OULIPOTES

`l A´
blo
Graner


BIBLIOTHÈQUE LISTE-OULIPIENNE
No 16

Recueil composé par les membres de la liste oulipo à l'occasion du cinquantième anniversaire de Nicolas Graner, le 1er décembre 2012.


Couverture : titre de Jean Fontaine ; ambigramme de Basile Morin, disponible aussi en une taille bien supérieure.


La Bibliothèque Liste-Oulipienne

BLO no 1 : Les trente berges de Stèphe (19/11/1999)
BLO no 2 : Ana à Anna (27/4/2000)
BLO no 3 : Il a l'âge égal à L (12/9/2001)
BLO no 4 : Sur Robert Rapilly (16/11/2003)
BLO no 5 : Mille tours pour Gilles (15/2/2004)
BLO no 6 : Les trente berges d'Estelle (7/3/2005)
BLO no 7 : Contes et noces (30/4/2005)
BLO no 8 : Câlins à l'immense Alain Zalmanski (15/10/2005)
BLO no 9 : euesns ydasor (4/5/2006)
BLO no 10 : L'Or au Raoul (3/6/2007)
BLO no 11 : L'arcane de Jeanne (17/4/2008)
BLO no 12 : Douze lustres (14/6/2008)
BLO no 13 : À sourire et rêver (11/6/2009)
BLO no 14 : L'heure du second T (29/9/2009)
BLO no 15 : Rémi face au lacis doré (6/7/2010)
BLO no 16 : `l A´ blo Graner (1/12/2012)


`l A´ blo Graner



Ce recueil est aussi disponible dans un fichier PDF de 10,7 Mo, dont la mise en pages est plus élégante que la présente page Web. En revanche, il n'offre ni les liens ni les enregistrements sonores proposés ci-dessous.

Si vous désirez l'imprimer au format A5, sur des feuilles A4 à plier en deux in fine, voici la couverture seule, et le recueil décomposé en quatre cahiers (à plier séparément) : pages 1 à 32 (dont les quatre premières ne sont volontairement pas numérotées), 33 à 64, 65 à 92 et 93 à 120 (les trois dernières n'étant pas numérotées).

