu'au soir goûte-les ! Réveillons
Un esprit qui affleure aux rives de l'hypnose.

Amène, sans délai croque la vie en rose,
Comme un cycle de lais ivres de tourbillons
Quand sourd l'apothéose. Évite les bâillons,
Évite-les ! Bâillons quand sourd l'apothéose,

Ivres de tourbillons, comme un cycle de lais
Croque la vie en rose. Amène sans délais
Aux rives de l'hypnose un esprit qui affleure.

Goûte les réveillons du matin jusqu'au soir
Et guette les rayons. Puis reste quiet une heure...
Sur ta paupière close épanche un sommeil noir.


Réponse sous forme de sonnet dissyllabique

Grivois, c'est l'avril assez froid.
Verdoie vers là : voilà la voie !
L'avère doigt-vert froissé :
L'avril lassé voit gris.

[Rémi Schulz a suggéré par la suite le joli jeu de mots borgesien « April March » comme titre de ce sonnet dissyllabique.]


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18-25 Février 2002

Écrire un texte en "tlönien austral"
[Jeu proposé par moi-même sur la liste oulipo]

La première nouvelle des « Fictions » de Jorge Luis Borges, intitulée « Tlön Uqbar Orbis Tertius », est fortement inspirée par la mécanique quantique. En particulier, la langue imaginaire de l'hémisphère austral de Tlön est un analogue de ce que les physiciens appellent la « seconde quantification » : ce qui était considéré jusque là comme un objet (fonction) devient une action (opérateur), celle que l'objet peut avoir sur le reste de l'univers. Voici le célèbre passage où Borges décrit cette langue (dans la traduction de P. Verdevoye) :

Les peuples de cette planète sont -- congénitalement -- idéalistes. Leur langage et les dérivations de celui-ci -- la religion, les lettres, la métaphysique -- présupposent l'idéalisme. Pour eux, le monde n'est pas une réunion d'objets dans l'espace ; c'est une série hétérogène d'actes indépendants. Il est successif, temporel, non spatial. Il n'y a pas de substantifs dans la conjecturale Ursprache de Tlön, d'où proviennent les langues « actuelles » et les dialectes : il y a des verbes impersonnels, qualifiés par des suffixes (ou des préfixes) monosyllabiques à valeur adverbiale. Par exemple : il n'y a pas de mot qui corresponde au mot lune, mais il y a un verbe qui serait en français lunescer ou luner. La lune surgit sur le fleuve se dit hlör u fang axaxaxas mlö soit, dans l'ordre : vers le le haut (upward) après une fluctuation persistante, il luna. (Xul Solar traduit brièvement : il hop-après-fluence-luna. Upward, behind the onstreaming it mooned.)

Je vous propose pour lundi prochain (25/02) d'écrire un paragraphe en français, mais imitant les caractéristiques du tlönien austral. Il ne s'agit pas seulement d'éviter tout substantif -- contrainte chère à l'OuLiPo --, mais également de se passer de la notion d'objet matériel, pour se concentrer sur les événements passagers. Certains des « Exercices de style » de Queneau se rapprochent de cette deuxième idée, d'ailleurs, mais ils ne se privent pas de substantifs.


Réponse inspirée d'un fabuleux classique

        Il croasse noir puis il glapit roux

        Il vente noir pendant qu'il frémit vert.
                Ça sent ensuite plutôt fort.
        Il bruisse roux soudain à découvert
                Glapissant flou mais photophore :
                « Qu'il fasse bon quand ça croasse !
Qu'il chatoie constamment et jamais ne décroisse !
                Sans mentir, si ça vocalise
                Autant qu'il brille et qu'il stylise,
C'est renaître aujourd'hui cendré puis mordoré. »
Alors il enfle noir comme à s'évaporer
                Et pour crânement pérorer,
Il se fend largement ; ça choit expectoré.
Mais ça s'arrête roux en glapissant moqueur :
                    « Retenir à contrecoeur
        Qu'en flagornant, ça s'est ravitaillé.
Y penser vaudra bien qu'il sente moins caillé. »
                Il rougit sombre en croassant
Certes un peu trop tard : « Rien n'est plus agaçant ! »


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1er Avril 2002

Holorhume

Balèze bien dosé, décidé, aux bords raides
au milieu de marrons mufles : ô mec mouché !
Ô bilieux de barons, buffles aux becs bouchés :
malaise mien, nausée dessinée aux morts reines.

