Gef's Contributions to the Oulipo Mailing List

[A. Classification of the constraints]
[B. Old oulipian page (90s)]
[C. Translation exercises (96-97)]
[D. Miscellaneous constraints (97)]
[E. Oulipian games & poetry (97-98)]

F. Oulipoetic constraints (98-99)
[G. Oulipoetry in 1999]
[H. Y2k texts]
[I. Grannets, tanka & Nerval]
[J. Poetry & symmetry (2000-01)]
[K. Sonnets et al. (2001-02)]
[L. Homophonies, anagrams, etc. (2003)]
[M. Combined constraints (2003-04)]
[N. Some original constraints (2004-06)]
[O. New literal constraints & pangrams (2006)]
[P. Holorhymes, pangrams, etc. (2006-08)]
[Q. Polysemy & Pastior (2008)]
[R. Collective poems & vocalic sonnets (2008-09)]
[S. Lists & saturation (June-July 2009)]
[T. Anagram pairs, Loyd & Fournel (2009)]
[U. Rhymes, anagrams et al. (2010-11)]
[V. Cut-up, outlaw, Mathews, etc. (2011-12)]
[W. Complex rhymes, multi-lipograms & self-justification (2013)]
[X. Recent stuff (2014)]
[Z. Homages to a few oulipian friends]


For your first visit, I suggest this selection

20 Mai 1998

Traduction d'un manuscrit d'Ian Monk sur "A Void" d'Adair


31 Mai 1998

Adaptation française d'un englyn gallois cité en page 90 de Formules 2

Original (de R. Williams Parry)

            Y bardd trwm dan bridd tramor - y dwylaw
                    Na ddidolir rhagor :
            Y llygaid dwys dan ddwys ddor,
            Y llygaid na all agor
Traduction (de Heather Williams)
            Le barde lourd dans un sol étranger - les deux mains
                    Qui ne se sépareront plus :
            Les yeux graves sous une porte accablante,
            Les yeux qui ne savent s'ouvrir
Adaptation (de Gef)
imitant les allitérations de la cynghanedd mais selon un autre mètre [alexandrin 5/7]
            Un barde pesant
                    au bord d'un pays sans nom
            Les mains s'attachant
                    dans la masse d'un chaînon
            Ses yeux s'accablant
                    soucieux sous ce cabanon
            Les yeux secs et blancs
                    scellés au sas qui bat "non"

22 Juin 1998

Ballade en RMN

En un émoi unanime
ma mémoire émanera :
une aurore amie m'anime,
mon âme môme aimera.
Un anneau en or m'enrêne,
une mairie m'unira.
Marina m'y noue : amen !

En une marée minime
un rire orné me noiera :
une anémone m'arrime.
Au mérou un rémora,
énorme raie ou murène,
ma marraine amarrera.
Marine-à-Nouméa mienne !

Une rumeur anonyme
ou mon aria narrera
en renommée ou en mime
un air, une eau, une aura.
Ma nana marmoréenne
en mon miroir moirera.
Ma rime à "nou" m'y amène !

Ma reine murmurera
une rune araméenne.
Un miaou ronronnera
Ramina, minou amène !


28 Juin 1998

Écrire une "rotrouänge écartelée"
forme fixe médiévale comprenant quatre neuvains du type
Nombre de syllabes : 3 1 6 / 3 1 6 / 4 2 8
Schéma de rimes    : a a b / a a b / b b a
et dont le neuvième vers constitue un refrain approximatif
[Jeu proposé par Christian Rousseau sur la liste oulipo]

Proposition à rimes classées des plus graves aux plus aiguës,
les "a" utilisant les mêmes consonnes que les rimes rares "b" :

Au galop
l'eau
gèle : enfiler ses moufles.
Le hublot
clos,
s'affubler de pantoufles.
On s'emmitoufle :
le souffle
d'hiver fane un soleil falot.

Voir alors
l'or
de la glace en débâcle.
Pour éclore,
Flore
ne tarde ni renâcle.
Voici l'oracle :
miracle !
Soleil et printemps se colorent.

Le genêt
n'est
qu'un tronc qui se décharne.
Que l'aulnaie
n'ait
même sort, qui s'acharne ?
Notre lucarne
s'incarne :
en été le soleil renaît.

Mais assez :
sais-
tu que l'apocalypse
a tissé
ses
rets pour que vie s'éclipse ?
Comme une ellipse
de gypse,
le soleil d'automne a passé.


Juillet 1998

Pangrammes autodescriptifs
obtenus en collaboration avec Éric Angelini et Nicolas Graner,
à l'aide d'un algorithme de Jacques Pitrat modifiant la méthode de point fixe de Douglas Hofstadter


Hommage à mes collaborateurs implicites & explicites

Ce pangramme autodescriptif en hommage à Douglas Hofstadter, Lee Sallows, Jacques Pitrat, Nicolas Graner et Éric Angelini contient exactement dix-sept a, un b, onze c, huit d, trente-cinq e, cinq f, neuf g, six h, vingt-quatre i, deux j, un k, sept l, six m, vingt-six n, onze o, huit p, huit q, onze r, quinze s, vingt-sept t, dix-sept u, quatre v, deux w, neuf x, un y, et cinq z.

Exemple de phrase gödelienne [admettant de très nombreuses variantes]

Cette phrase prétend contenir exactement sept a, un b, sept c, cinq d, vingt-six e, un f, trois g, quatre h, dix-sept i, un j, un k, trois l, quatre m, dix-huit n, sept o, huit p, sept q, onze r, douze s, vingt-cinq t, treize u, trois v, un w, cinq x, un y et quatre z, mais elle ment.

