Gef's Contributions to the Oulipo Mailing List

[0. Classification of the constraints]
[1. Old oulipian page (90s)]
[2. Translation exercises (96-97)]
[3. Miscellaneous constraints (97)]
[4. Oulipian games & poetry (97-98)]
[5. Oulipoetic constraints (98-99)]
[6. Oulipoetry in 1999]
[7. Y2k texts]
[8. Grannets, tanka & Nerval]
[9. Poetry & symmetry (2000-01)]
[10. Sonnets et al. (2001-02)]
[11. Homophonies, anagrams, etc. (2003)]
[12. Combined constraints (2003-04)]
[13. Some original constraints (2004-06)]
[14. New literal constraints & pangrams (2006)]
[15. Holorhymes, pangrams, etc. (2006-08)]
[16. Polysemy & Pastior (2008)]
[17. Collective poems & vocalic sonnets (2008-09)]
[18. Lists & saturation (June-July 2009)]
[19. Anagram pairs, Loyd & Fournel (2009)]
[20. Rhymes, anagrams et al. (2010-11)]
[21. Cut-up, outlaw, Mathews, etc. (2011-12)]
[22. Complex rhymes, multi-lipograms & self-justification (2013)]
[23. Doublets, arithmonyms, alpharhymes, etc. (2014)]
[24. Homoconsonantisms et al., braids, anagrhymes (2015)]
[25. Anagrams, holorhymes, Morse, etc. (2016)]
[26. Rhythm & pangrams (2016)]
[27. Compositions, holorhymes and new constraints (2016-17)]
[28. Syllabic squares, vocalic sequences, music, etc. (2017)]
[29. Paradoxical constraints (2018)]
[30. Extensions of anancograms & other constraints (2018)]
[31. Express palindromes (2018)]
[32. Digrams, mesonyms et al. (2019)]
[33. Intervals, primes, n-grams & Queneau (2019)]
[34. Statistics and prime ASCII art (2020)]
[35. Extensions of HOGs & palindromes (2020)]
[36. Acrostics, rhythm and many other constraints (2020)]
[37. Block designs, neo-gematria, paronyms & boundaries (2020)]
[38. Metatogs, irrational sonnets, neo-sestinas, etc. (2021)]
[39. Prouhet-Thue-Morse, generalized sonnets and other forms (2021-22)]
[40. Architogs, polysympathy et al. (2022)]
[41. Paronyms, protehogs, dichotomy, etc. (2022)]
42. Recent stuff (2022-23)
[Appendix: Homages to a few oulipian friends]


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11 novembre 2022

Haïkúxymores
[Robert Rapilly a baptisé haïkúxymores les haïkus dont les premier & troisième vers emploient des oxymores — de préférence inverses l'un de l'autre. Ci-dessous, j'en ai aussi placé dans les deuxièmes vers.]

        Après ce jour noir
pour l'union des divisions,
        la nuit sera blanche.

        L'intense repos
interrompu sans arrêt ?
        Légèrement lourd !

        À présent perdu,
mon trop humble verre en bois
        s'est trouvé manquant.

        Plein le dos du vide !
À raison je deviens fou :
        restons seuls ensemble.

        D'anciennes nouvelles
proclament comme seul choix
        la mode archaïque.

        Nous trompant vraiment,
l'art d'un illustre inconnu
        s'est avéré faux.

        L'éloquent silence
pousse à se méfier sans doute
        des contraintes libres.

[Voir aussi cette ballade irrationnelle de l'année dernière, accumulant beaucoup d'oxymores]


13 novembre 2022

Hypallaïkus
[Dans le même état d'esprit que les haïkúxymores ci-dessus et les accumulations de figures de rhétorique de ma jeunesse, voici quelques haïkus employant des hypallages — figure borgésienne qui m'est chère.]

        Sur mon écran myope,
trois lignes se désespèrent
        devant mes yeux plats.