Ta bise est adulée par ta torride laide.
Chers amis encornés, sales mines mâchées ;
chers habits encordés, sales bides bâchés !
Ta mise est annulée par ta taurine laine.

Tu comptes tes moutons, quel honneur amusé !
Tu comptes tes boutons, quelle odeur abusée !
Sans gerber, la boisson est fade et abolie.

Tu décodes ces bouts de doux enduits cordiaux :
sans germer, la moisson est fanée, amollie...
Tu déconnes ; c'est mou ! Ne nous ennuie, corniaud !

Chilles Ezbozido-Varèsse


22 Avril 2002

Contrepoint

Rechante
(rondeau l'après-midi -- et que nocturne tait)

Reine des piccolos, traîne accrus demi-tons ;
Aux toniques réponds des murs de clarinettes !
Rions des cors punis -- lamento de requêtes --
Au rythme du cornet, de patinés clairons.

Dès que note m'étripe, unir l'accordéon
Aux lyre et harpe dont une hymne, air de coquette,
Écrit mon ode unie, et deux crotales prête
Au net prélude, tic d'énormes carillons.

Épinette, lecture aux rondes d'harmoniques,
N'être du piano contraire mélodique,
Quérir au nez -- piquer -- d'Ondes Martenot l'ut.

Que crient altos, ténors !... Muet père d'ondines,
Aède inepte qu'ont ridé cromorne, luth,
Et l'unique cordeau des trompettes marines.

J'ai phrase au style poésie
gef@iap.fr


Tous les vers sont des « anaphonèmes » les uns des autres, c'est-à-dire des anagrammes après transcription en alphabet phonétique international. Comme le mélange des sons est ici total, on ne peut plus parler de contrepèteries, ni même de « contrepèteries décadentes », bien que ces deux catégories soient des cas très particuliers d'anaphonèmes. On peut d'ailleurs aussi considérer les holorimes comme des cas encore plus particuliers d'anaphonèmes [« Elle eut ni queue : corps d'eau détrompé te marine. » (La petite sirène)].

Ce poème est donc un analogue phonétique de mon sonnet anagrammatique « Tranche ! », dont le dernier vers était aussi le célèbre monostiche « Chantre » d'Apollinaire. Comme la contrainte est ici légèrement moins dure, j'ai respecté l'alternance des rimes, et saturé les vers du plus possible d'allusions musicales. Les instruments sont presque classés comme sur une partition d'orchestre, par catégorie et par hauteur. Rappellons que la trompette marine est une contrebasse antique à une seule corde (comme le vers d'Apollinaire la décrit et l'illustre).

Mis à part mes récents « hétéropanphonèmes », il s'agit de mon premier essai de poème « anaphonétique », et j'avoue trouver cette contrainte fort intéressante. J'ai volontairement choisi un thème différent de « Tranche ! » pour ne pas radoter, mais rien n'interdit évidemment d'être plus profond que cette vague orchestration contrapuntique. Par exemple, dans le genre macabre, on peut construire des choses comme

Haine inepte, la mort dut contredire Écho.

ou bien dans l'autre sens

Écho : ne perdre donc une immortalité.

Dans le style autoréférent, il y a aussi des phrases du type

Contrepèterie d'art ? Ô quelle ode inhumaine !
(Contrepèterie drôle, ad hoc et inhumaine...)


Bref, bien que ça demande du travail, j'ai l'impression qu'on peut dire à peu près ce qu'on veut en respectant cette contrainte...
Bien amicalement (aïe, mine immanquable !) ; Gef_


[30/04/02] L'alexandrin suivant est à la fois une anagramme et un anaphonème du « Chantre » d'Apollinaire (mêmes lettres & mêmes phonèmes) :

N'écris, muette, au nom de lettres parodiques !