Bonne approximation d'un pangramme autodescriptif minimal

Voici trois a, un b, quatre c, six d, douze e, un f, un g, trois h, treize i, un j, un k, un l, un m, douze n, huit o, trois p, cinq q, sept r, sept s, douze t, dix-huit u, deux v, un w, quatre x, un y, et cinq z.

Une seule lettre nous sépare du Graal [ici encore, de nombreuses variantes existent].
Notez l'allusion à la grande hache de Perec

Trois a, un b, cinq c, cinq d, douze e, trois f, un g, une h, neuf i, un j, un k, un l, un m, dix-sept n, quatre o, cinq p, sept q, cinq r, sept s, neuf t, dix-sept u, un v, un w, quatre x, un y, deux z.

Par cohérence, les sept consonnes f, h, l, m, n, r et s doivent toutefois être simultanément féminines.
Deux E nous séparent alors du Graal [énoncé rajouté le 27/12/04, mais en fait obtenu dès juillet 1998]

Quatre a, un b, deux c, six d, quatorze e, trois f, un g, deux h, dix i, un j, un k, une l, une m, treize n, quatre o, deux p, cinq q, sept r, six s, neuf t, dix-neuf u, un v, un w, huit x, un y, trois z.

De parfaits PanGraals existent dans d'autres langues
[attention, l'alphabet espagnol comporte 29 lettres, les "ch", "ll" et "ñ" étant comptés séparément]

One a, one b, one c, one d, twenty-eight e, seven f, five g, five h, eight i, one j, one k, one l, one m, eighteen n, eighteen o, one p, one q, four r, two s, ten t, four u, five v, four w, one x, two y, one z.

Diecinueve a, una b, diez c, una ch, cinco d, dieciséis e, una f, una g, una h, catorce i, una j, una k, una l, una ll, una m, veintitrés n, una ñ, seis o, una p, una q, cuatro r, nueve s, seis t, veinte u, cinco v, una w, una x, una y, dos z.

En supprimant une lettre, on obtient ce LiPanGraal français
[au lieu du w, on peut évidemment supprimer dans cette même phrase les b, g, j, k, l, m, v ou y]

Trois a, un b, trois c, dix d, dix e, deux f, un g, deux h, dix i, un j, un k, un l, un m, douze n, quatre o, deux p, cinq q, cinq r, quatre s, sept t, dix-huit u, un v, neuf x, un y, deux z.

Il existe de nombreuses solutions décrivant encore moins de lettres.
En voici par exemple C(11,7) = 330 utilisant 22 lettres, les sept étoiles étant à choisir parmi {b,f,g,h,j,k,l,m,v,w,y}

Deux a, cinq c, cinq d, sept e, dix i, douze n, cinq o, trois p, six q, quatre r, sept s, six t, douze u, cinq x, trois z, un *, un *, un *, un *, un *, un *, un *.

Exemple avec seulement 16 lettres [il existe une autre solution excluant le z au lieu du f, retrouvée indépendamment par Frédéric Marchal en 2003]

Trois a, deux c, quatre d, huit e, trois h, dix i, trois n, six o, trois p, quatre q, sept r, huit s, onze t, sept u, cinq x, deux z.

Les cinq phrases suivantes, records actuels du genre, ont été obtenues à la main par Éric Angelini :

Supprimer la lettre la plus commune du français oblige à quelques contorsions, mais on aboutit encore à un LiPanGraal

Un a, un b, trois c, cinq d, un plus un f, trois plus un g, trois h, vingt-trois plus un i, un j, un k, dix l, un plus un m, vingt-cinq n, dix plus un o, dix p, trois q, huit plus un r, vingt-trois moins un s, huit plus six t, trois fois dix u, trois plus un v, un w, six plus un x, un y, un z.

On peut signaler explicitement la disparition

Trois plus un a, un b, un plus un c, trois d, un signal manquant, un f, six g, six plus un h, vingt-six plus un i, un j, un k, dix l, trois plus un m, vingt-huit plus un n, huit o, huit plus un p, trois q, six r, vingt-trois moins un s, dix-huit moins un t, vingt-huit plus six u, cinq v, un w, huit x, un y, un z.

Ou le faire de façon plus perecquienne

Trois a, un b, trois plus un c, trois plus un d, un f, cinq g, trois plus un h, vingt-six i, un j, un k, huit l, trois m, vingt-trois n, dix o, huit plus un p, trois plus un q, huit plus un r, vingt-trois moins un s, dix plus six t, vingt-cinq u, cinq v, un w, six x, un y, un z, mais pas d'

Rien n'interdit de compter aussi la ponctuation

Cette phrase autodescriptive contient exactement dix a, un b, huit c, dix d, trente-trois e, un f, cinq g, six h, vingt-sept i, un j, un k, deux l, deux m, vingt-cinq n, dix o, huit p, six q, treize r, quinze s, trente-deux t, vingt-deux u, six v, un w, quatorze x, un y, quatre z, six traits d'union, une apostrophe, trente virgules, soixante-huit espaces, et un point.

Et de tenter encore une phrase presque minimale [de nouveau, les variantes ne manquent pas]

Huit a, un b, cinq c, six d, dix-huit e, trois f, six g, cinq h, vingt-six i, un j, un k, trois l, un m, vingt-quatre n, huit o, sept p, sept q, neuf r, quinze s, vingt-deux t, vingt u, six v, un w, dix x, un y, deux z, cinq traits d'union, une apostrophe, trente virgules, soixante-quatre espaces, et un point final.