        L'équation têtue
se moque d'un erroné
        chercheur raturé.

        L'habile clavier
déchiffre sans résonner
        son nouveau pianiste.

        L'oreiller ronronne
contre un confortable chat
        empli de coton.

        Une nébuleuse
vertigineusement rêve
        de poètes bleus.

        La lune agitée
mire une barque apeurée
        sur la mer cendrée.

        L'arbre déplumé
a fait tomber à regret
        un oiseau fané.

[Voir aussi ces magnifiques réponses de Robert Rapilly, employant des couples anagrammatiques]


21 novembre 2022

Accumulation d'hypallages

El Hipalageado
(L'Hypallagisé)

La veuve nuit m'emplit d'un glas inconsolé
Sans l'espoir aquitain d'une terre abolie :
L'étoile pleure un luth au malheur constellé
Par le princier embrun de la Mélancolie.

Défunte obscurité du tombeau désolé,
Rends l'aqueuse colline et l'éprise Italie,
Les rosiers amoureux du pampre affriolé,
Et mon coeur parfumé que Naples concilie.

Suis-je le preux Soleil ?... L'éblouissant Biron ?
Un baiser rouge au front de la timide reine
Me rêve souterrain comme une ample sirène...

Et deux fois traversé du vaillant Achéron,
Un théorbe m'arpège où l'ondoyant Orphée
Chante un saint tapageur et la plaintive fée.

                                                Nérard de Gerval

[Voir aussi ces accumulations d'oxymores puis de pléonasmes de Robert Rapilly]


28 novembre 2022

Deux minimalismes
[Robert RapillyJacques Jouet ont proposé une forme encore plus minimaliste que le sonnet mince, dans lequel les vers monosyllabiques comptent quatre lettres dans les quatrains et trois dans les tercets. Ci-dessous, aucune rime n'est pauvre et leur alternance classique est respectée. Le verbe « ard » du onzième vers signifie « brûle ».]

Know-how

Page,
sers
sage
vers !

Mage
pers,
gage
airs !

Aïe,
art
ard...

Bye,
mec
sec !

[Voir aussi ces précédents poèmes aux caractéristiques voisines]


Sélénet à rimes anaphonétiques [sɑ̃pɛʀ/pɛʀsɑ̃/pɑ̃sɛʀ/pʀɛsɑ̃] et [tasiʀ/itsaʀ/satiʀ/istaʀ],
le reste employant les mêmes sons

Répartissant

Pan s'éprend, sans père
En ces prés persans.
Cent serpents pensèrent
Ramper, s'empressant.

Si s'attrista sire,
Rira trahi tsar :
Cithare à satyre
S'attire ici star.

[Voir aussi ce septuplet d'anaphones de 2013 et ce sélénet de l'année dernière]


30 novembre 2022

Cacographis
[L'une des principales difficultés de la prosodie classique provient des E caducs, autrefois un peu prononcés. C'est la raison pour laquelle ils ont fini par être interdits entre voyelle et consonne, pour éviter une ambiguïté dans le décompte des syllabes, et qu'ils permettent au contraire d'échapper aux hiatus entre mots terminant puis commençant par une voyelle. Ils sont aussi la cause de plusieurs licences poétiques, de l'habituel « encor » jusqu'aux « pensers » à la place des « pensées », en passant par la suppression d'S finals autorisant des élisions, comme « Athène » ou « certe ». (La chanson ne s'embarrasse pas de telles subtilités graphiques, et remplace juste tout E caduc à élider de force par une apostrophe, même entre deux consonnes.) Par pur anticomphormisme, voici un Desdichado accumulant des phautes prosodiques liées à ces E caducs, mais « compensées » par des cacographies.]

Le Déshéritée affligé

Je m'englu corrodée, — ex-roie, — inconsolé,
Le géni du Poitoue au châteaue abolie :
Ma nova ha périe, — et honze ouds constellé
Charri l'impi Soleil d'aigu Mélancolie.