23 Mai 2002

Beau présent pour Estelle & Philippe


11 Juillet 2002

Phonnet II
utilisant plusieurs fois le I comme un yod (i mouillé semi-consonne). Le thème du poème peut être interprété de façon métatextuelle, puisque la version en lettres capitales paraît « dénudée » et que la littérature à contraintes déplaît souvent au lecteur coincé. La présence de l'écuyère a deux justifications : de nombreuses lettres épelées sont en effet « à cheval » sur deux mots, et jouer avec les lettres est mon dada (auquel j'ai cédé, comme l'indique le dernier vers).
[texte nu]          [version habillée]

ROCX                Éros (et X)

CTQIRAVDPIZMR       Cette écuyère avait dépaysé des maires,
LNIZYAPZMHO         Hellénisé dix grecs, apaisé des machos.
LMLHRIFEISMAIO      Elle aimait, la chérie, effeuiller ses maillots
SEDVTDVTILFMR       Et se dévêtait : d'Ève étayait l'éphémère.

LRMRVIEZNUDHR       Elle errait, merveilleuse et dénudée. Ah, chair !
OQICPCQLNNSIO       Ô cuisse épaisse et cul, et les nénés si hauts,
LMAIDKPLEIWIO       Et l'émail décapé ! Et l'oeil doux, bleu, veille au
KILHNRVLAQZEIR      Caillé, lâche, énervé, et l'accusait d'oeillères.

AVKCDZRUZLIK        Avec assez d'aise et des rusés délicats,
LOZRIDABATCK        Elle osait dérider abbés, athées -- ces cas
DTTRICZEKZIR        D'étêtés hérissés et de casés d'hier.

LAJTLNARINSFS       Elle agitait et l'aine, aérienne, et ses fesses :
GVQDZNDTTZSR        J'ai vécu des édens, des tétées et desserts.
BAGCDACBZEDS        Béat, j'ai cédé à ses baisers de déesse.
[Voir aussi mon premier sonnet alphabétique, plus obscur mais plus « noble ».]


En rab : cinq haïku alphabétiques et palindromes


16 Juillet 2002

Monosyllavocalisme
Sonnet autoréférent monovocalique et monosyllabique (e caducs élidés avant voyelle ou en fin de vers). L'alternance des rimes est respectée.

Thrène

Frère en fête et en zen, je te tends ces sept vers.
C'est net, ce texte en E se sert de très brefs termes.
Je les cherche et les pêche en des rets chers et fermes
Et les trempe en cette encre, et les verse en ces mers.

De lettre en verbe, en thème, et en thèse ès prés verts,
Je prends le temps de mettre en mètre et en cent germes
Le hêtre et le né en des jets de verve en thermes...
Frère en spleen et en stress, tes sept vers, je les perds.

Je n'en sens de sens dense, et ce speech lent me pèse.
Je mets des vers de terre en règle, en schème, en tmèse,
Et les rends tels des ergs de grès, tels des pets secs.

En tweed nègre et en stretch, ce spectre erre en mes rêves :
L'elfe entre, enfle, et me ferme et le nez et le bec.
Ce tertre en est le terme et je crêve en ses trêves.

Gef_

[Voir aussi ce sonnet monosyllabique et lipogrammatique.]


21 Août 2002

Version holorime d'El Desdichado de Nerval

El Dolorimado
(Le Déshérimé)

C'était toi le sombre homme et l'odieux solitaire,
Désastreux Aquitain tant grisé d'aise et rites.
Cette étoile sombre : ô mélodieux soli  taire
Des astres à qui teint en gris et déshérite !

Tombeau lisse et marron, douce âme arrêtée hier,
Oh ! rends ton eau de mer et veux-tu geler vite !
Ton beau lys est ma ronde où s'amarraient théières,
Or en tonneau de mes rêves tus ; je lévite.

Je crois être éternel - en fer - et, laquais rond,
C'est ainsi, Reine m'a brûlé dans ses rapports.
S'éteint Sirène, ma bru laide en ces ras ports.

Je croisais, très terne, et l'Enfer et l'Achéron,
En modulant mes chants - comme Orphée peut sa lyre -
En mots du lent méchant qu'aux morts fait peu salir.

                                                  Gégé deux Nerval

[Voir aussi mes autres réécritures de ce sonnet de Nerval, une précédente version holorime de Patrick Flandrin,
et mes autres poèmes holorimes comme ce sonnet barbare ou cette mise en scène d'un gâtisme progressif.]