Compter séparément les lettres accentuées permet la construction de ce pangramme autodescriptif minimal
[les lettres qui suivent le e-tréma sont "ae" et "oe"]. Il existe au moins deux autres solutions décrivant les
mêmes caractères, et cela ne présente aucune difficulté d'en ajouter ou d'en supprimer quelques uns

Deux a, un à, un â, un ä, un b, quatre c, un ç, six d, seize e, un é, un è, un ê, un ë, un æ, un œ, trois f, un g, deux h, neuf i, un î, un ï, un j, un k, un l, un m, trente-cinq n, deux o, un ô, un ö, deux p, cinq q, cinq r, six s, neuf t, trente-sept u, un ù, un û, un ü, un v, un w, huit x, un y, un ÿ, deux z.

Les "panchiffres" sont beaucoup plus faciles à construire à la main. En m'inspirant de résultats de Philippe Bruhat, j'ai
par exemple obtenu cette formule valable en toute base n > 2 (le nombre "11" valant n+1, et le plus grand chiffre étant n-1)

1 «0», 11 «1», 2 «2», 1 «3», 1 «4», ..., 1 «n-1».


En décembre 2005, Pierre-Marie Tricaud m'a suggéré de construire un énoncé autodescriptif en écrivant le nom des lettres telles qu'elles se prononcent, au lieu de juste les citer autonymiquement. Le ridicule de cette écriture explicite m'a tout de suite amusé. Cependant, un tel énoncé ne peut cette fois pas être un pangramme, car les lettres « w » et « y » manquent à l'appel. En respectant la graphie que P.-M. Tricaud recommandait, j'ai trouvé trois solutions dont voici la première :

Six a, deux bés, trois cés, neuf dés, quarante-six e, trois effes, deux gés, trois aches, dix-sept i, un ji, un ka, trois elles, deux emmes, huit ennes, douze o, trois pés, trois qûs, quatorze erres, trente et un esses, seize tés, seize u, deux vés, zéro double vé, huit ixes, zéro i grec, sept zèdes.


En avril 2006, Guy Deflaux m'a redonné envie de jouer avec le programme C de Nicolas Graner implémentant l'algorithme de Jacques Pitrat. J'ai d'abord obtenu divers énoncés minimalistes à 27 « lettres » comme

Un @, un a, un b, trois c, cinq d, neuf e, trois f, un g, deux h, douze i, un j, un k, un l, un m, seize n, six o, deux p, trois q, cinq r, neuf s, sept t, dix-huit u, un v, un w, six x, un y, trois z.

mais le plus élégant d'entre eux est sans doute

Trois a, un b, deux c, dix d, douze e, deux f, un g, un h, dix i, un j, un k, un l, un m, treize n, quatre o, deux p, quatre q, six r, cinq s, sept t, dix-neuf u, un v, un w, dix x, un y, trois z & deux &.

Les nouveaux résultats qui m'intéressent le plus sont piégés, car ils font allusion à la mort de Percival Bartlebooth dans sa quête du pangraal.
Celui-ci est minimal (pas de phrase d'introduction ni de conjonction « et » finale) mais il ne contient que 25 lettres :

Trois a, un b, trois c, quatre d, treize e, deux f, un h, dix i, un j, un k, un l, un m, treize n, sept o, trois p, cinq q, neuf r, sept s, onze t, quatorze u, un v, deux w, trois x, un y, cinq z.

Notez que le compte de certaines lettres est volontairement erroné, de telle sorte qu'il reste à la fin un W en main alors qu'on aurait besoin d'un X pour terminer la vérification.
Cette variante contient les 26 lettres, mais elle inverse hélas la substitution wincklerienne :

Trois a, un b, trois c, quatre d, dix e, un f, un g, deux h, onze i, un j, un k, un l, un m, treize n, sept o, trois p, cinq q, huit r, sept s, dix t, quatorze u, un v, zéro w, six x, un y, cinq z.

Il est sans doute plus élégant de rendre l'allusion explicite (mais il existe alors de nombreuses variantes) :

Ce pangramme autodescriptif de Gaspard Winckler comporte neuf a, un b, six c, treize d, vingt-quatre e, trois f, quatre g, deux h, dix-huit i, un j, deux k, deux l, quatre m, dix n, sept o, sept p, six q, douze r, dix s, quinze t, seize u, deux v, trois w, dix x, un y et cinq z.

Au lieu de tels pangrammes faussement autodescriptifs, on peut aussi chercher des énoncés correctement autodescriptifs mais non-pangrammatiques. Je les trouve toutefois moins intéressants et ne cite donc qu'un exemple :

Deux a, un b, un c, sept d, huit e, un f, un g, quatre h, douze i, un j, un k, un l, un m, dix n, six o, trois p, deux q, six r, huit s, dix t, dix-sept u, trois v, zéro vv, huit x, un y, trois z.

J'ai aussi exploré rapidement la classe des phrases contenant des citations, et obtenu des énoncés du type

Le pangramme « Trois a, un b, cinq c, cinq d, douze e, trois f, un g, un h, neuf i, un j, un k, un l, un m, dix-sept n, quatre o, cinq p, sept q, cinq r, sept s, neuf t, dix-sept u, un v, un w, quatre x, un y, deux z » n'est pas autodescriptif contrairement à celui que vous êtes en train de lire, comprenant seize a, deux b, quinze c, seize d, cinquante-cinq e, six f, cinq g, trois h, trente-trois i, deux j, deux k, cinq l, six m, quarante-deux n, treize o, douze p, dix-sept q, vingt et un r, vingt et un s, trente-huit t, trente-sept u, cinq v, deux w, quatorze x, deux y et neuf z.

ou

L'alexandrin « Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume » contient cinq e, trois i, deux o, cinq u et une seule fois chacune des vingt-deux autres lettres de l'alphabet, alors que la phrase que vous êtes en train de lire comprend quatorze a, trois b, onze c, quinze d, cinquante-six e, cinq f, six g, cinq h, vingt-sept i, deux j, deux k, onze l, trois m, trente n, dix-sept o, neuf p, onze q, seize r, vingt et un s, trente t, vingt-sept u, sept v, deux w, douze x, deux y et neuf z.