Parmie un mausolé, toi quie as consolé,
Redistribu-moi Naple et la bai d'Italie,
L'aulnai quie agré tant à ma mou désolé,
La paroie où les vigne et l'ancoli s'allie.

Amitiée, Apollon ?... Lezaye oue Aglaron ?
Le museaue empourprée au cooki d'athé reine,
J'aie étée inspirée où se noi les sirène...

Et hamphibi, deux fois j'ai franchie Achéron :
Vari la mélodi quie a hémue Orphée
En crîris des harpis et hahans des parfée.

                                                Labruni Gérard

[Voir aussi ce sonnet cacophonique sans hiatus de 2003]


5 décembre 2022

SonX de types de palindromes
[Robert Rapilly a combiné dans un quatrain d'octosyllabes des palindromes de mots, syllabes, phonèmes et lettres. Ça m'a donné envie de l'imiter dans un « sonX », où le schéma de rimes banvillien
AbbA AbbA ccD eDe correspond aussi à des palindromes de syllabes (A), phonèmes (b), hémistiches (c), lettres (D) et mots (e). Le titre est un pangramme de 35 lettres évoquant quelques mots-clefs du poème.]

M'équipez vos bateaux, junky du wharf glacé
(Naufragé en Antarctique, un haut fonctionnaire devient
alcoolique et toxicomane pour tenter de s'échapper dans
une aveuglante hallucination extrême-orientale)


L'idée a terrassé la frégate en la lie
Et n'y va chavirer le centaure crâné,
Énarque rotant seul — et rit, vache, aviné.
L'île attend : gars frais glace, erre à terre Adélie.

Ligue au monde gelé la tonale embellie,
Ennemi lot qui trotte, habit si condamné,
Et n'as donc ici-bas torticolis mené ;
Libelle en alto là les jeux de Mongolie !

Souvent drogué, bandit, ta pupille grandit...
Ta pupille grandit souvent, drogué bandit,
Et canera ta tête, été tatar en acte.

Évasions qu'alors nous, brouillons faibles, visions,
Et ça rata, cruels ! Nommons leur cataracte
Visions faibles : brouillons-nous alors qu'évasions.
 
 
 
 


[li de a tɛʀ ʀa se la fʀeg ga tɑ̃ la li]
[enivaʃaviʀeləsɑ̃toʀəkʀane]
[enaʀkəʀotɑ̃səleʀivaʃavine]
[li la tɑ̃ ga fʀeg la se ʀa tɛʀ a de li]

[li go mɔ̃ ʒø le la nal lɑ̃ li]
[enəmilɔkitʀɔtabisikɔ̃dane]
[enadɔ̃kisibatɔʀtikɔliməne]
[li lɑ̃ nal la le ʒø mɔ̃ go li]

 
 
 

 
 
 

[Voir aussi mes précédents sonnets palindromes de différents
types, et ma série de sonX des deux dernières années]


8 décembre 2022

Palindromes-express oucuipiens

Mettons des amendes
Aux démons des eaux :
Pourquoi les limandes
Ont-elles des os ?

Moralité :
Arête : acte nocif, fi ! con, et caetera.

*

Faut-il qu'on placarde
Des absurdes lois ?
Par bonheur s'en garde
Tout bar bruxellois.

Moralité :
Une métropole ici fit rater ce décret artificiel, ô porte-menu !

*

Quelle ample bévue !
Vite mettez hors
De ma sobre vue
Ce vin de Cahors.

Moralité :
Ce blâmé Malbec

*

[Robert Rapilly a inventé et illustré la notion de palindrome de couples anagrammatiques.
Je propose ci-dessous celle de palindrome de paronymes différant d'une et une seule lettre.]

Paisible dépouille
De grand cuisinier,
Renonce à la rouille
À l'instant dernier.

Moralité :
Honore inanimé l'aisément aboli
Aïoli, gisement d'inanité sonore.


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Last modified : December 8th, 2022