Lettre d'un vieux gourmand
sonnet panphonétique     à une gente damoiselle,
      suivie de sa réponse

J'étais un vigneron pas bien,
homme aux choix luxueux, doux gants neufs.
Présentons-nous chu comme un veuf,
agneau bleu : je suis gai doyen.

Chanceux, j'avais plus d'un moyen :
te cuire aux oignons gnou et boeuf.
Vois : du rhum luit. Je goûte un oeuf
-seize oeufs !- et champagne ô combien...

Viens chez moi, jeunesse, aux campagnes :
un loup on fut, gobeuse d'huîtres !
J'eus un vin chinois, ô compagne.

-- Mais ce gluant bouffeur est odieux !
Jeune, un cochon suant vos épîtres
fait bagne moins goulu. Adieu !


Ce sonnet respecte une contrainte très dure. Chaque
couple de vers (1-2, 3-4, ..., 13-14) doit contenir
une et une seule fois la totalité de ces phonèmes :

    i, y semi-consonne, é, è, a, â, o, ô, ou, w
    semi-consonne, u, u semi-consonne, e fermé,
    e ouvert, e caduc, in, an, on, un, p, t, k,
    b, d, g, f, s, ch, v, z, j, l, r, m, n, gn.

Ce sonnet d'octosyllabes est donc constitué de sept
hétéropanphonèmes consécutifs - sans les 3 phonèmes
un peu à part que sont le h soufflé, la jota, et le
g nasalisé des terminaisons anglaises en -ing. Il y
a parfois des ambiguïtés sur la prononciation des a
antérieurs et â postérieurs ; j'en suis tout mârri.

Le thème de ce poème a presque été choisi tout seul
par la contrainte, mais si l'on veut, on peut quand
même lui chercher une signification métatextuelle :
à gober tous les sons, l'on devient indigeste. Gef_
[Voir aussi mes premiers hétéropanphonèmes et ce sonnet anaphonétique.]

9 Septembre 2002

Sept distiques holorimes

Honorim de Balzac
(chaque volume pèse
un bon demi-kilo ;
lire tout cet obèse
est un sacré boulot)

Le roman se veut livre et m'enlise en ses tomes :
L'heure oh! m'ensevelit vraiment, lisant cet homme.

Lewis Carroll
(l'héroïne insoucieuse
a vu paraître au bord
du lac une faucheuse
obscure qui la mord)

Alice, une oie, rôdait au lac à marc de larmes
À l'issue noiraude et tôt la Camarde l'arme.

Georges Perec
(un baryton s'effondre
au milieu de l'action
laissant Conson répondre
à sa malédiction)

Anton hélas t'a tu deux mots à râler car
Entonnait la statue de Mozart à l'écart.

Paul Fort
(vois, l'amour est tout près,
fais donc le premier pas ;
cours vite dans le pré :
le bonheur n'attend pas)

Ah tendre ami, pars ! Cours ! Danse, chantonne et va
Attendre à mi-parcours, dans ce champ, ton Éva.

Jean-Roger Caussimon
(la fille de vingt ans
à chevelure rousse
apparaît à l'instant
où la douleur s'émousse)

Sa mort sûrement porte aux tempes plaid orange.
Sa morsure m'emporte au temps peuplé d'or, ange.

Jorge Luis Borges
(au jeu diffamatoire,
un gros mot moins odieux
lui fait apercevoir
l'existence de Dieu)

Rot (que le fécal mot assimile) eut miné,
Rauque, le fait qu'Almotasim illuminait.

Italo Calvino
(si ta vie trop amère
est amorphe, ennuyeuse,
observe dans la mer
ton image rieuse)

La ville est trop molle au galant versifiant :
Là vit l'être homologue à l'envers, s'y fiant.


[03/11/02] Sombre quatrain d'octosyllabes holorimes à mettre au point. B-|

(Le temps nous a coupé
notre goût des cépages,
et l'oeil inoccupé,
nous sombrons sans ambages)

La mort ose : elle a ses scies, tait
l'âme aux rosés lassée. Si t'es
là morose, hélas est citée
l'amaurose et la cécité.

L'oeil figera ses postes
gef@iap.fr


12 Septembre 2002

Polysémie

Peut-être pensez-vous que cet hendécasyllabe fait allusion aux événements du 11 septembre ?