[Éric Angelini m'a rappelé que cet énoncé ressemble fort à ceux obtenus en 2003 par Frédéric Marchal.]
On peut aussi obtenir des paires de phrases décrivant leur union :

-- Ces deux phrases comptent ensemble dix-huit a, quatre b, dix c, vingt-six d, soixante et onze e, quatre f, huit g, dix h, quarante et un i, deux j, deux k, six l, cinq m, trente-trois n, seize o, douze p, douze q, dix-neuf r, vingt-sept s, cinquante-sept t, trente-trois u, huit v, deux w, vingt-sept x, deux y et dix z.
-- Cette phrase et la précédente totalisent ensemble dix-huit a, quatre b, dix c, vingt-six d, soixante et onze e, quatre f, huit g, dix h, quarante et un i, deux j, deux k, six l, cinq m, trente-trois n, seize o, douze p, douze q, dix-neuf r, vingt-sept s, cinquante-sept t, trente-trois u, huit v, deux w, vingt-sept x, deux y et dix z.

ou bien une suite infinie de phrases se décrivant récursivement :

-- La phrase qui suit contient cinq a, un b, cinq c, trois d, dix-huit e, un f, un g, trois h, seize i, un j, un k, deux l, un m, seize n, cinq o, quatre p, sept q, sept r, onze s, treize t, seize u, un v, un w, quatre x, un y et six z.
-- La phrase qui suit contient cinq a, un b, cinq c, trois d, dix-huit e, un f, un g, trois h, seize i, un j, un k, deux l, un m, seize n, cinq o, quatre p, sept q, sept r, onze s, treize t, seize u, un v, un w, quatre x, un y et six z.
[...]


En janvier 2011, à la suite de Frédéric Schmitter, j'ai cherché divers énoncés autodescriptifs de somme gématrique égale à 2011. Citons ici les deux résultats les plus satisfaisants :

Deux mille onze naît de gématrie : tu sommes quatre a, trois c, neuf d, dix-neuf e, trois f, deux g, un h, quinze i, trois l, cinq m, onze n, dix o, trois p, cinq q, sept r, dix s, douze t, douze u, un v, sept x et six z.

Trois a, un b, deux c, huit d, quinze e, un f, un g, trois h, seize i, un j, un k, trois l, deux m, treize n, six o, deux p, quatre q, six r, huit s, dix t, dix-sept u, un v, un w, dix x, un y, cinq z, et on a deux mille onze.


En juillet 2013, j'ai découvert cette inscription dans une fouille romaine (vous pouvez aussi en voir une photo) :

IN HAC SENTENTIA SVNT III A, I B, II C, I D, IV E, I F, I G, II H, XXXII I, I K, I L, I M, V N, I O, I P, I Q, I R, III S, V T, VII V, IV X, I Y ET I Z.

Cela m'a redonné envie d'explorer ces énoncés autodescriptifs, d'abord dans un neuvain en forme de fable express, puis dans des phrases dénombrant de plus en plus de détails :

Cette phrase de deux cent trente-trois lettres et de gématrie trois mille cent trente contient cinq a, un b, huit c, huit d, trente-cinq e, deux f, trois g, six h, vingt-quatre i, un j, un k, quatre l, trois m, dix-neuf n, huit o, trois p, six q, dix-sept r, treize s, trente-cinq t, seize u, deux v, un w, huit x, un y et trois z.

Ce pangramme de quatre cent soixante-dix-huit lettres et de somme gématrique six mille cent contient trente-deux a (dont un avec accent grave), un b, dix-sept c (dont un en majuscule), quinze d, soixante-seize e (dont deux avec accent, un aigu et un grave), cinq f, onze g, six h, trente et un i, deux j, un k, huit l, neuf m, cinquante-trois n, dix-huit o, dix p, onze q, vingt et un r, vingt-six s, cinquante-deux t, quarante et un u, neuf v, un w, quatorze x, un y, sept z, neuf traits d'union, une apostrophe, quatre parenthèses ouvrantes et quatre fermantes, cent seize espaces (ou passages à la ligne), trente et une virgules et un point.

Vous pouvez vérifier le décompte des lettres et la somme gématrique de la première, ces deux liens donnant aussi le nombre total de lettres.
Les mêmes vérifications sont possibles pour la seconde, mais il y a une arnaque dans la gématrie. J'ai en effet défini W = 24 au lieu de 23,
c'est-à-dire que la somme devrait être 6099 au lieu du 6100 annoncé ! Pas passé loin, hein ?
 ;-)
Peut-être Gaspard Winckler a-t-il encore frappé, puisque le W est ici confondu avec le X = 24.

Début août 2013, j'ai obtenu ces quatre énoncés autodescriptifs très détaillés et sans la moindre erreur (notez les formulations légèrement différentes) :

Cette phrase de quatre cent soixante et une lettres, et de somme gématrique six mille dix, contient trente a (dont un avec accent grave), un b, quinze c (dont un en capitale), quatorze d, soixante et onze e (dont deux avec accent, un aigu et un grave), deux f, dix g, six h, trente i, un j, un k, huit l, six m, quarante-sept n, vingt-trois o, onze p, onze q, vingt-six r, vingt-cinq s, cinquante-sept t, trente-quatre u, dix v, un w, douze x, un y, huit z, sept traits d'union, une apostrophe, quatre parenthèses ouvrantes et quatre fermantes, cent douze espaces (ou retours à la ligne), trente-trois virgules et un point.

Cette phrase de quatre cent quatre-vingt-neuf lettres et de somme gématrique six mille deux cent trente-six contient trente-quatre a (dont un avec accent grave), un b, dix-huit c (dont un en capitale), seize d, soixante-seize e (dont deux avec accent, un aigu et un grave), cinq f, onze g, huit h, trente-trois i, un j, un k, huit l, six m, cinquante n, dix-neuf o, neuf p, quatorze q, vingt-cinq r, vingt-quatre s, cinquante-six t, quarante-deux u, dix v, un w, douze x, un y, huit z, douze traits d'union, une apostrophe, quatre parenthèses ouvrantes et quatre fermantes, cent douze espaces (ou passages à la ligne), trente et une virgules et un point.

Cette phrase de quatre cent quatre-vingt-quatorze lettres et de somme gématrique six mille quatre cents contient trente-deux a (dont un avec accent grave), un b, dix-sept c (dont un en majuscule), seize d, soixante-dix-sept e (dont deux avec accent, un aigu et un grave), cinq f, douze g, six h, vingt-neuf i, deux j, un k, huit l, sept m, quarante-neuf n, vingt et un o, onze p, quatorze q, vingt-sept r, vingt-cinq s, cinquante-huit t, quarante-trois u, douze v, un w, dix x, un y, neuf z, douze traits d'union, une apostrophe, quatre parenthèses ouvrantes et quatre fermantes, cent treize espaces (ou retours à la ligne), trente et une virgules et un point.

Cette phrase de quatre cent quatre-vingt-dix-huit lettres et de somme gématrique six mille quatre cent trente-huit contient trente-cinq a (dont un avec accent grave), un b, quinze c (dont un en majuscule), seize d, soixante-dix-sept e (dont deux avec accent, un aigu et un grave), quatre f, onze g, neuf h, trente-trois i, deux j, un k, huit l, sept m, quarante-six n, dix-neuf o, dix p, quatorze q, vingt-huit r, vingt-six s, soixante t, quarante-deux u, dix v, un w, quatorze x, un y, huit z, treize traits d'union, une apostrophe, quatre parenthèses ouvrantes et quatre fermantes, cent douze espaces (ou passages à la ligne), trente et une virgules et un point.

Vous pouvez vérifier le décompte des lettres et la somme gématrique de la première, la deuxième, la troisième et la quatrième phrases.


21 Juillet 1998

B.A.-BA
Traduction plutôt capillitractée du début de la Genèse [I:1-31 + II:1-4], inspirée par un
distique d'Antoine de Piis (1788) cité dans "Au bonheur des mots" de Claude Gagnière :

«À l'aspect du Très-Haut, sitôt qu'Adam parla, / Ce fut certainement "A" qu'il articula !»

Antan, Allah lança l'abracadabrant Grand Bang par l'astral walhalla s'amalgamant à la pampa, hamada à champs vacants stagnant dans d'accablants gaz blafards. L'avatar d'Allah plana à plat lac.

Allah clama : "Va par là, fanal à magma !" L'hâlant fanal safran s'avança. Sachant la star à plasma pas mal, Allah trancha : dans l'almanach standard, l'amas glaçant va dans la pampa "tard", l'arc à watts la gagnant "pas tard". Ça passa par l'astral cadran : ça data 1.

Allah clama : "Va par là, Atlas à barda, dans l'hammam cascadant !" Allah balança Atlas, transvasant canal à l'avant, lac à l'aval. Ça marcha. Allah sacra l'hammam à stars "walhalla". Ça passa par l'astral cadran : ça data 2.

Cadastrant la pampa, Allah clama : "Va pas par là, lac nappant l'aval !" Ça marcha. Allah sacra la pampa "champs campagnards", phrasant l'amas rampant "mar". Ça n'alla pas mal.
Allah clama : "Va par là, plant à tabac, plant à kawa, plant à glands ! Va, jacaranda !" Ça marcha. Allah planta l'ananas dans la pampa, passant d'hamada à ranch, d'amas navrant à parc charmant. Allah acclama sa land, la sachant pas mal. Ça passa par l'astral cadran : ça data 3.

Allah clama : "Va dans l'astral walhalla, amas à stars, traçant l'almanach, chantant la math à cadran, dansant l'art à carnavals, scandant l'an, flambant dans la pampa !" Ça marcha. Allah malaxa la star safran, la branchant pas tard, gardant l'arc blanc à part, l'attachant tard à Atlas. Allah plaça ça dans l'astral walhalla; ça flamba dans la pampa, ça scanda l'almanach. Allah rabâcha : "Ça va pas mal". Ça passa par l'astral cadran : ça data 4.

Allah clama : "Va à l'aval, clam ! À la mar, gambas ! Va dans l'astral walhalla, ara ! Va, canard ! Va, jars !" Allah lança d'abracadabrants flamants nacarat, lâchant dans l'hammam d'appâtants calamars, d'alarmants grands gras narvals. N'allant pas blâmant ça, Allah brama sa baraka : "Va à l'avant, papa flamant, va t'attachant à ta nana ! Va à l'aval, maman gamba, va t'amalgamant à l'amant !" Ça passa par l'astral cadran : ça data 5.

Allah clama : "Va dans la pampa, alpaga ! Va dans ma land, caracal ! Va, cafard à dard, naja rampant !" Ça marcha. Allah lâcha lamas, dadas, chats, pandas, chacals, varans. Ça n'alla pas mal.
Allah clama : "Va par là, Adam, grand lascar à l'apparat d'Allah ! Va chassant à la Tarzan, à flanc d'aval à lac, dans l'astral walhalla, dans la pampa !"
Allah malaxa Adam sans hasard; Adam parada à l'apparat d'Allah. La nana Awa s'avança.
Allah brama sa baraka : "Papa Adam, va t'attachant à la maman Awa ! Va chassant à la Tarzan !"
Allah phrasa : "Va bâfrant l'ananas, la gamba, l'ara, l'alpaga; chacals, canards, cafards s'allant gavant d'alfa !" Ça marcha.
Allah mata l'armada, sa land à grand bataclan. Là, ça alla sans tracas. Ça passa par l'astral cadran : ça data 6.