ô pays ouvrons les avions nous le ferment

Pas du tout ! C'est un alexandrin correctement césuré, qui suggère à plusieurs nations de supprimer les droits de douane sur les produits peu courants comme le bifidus.


Syllabaire bafouillant

Victor est un gamin déluré. Son oncle s'est marié à une rwandaise volage. Le môme en profite donc pour la caresser, lui enlever son corsage, et la chatouiller depuis la tête jusqu'à sa poitrine si affriolante. Mais les frères de la jeune fille se vengent en rasant le crâne de Totor, puis en le bâillonnant et en le forçant à marcher à quatre pattes vêtu d'une jupette africaine. Ils ont de plus aspergé de solvant les bandes dessinées du gosse, mais celle qu'il préfère a heureusement conservé toutes ses couleurs.

Tâte à ta tata !
Toto tôt t'ôte haut :
titi t'y titille
tes tête & tétés
tant tentants ; t'entends ?
Tontons t'...(honte !) ont ton-
du. Tu, t'eus tutu
tout hutu, toutou !
Tintin tint teinte, hein.

8-/

21 Septembre 2002

Bibliographie probablement exhaustive de Georges Perec
présentée à la manière du timbre à son effigie paru ce samedi 21/09/02


24 Septembre 2002

Haïku avec l'accent : diacritique de l'oraison pure
[Toutes les voyelles portent un accent. Le würm est la quatrième période glaciaire]

Blé brûlé très tôt
L'été déjà détrôné
Ô würm déréglé !

(Bâshósìtô)

File les poésies gratos !
gef@iap.fr


28 Septembre 2002

Haïku polysémique (tanka faire)

Cul-de-jatte ou fou ?
C'est un mensonge en tout cas :
Le dément l'infirme.

(Tu Fu, « Tukas »)

Église à fols estropiés
(Le fol estropié, sis sage)
gef@iap.fr


6 Octobre 2002

Haïku totalement réaccentuable
[Une voyelle par mot change d'accent dans le haïku. La difficulté principale est de conserver le bon nombre de syllabes.]

Toux devient ténue : nous pouvons maintenant chanter des rengaines ensemble, mais je reste ici pour surveiller le repas.

Mêlons d'aiguës scies,
mais où ? Muré là, planté
à cause du rôt.

(Comte Dâgen, « Nô : us rimés »)

Toux dévient tenue : ces plats ont provoqué un renvoi prévisible.

Melons d'Aigues sciés,
maïs ou mûre : la plante
a causé dû rot.

(Comté d'Agen, « Nous rîmes »)

Le repas fit glose sosie
gef@iap.fr


15 Octobre 2002

Version aboyée d'El Desdichado de Nerval
[Chaque syllabe contient le son « oi »]

L'hoir boite

Broie noir. Sois proie.
Toit choit. Couac : noise.
Watts cois, voix coite.
Quartz froid. Pouah, poisse !

Soir. Toi, crois-moi :
Dois square ! Oie squatte.
Soie seoir : joie ! Quoique.
Noix. Soif ? Bois poire !

Quoi ? Choix : croix, gloire ?
Roi gouache où as coiffe.
Vois squale --ouah !-- moite.

Trois fois : wharf, voile.
Doigt droit loua moine :
soit foi, soit foire.

                                                  Joual
Hoir : héritier.
Wharf : quai.

[Voir aussi mes autres réécritures de ce sonnet de Nerval, et cette version holorime plus récente.]


21 Octobre 2002

Version cruciverbiste d'El Desdichado de Nerval

Grille 7x7 ayant une seule case noire en IV-5
    El Descruzado

  I Je suis comme un lépreux banni, discriminé,
 II Prince d'une région dépouillée, amaigrie.
III Mon luth et mon étoile au trou vont terminer :
 IV La Dépression m'appelle - au fond de sa patrie.

  V Toi qu'on a vu s'abattre et se disséminer,
 VI Retourne-moi l'État yonnais sans symétrie,
VII Mon antique jeton romain foraminé,
  1 La treille où fanent pampre et rose rabougrie.

  2 Suis-je une citadelle au faîte vermoulu ?
  3 Mes tempes ont pâti du sceau de la vérole
  4 Car je brade à nouveau mon rêve et ma parole.

  5 J'ai vu - plein de bon sens - the terme révolu,
  6 Et je sais engendrer les chants à la cithare
  7 De nymphe évaporée ou d'inverse cathare.

                            Tristard de Bernal
Notes techniques :

ATTENTION, je donne plus bas la solution, donc si vous avez envie de chercher, arrêtez ici votre lecture !




















[H] Ségrégé - Écrémée - Crèvent - Hèle / En - Étendre - neédneV - Tessère // [V] Sèchent - Écrêtée - Grêlées - Revends - Ème / dnE - Générer - eétnevÉ

Note technique :
La grille est monovocalique. Il en existe sans aucune case noire mais elles sont symétriques, c'est-à-dire qu'elles utilisent les mêmes mots horizontalement et verticalement. Pour avoir droit à des vers différents dans le sonnet, j'ai donc été forcé à quelques contorsions en plus de la case noire.

Explications :

  I SÉGRÉGÉ = banni, discriminé.
 II ÉCRÉMÉE = dépouillée, amaigrie.
III CRÈVENT = vont terminer au trou.
 IV HÈLE    = appelle.
         EN = au fond de.
  V ÉTENDRE = abattre, disséminer.
 VI NEÉDNEV = vendéen à l'envers. La Roche-sur-Yon est le chef-lieu
              de la Vendée. L'expression « Retourne-moi » est censée
              mettre sur la voie de cette inversion, tout en faisant
              allusion au « Rends-moi » du Desdichado original. Notez
              que cet adjectif est effectivement « sans symétrie ».
VII TESSÈRE = jeton utilisé dans l'antiquité romaine.
  1 SÈCHENT = fanent.
  2 ÉCRÊTÉE = dont le faîte est érodé. Le féminin est indiqué par le
              genre de « citadelle ».
  3 GRÊLÉES = marquées par la vérole (un des sens de cet adjectif).
              La correction de Rémi Schulz garde l'information du féminin
              pluriel dans le mot « tempes ».
  4 REVENDS = brade à nouveau.
  5 ÈME     = régionalisme pour « jugeote ». Quel que soit le sens dans
              lequel on le lit, c'est le bon (comme l'indique la définition).
        DNE = end à l'envers. Le terme « terme » signifie la fin, et
              l'article anglais « the » est censé mettre sur la voie.
              « Révolu » signifie étymologiquement « qui a subi une
              rotation », donc l'inversion est aussi indiquée.
  6 GÉNÉRER = engendrer.
  7 EÉTNEVÉ = éventée à l'envers. « Évaporée » est synonyme, et l'on évente
              parfois pour purifier, d'où la présence d'une cathare (= pure).
              L'« inverse » donne une indication pour la résolution, tout en
              évoquant l'opposition nervalienne entre la fée (nymphe) et la
              sainte (cathare).
Recevez mes révérences enchevêtrées ; Gef_

[Voir aussi mes autres réécritures de ce sonnet de Nerval, et ces versions holorime & aboyée plus récentes.]


28 Octobre 2002

Conjugaisons relativistes
[Contribution à l'OuGraPo, ouvroir de grammaire potentielle]


17 Novembre--11 Décembre 2002

Sept « mythogrammes »


11 Décembre 2002

Dix mots ambigrammatisés pour fêter la langue française


31 Décembre 2002

Apoastre
[Juste les règles classiques du sonnet & un jeu sur les rimes]

Fini le premier trimestre
Et ses tracas magistraux
Célébrons la Saint-Sylvestre
En nos canons ancestraux

Lorsqu'une blancheur alpestre
Orne les plans cadastraux
Le rêve astral est terrestre
Et nos psaumes orchestraux

Frère humain tu n'enregistres
En t'accompagnant de cistres
Qu'un chant de Zarathoustra

Ses révélations illustres
Ont prouvé depuis des lustres
La mort de Dieu -- c'est extra

En rab, deux alexandrins blancs, anagrammes l'un de l'autre
[d'après une idée d'Éric Angelini & de Frédéric Schmitter]

Un deux trois quatre cinq six sept huit neuf dix onze :
Douze pieds sûrs qui ont chaque nuit fini trente (XXX).
[Notez que si la parenthèse finale est lue « trente en chiffres romains », l'ensemble se décompose
en deux alexandrins puis un hexasyllabe, donc comporte en tout trente syllabes, comme indiqué.]

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