L'astral walhalla, la pampa, l'amas savant sans vrac : ça s'ancra. Ça data 7 à l'ahan d'Allah, s'affalant dans l'hamac à maharadjah. Allah brama sa baraka, sacrant l'almanach à l'attardant sabbat, car ça scanda l'ahan dans l'astral transat.
Ça narra l'abracadabrant Grand Bang, b.a.-ba à walhalla, à lacs, à pampa.

Mahatma Blabla_

[Voir aussi le Cantique des Cantiques, le Notre Père et ces promesses]


30 Juillet 1998

Trenscreere "Les Revenentes" ?

Question qui vous empêche tous de dormir : comment transcrire Les Revenentes
de Perec en un autre monovocalisme ?

Les différentes réécritures de son What a man !  laissent entendre que de telles
adaptations ne sont jamais impossibles, même si de sérieuses contorsions sont
parfois nécessaires. Mais dans le cas des Revenentes, il faudrait également
conserver les distorsions orthographiques de l'original, qui accompagnent ses
«dérèglements» progressifs. Perec supprime systématiqement les "u" qi suivent
les "q"; il trensforme les "an" en "en"; il mais des "é" ou des "et" pour transcrire
les "ai"; la graphee "ee" lui permet d'éveeter les "i"; enfin, tews les sons "ou"
sont évoqués par de chwettes "w".

De similaires déformations seraient possibles dans un monovocalisme en A :
"qand" s'écrirait sans "u", les "en" n'annuieraient personne, et "Lew" pourrait
devenir "Pawl"; vwalà. Ce serait déjà plus limité dans un monovocalisme en O,
mais "Loo" pourrait conserver son prénom poor toojoors.

L'umlaut allemand permettrait d'autres distorsions sonores, mä jö me demande
jusqu'où on peut aller trop loin. La géniale maxime «Je cherche en même temps
l'éternel et l'éphémère»
(exceptionnellement sans phaute) resterait-elle
compréhensible sous la forme «J'äspär à la fwa l'ätärnäl ä l'äphämär», ou bien
«O fond, jö vöx qö lö long sö confond'o coort» ?

Vöyä röçövwar too mä räspäcts; Geel_


17 Août 1998

Beau présent* pour Perec

* Un beau présent est une pensée ressassant une entrée et ses parts, sans autre rune représentée.
[définition plutôt obscure mais autoréférentielle ; Éric Angelini m'en a suggéré l'idée en septembre 2005.]


Du 28/09/1998 au 18/01/1999

Participation au Crabbles de Stéphane Barbery
(Scrabble à mots obligatoirement inventés et à définitions contraintes)


(Lipogrammes de fables de La Fontaine respectant les mètres et les schémas de rimes)

29/09/1998

Pour m'unir au fort joli travail accompli par NG ou JF à propos du bon
Johan du Puits (alias Yann Lafont ou John Spring), voici ma traduction
d'un fabliau tout aussi connu où la fourmi rit d'un grillon troubadour
La fourmi rit du grillon

Un grillon bûcha sa voix
Tout un mois,
Puis comprit sa privation
Quand un mistral fit sanction :
Aucun tronçon minimal
D'asticot, pain animal.
Il alla vagir sa faim
Au voisin fourmi, afin
Qu'il mît à disposition
Du grain pour sa nutrition
Jusqu'à la saison d'avril.
"J'aurai du fric, lui dit-il,
À vous offrir, foi d'alto;
J'y adjoindrai un bon taux."
L'ami fourmi fut radin :
Pour lui, un mal plutôt doux.
Mais qu'as-tu fait au mois d'août ?
Dit-il à l'intrus, soudain.
-- À tout instant, jour ou nuit
J'improvisais, sans affront.
-- Tu braillais ? Nous admirons.
Va donc au bal aujourd'hui !


02/10/1998

Je respecte les vers et le mètre, en ce texte
de Glenn des Geysers. [Je me permets ce "y".]
J'espère être net. Les gens l'entendent ? Gef
Le Merle et le Fennec

Messer le Merle, en ce verger perché,
En bec préserve ce chester.
Messer Fennec, de l'essence éméché,
Le hèle en ces termes de frère :
"Mes révérences, Père Merle.
Bel éphèbe céleste ! Esthète ! Gente perle !
Je ne mens : tes vers, tes ensembles,
Tes chères pennes se ressemblent.
Je te vénère en chef et en elfe des bêtes."
De tels encensements mettent le Merle en fête;
Se présente cette vedette :
Le bec enflé se fend et le chester s'éjecte.
Le Fennec le reprend, et jette : "Excellent Père,
Le secret est très sévère :
Le lèche-fesses des benêts se sert.
Je vends cette pensée en termes de chester."
Le Merle, hébété et gêné,
se rend le lent serment de n'être re-berné.

[Cf. de même ces textes de Keser (11/98) et de Zelmenskee (05/99)]


01/11/1998

Nous vous proposons un truc plutôt fou, plutôt tordu, toujours du bon
John Duflot. Surtout un bout trop dur, nous trouvons : nous usons d'O
ou d'U pour tout son. Nous comptons sur vous pour l'humour ou pour un
support... Coupons donc tôt nos lourds propos; concluons : un bouffon
                                                         <gef@iap.fr>
Un Loup fond sur un Mouton

Un propos du plus fort sort toujours plus promu :
Nous montrons tout d'un coup son but.
Un jour un doux Mouton poupon
But du flot pur d'un bon cours d'or.
Lors donc un Loup goulu voulut un coup du sort,
Mû pour son lunch d'un goût surtout glouton.
Butor, tu bus mon flot sous mon croc, sous mon front !
Sort d'un ton dur mon Loup bougon :
Nous romprons donc ton cou pour ton trop gros culot.
-- Bon Lord, pond mon Mouton, tu conçus un complot :
N'optons pour un bourru courroux !
Consolons-nous plutôt, Gourou :
L'on but un prompt bol du flot blond
du cours profond
Plus d'un fort long tronçon sous Vous;
Donc nous n'ombrons ton sol, nous n'obstruons ton jus :
Nul photon obscur où tu bus.
-- Chut ! Nous nous offusquons, conclut l'obtus gros Loup,
Nous soupçonnons surtout ton humour sur mon dos.
-- Non, nous comptons un jour, nous suçons un lolo !
Fut l'opportun propos du doux poupon.
-- Hors ton trognon, sûr : ton tonton !
-- Non, nul tonton. -- Plutôt donc un consort,
Nous subodorons vos tons,
Vous, vos toutous, vos sponsors.
Tout fut connu : nous prononçons vos torts.
Lors donc, sous un surplomb touffu,
L'ossu Loup mord son Mouton mort :
Cour où nul quorum fut pourvu.

[N.B.: Le titre « Un Loup fond sur un Mouton » est de Nicolas Graner]


15 Novembre 1998

Nicolas Graner m'a récemment suggéré
une contrainte amusante, analogue et
opposée aux alexandrins fondants que
j'avais examinés en mars dernier. Il
s'agit de récrire sous forme isocèle
une fable de La Fontaine, tout en en
conservant le mètre irrégulier. J'ai
essayé cette idée sur une fable très
courte que Nicolas a déjà élégamment
lipogrammatisée sur la liste oulipo,
à savoir "Le Renard et les Raisins".
Cette contrainte me semble dure sans
être insurmontable. Je vous engage à
l'expérimenter sur d'autres poèmes à
mètre irrégulier. Ludiquement vôtre,
Gilles_ (et Nicolas pour le concept)


Lorsqu'un cyon voit maints rieslings
Un renard suédois, ou issu de Milan,
Affamé, vit d'un cep élevé au soleil
Les rieslings sans doute excellents,
Car couverts de leur peau vermeille.
Il aurait adoré les dévorer soudain;
Mais comme il ne put les atteindre :
"Pas à maturité" dit-il avec dédain.
Ne fit-il pas mieux que de geindre ?


[Voir aussi les alexandrins fondants
puis inflationnaires de ces sonnets.
Un auteur de langue anglaise, qui se
fait appeler "Paul, Different Poet",
a aussi traduit plusieurs classiques
en vers isocèles (ou "rectilinear"),
en général sans respecter le rythme]

19 Novembre 1998

Le même Nicolas Graner a trouvé sur une page de blagues ce
    Défi aux informaticiens-poètes :
    Pas caps d'écrire vos programmes en alexandrins !

Nicolas a immédiatement montré qu'il est possible de lire un véritable programme en hémistiches d'hexasyllabes. J'ai pour ma part choisi de décrire les instructions plutôt que les caractères qui les composent. Il est probablement difficile de pondre quelque chose d'encore moins « poétique » !

La suite de Queneau

Choisissons quatre entiers positifs et croissants
et sauvegardons-les dans M_un à M_quatre.
Disposons dans M_cinq la somme (un plus M_quatre)
et initialisons n à cinq, en passant.

Pour M_n inférieur ou égal à la somme
M_(n moins quatre) plus M_(n moins un), faisons
tourner ces instructions jusqu'à leur conclusion
[mais arrêtons si n ou M_n sont énormes] :

    Mettons zéro dans t et (n moins un) dans i.
    Posons j égale un, et répétons ceci
    tant que sont strictement négatifs (t moins trois)
    et bien évidemment (j moins i) à la fois :

        Si (M_i plus M_j) est égal à M_n
        rajoutons un à t; s'il est plus grand qu'M_n
        enlevons un à i; et s'il est plus petit
        (tout ça non-strictement) rajoutons un à j.

    Si après ce quatrain t diffère de deux,
    incrémentons M_n et reprenons plus haut.
    Mais si nous obtenons que t égale deux,
    nous pouvons afficher cet M_n de Queneau.

    Alors il suffira d'ajouter un à n
    et de mettre la somme (un plus M_(n moins un))
    dans le nouveau registre M_n. On suit sans peine ?
    Nous pouvons donc reprendre au verset opportun.

6 & 8 Novembre 1998

Premier essai de phrase panaccentuée française

Le cœur déçu mais l'âme plutôt naïve, Louÿs rêva de crapaüter en
    oe  e'c,        a^      o^   i"      y"  e^          u"
canoë au delà des îles, près du mälström où brûlent les novæ.
    e"      a`    i^      e`     a"   o"  u`  u^           ae
Exemple espagnol obtenu par mon épouse Marina

¡ Qué lío acá : aún asó la güeña !
!   e' i'   a'   u'   o'    u"n~ !
[Quelle confusion ici : il a même rôti le saucisson !]


21 Novembre 1998

Première tentative de pangramme panaccentué
éliminant volontairement les ä, ö et ñ, comme certains typographes le recommandent
[l'aÿ est un vin de Champagne, et l'adjectif würmien signifie « relatif à la quatrième période glaciaire »]

Dès Noël, où un zéphyr haï me vêt de glaçons würmiens,
je dîne d'exquis rôtis de bœuf au kir, à l'aÿ d'âge mûr, &cætera.

Variante moins claire contenant aussi les principaux caractères de ponctuation
Dès Noël, où un zéphyr (haï!) me vêt de glaçons -würmiens?-,
je dîne : d'exquis rôtis de bœuf au kir, à l'«aÿ» d'âge mûr; &cætera.

Tentative de Noël 98, plus courte mais plus obscure
(une «zawiya» ou «zaouïa» est un lieu religieux)

ô crèche où ex æquo, le bœuf
déjeûne d'aÿ & l'âne s'abîme
l'ouïe aiguë : ça se fête en
volapük à la zawiya.


9 Décembre 1998

Poème créé par une machine, à partir d'une première phrase donnée par l'utilisateur.
Je ne suis pour rien ni dans le programme, ni dans le résultat cité. Je me suis contenté de proposer
une phrase de Borges (Es como un lento atardecer de verano), et ce sombre quatrain beckettien est
miraculeusement apparu sous mes yeux.

Mendel's Serenade
This is like a slow summer evening
And I think this is all very tiring
Although I still don't stop breathing
As I await the arrival of my Saviour, my King

Traduction très approximative
La sérénade de Mendel
C'est comme un soir d'été qui très lentement choit
Je crois voir que l'ennui se déploie et me noie
Toutefois je respire encore avec émoi
Car j'attends dans le noir mon Sauveur et mon Roi


25 Février 1999

Le  sonnet vide qui suit est la conséquence d'une discussion sur la liste oulipo à propos de la
taille des alexandrins. Nous avons évidemment évoqué le concours de distiques asymétriques
d'Alphonse Allais, fin 1901, dont le premier prix fut attribué à cette perle d'Étienne Bernard :

De 97 à 99,
Maints chouans gouailleurs bâfraient chaude andouille et froid boeuf.
Nous nous sommes également souvenu des alexandrins minimaux cités par Paul Braffort
dans le fascicule numéro 23 de la Bibliothèque Oulipienne, notamment le
 WWWW de
Georges Perec et cet
 I de Jacques Bens, à lire « un en chiffres romains et en garamond gras ».
Il était naturel d'aller encore plus loin, et j'ai donc suggéré de décrire en douze syllabes une
ligne totalement blanche. Nicolas Graner puis Éric Angelini ont immédiatement proposé :

Il n'y a rien ici qu'un alexandrin blanc.
Quel bel alexandrin à l'encre sympathique !
L'idée d'un sonnet entièrement constitué de tels vers vides est du même Nicolas. En me
servant des deux exemples déjà disponibles, j'ai alors improvisé cette inanité sonore...

            [ligne vide]            (Sans titre)

            [ligne vide]            (Il n'y a rien ici qu'un alexandrin blanc)
            [ligne vide]            (Une ligne noircie à l'encre sympathique)
            [ligne vide]            (Inanité passée à la gomme arabique)
            [ligne vide]            (Un caractère ASCII de code s'annulant)

            [ligne vide]            (Il s'agit d'un néant s'allant dissimulant)
            [ligne vide]            (Douze syllabes nées d'un papier désertique)
            [ligne vide]            (Un sonnet disparu dans l'acide acétique)
            [ligne vide]            (C'est du vide et du vent, un simple faux-semblant)

            [ligne vide]            (L'exérèse des vers rend blême ce tercet)
            [ligne vide]            (Le terme est enlevé, le texte est dépecé)
            [ligne vide]            (L'ensemble se dévêt de ses lettres de verre)

            [ligne vide]            (Voilà un trou sans fond, l'illusion d'un discours)
            [ligne vide]            (L'oubli d'un vain propos, un non-dit plutôt court)
            [ligne vide]            (Un chant sans voix ni loi, plus qu'un frisson dans l'air)


2 Mars 1999

Au cours de la même discussion, Nicolas Graner a aussi proposé de reprendre mon idée des
alexandrins fondants en amplifiant sa perspective : diminuer chaque vers de 4 caractères
(et 8 entre les strophes) au lieu de 2 (et 4 entre les strophes). Voici la réponse que j'ai osée
quelques jours plus tard...

Tentative de sonnet inflationnaire, pour répondre à contre-courant au défi
de Nicolas Graner. La poésie de cet exercice est hélas contrainte à rester
au ras des pâquerettes, tant les vers de longueurs extrêmes sont pénibles.
Je serais très curieux de lire une réponse "sublime" (au sens schiavettien
du terme, i.e., pas "grotesque" comme ci-dessous). Au cas où les notations
du Système International ne vous soient pas familières, "kF" se lit "kilo-
francs" (c'est-à-dire milliers de francs). Vous remarquerez que j'ai copié
plusieurs mots dans les alexandrins du concours d'Allais, et que j'ai volé
à Nicolas son monosyllabe "ouille". Si vous voulez que le titre soit aussi
un alexandrin, vous pouvez le lire "omicron minuscule, omicron majuscule".
                                              La folie grossit, se pèse...
                                              gef@iap.fr

                                    oO

                                De 74 à 79
                              la BMW à 30 kF
                            Avec la TVA à 21%,
                          36 kF le véhicule neuf

                      Vers 99, une moindre teuf-teuf
                    vaut 200 kF vendue au plus offrant
                  et cela va toujours en surenchérissant
                comme fit la rainette arrondie comme boeuf

            Cette inflation m'affecte et m'infecte en entier :
          je crois que j'enfle et croîs depuis la tête aux pieds
        Des jeunes rient de moi, maints vieux fielleux me narguent

    Tous crient : « Mais qu'il explose, à l'instar des grenouilles ! »
  Vingt plaies fouaillent mon corps ! D'affreux pleurs m'écrabouillent :
Ouille ouille ouille ouille ouille aïe, ouille ouille ouille aïe aïe Arrgh
[Voir aussi ces alexandrins fondants et cette isocélisation de La Fontaine]
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