Sommaire

  1. Couverture
  2. Dans la même collection
  3. Sommaire
  4. Dédicaces (collectif)
  5. In Colasgrano (Alexandre Wajnberg)
  6. Le Cri, de Corneille (Jean Fontaine)
  7. Nicolas président (Rémi Schulz)
  8. Infinitifs (Alain Chevrier)
  9. Niagaresque Gratulation (collectif)
  10. Le geai et le chat (Alain Chevrier)
  11. Hétérogrammes (Rémi Schulz)
  12. Tire-bouchon (Noël Bernard)
  13. Pommade rosat (Annie Hupé)
  14. 50 ans pour Graner (Maxime David)
  15. Quarante ans plus tôt (Pascal Kaeser)
  16. Charade à tiroirs (Frédéric Schmitter)
  17. Pinacogramme (Gef)
  18. Le petit « o » (Alain Hupé)
  19. Sélénet (Didier Bergeret)
  20. Chanson (Françoise Guichard)
  21. Scranbble pour Graner (Maxime David)
  22. Palindromes syllabique et littéral (Jacques Perry-Salkow)
  23. G-granéroïde (Éric Angelini)
  24. Aiguilles de Graner (Éric Angelini)
  25. La ballade aux 26 contraintes (Rémi Schulz)
  26. L'icône à Graner (Jean Fontaine)
  27. Anaphones (Gef)
  28. Corollaire (Annie Hupé)
  29. El Collectionnario (Patrice Besnard)
  30. Panscrabblo pour El Collectionnario (Jean Fontaine)
  31. Puzzle (Alain Zalmanski)
  32. Poèmes palindromes (Robert Rapilly)
  33. Pensées et maximes (Didier Bergeret)
  34. À Nicolas Graner pour ses cinquante ans (Daniel Elmiger et al.)
  35. Carrés syllabiques (Robert Rapilly)
  36. Danses de la Renaissance (Élisabeth Chamontin)
  37. El Graniscarno (Robert Rapilly)
  38. El Granerio (Michel Clavel)
  39. Mots cachés (Alain Zalmanski)
  40. Poème carré (Daniel Elmiger)
  41. Mélanges d'hommages à Nicolas (Jérémie Piscicelli)
  42. Fables-express (Patrick Flandrin)
  43. Chanson pour Nicolas (Stéphane Susana)
  44. Énigme (Jacques Perry-Salkow)
  45. Quand Graner est cinquantenaire (Basile Morin)
  46. El (casi) Desabonado (Jean Fontaine)
  47. Beau présent (Alain Hupé)
  48. Anaphones (Martin Granger)
  49. Le jeu des différences (Michel Clavel)
  50. Nicolas (Rémi Schulz)
  51. La constante de Granerval (Guy Deflaux)
  52. Huitain (Frédéric Schmitter)
  53. Noms de domaines (Philippe Bruhat)
  54. Manuscrit trouvé dans une bouteille (Didier Bergeret)
  55. L'essai naît Nicolas (Robert Rapilly)
  56. Palindromes (Alain Hupé)
  57. Improvisation sur le nom de Nicolas Graner (Valentin Villenave)
  58. Mots croisés (Françoise Guichard)
  59. Solution de la charade (Frédéric Schmitter)
  60. Impératif catégorique (Valérie Scigala)
  61. Nico chez les quinquas (Sophie Vial)
  62. Une vanité cauchemardée (Patrice Debry)
  63. Menu (Alain Chevrier)
  64. Ouliporimes (Annie Hupé)
  65. Quadruple acrostiche isocèle (Guy Deflaux)
  66. Le poisson-chat et la chauve-souris (Alain Chevrier)
  67. Homoconsonantisme phonétique (Gef)
  68. Inscription lapidaire (Alain Chevrier)
  69. Fred et les secrets révélés (Frédéric Schmitter)
  70. Ogre (DreamWorks)
  71. El Desdigranerado (Alain Chevrier)
  72. 1 DEC 02H50 (Basile Morin)
  73. Édition
  74. Quatrième de couverture


Dédicaces

Elle dédie ce cadeau1
à Nicolas Graner

Annie Hupé


À l'éclatant nomade d'amont natal, cela.

Jacques Perry-Salkow

Écouter ce palindrome


(recto)

Ouvriers le recueil XVI filigranèrent.
Ouvre ! Y est l'heure qu'œil X vif y lit
Graner.








*
* *

(verso)

Ils l'étampèrent, El Anthroponyme arqué lacé, en cette unique eau-là.
Il est temps, Père : L ans trop honnis ! Marqué là céans, c'est tu,
Nicolas.



Nicolorimes de Jean Fontaine
Filigrane ambigramme2 de Basile Morin

Écouter ces holorimes


J
AI
DIT
HAPPY
BIRTHDAY
NICOLASGRANER
POURTONCINQUANTIÈMEAN
ETSELONLAPROGRESSIONDEQUIVOUSSAVEZ

Alain Chevrier

Écouter ce texte


1 Sous-titre d'Alexandre Wajnberg : Le Dessert cité
2 Vous pouvez aussi afficher l'ambigramme seul avec un fort contraste, et retrouver sur la couverture une version en niveaux de gris plus raffinés.


In Colasgrano
(Ni Colasgrané)

Ni col as Granérni, — co Las, — g'Ranérnico,
La Sgrane r'Nicolas grà ner Nîc olasgrâ :
Ner nî Colas gra ner, — ni co las granérnî
Colas gra Nerni col as gra Nérnicholas.

Gra ner ni co Lasgra, Ner ni c'o lasgranér,
Ni-co las Granernic o las gra n'Ernico,
La sgra ner nico las grà ner nî colasgrà,
Ner ni col às gra Nern i co Lasgra n'ernî.

Co-l Asgra ner Nico ?... Lasgraner ni Colas ?
Gra ner ni col asgrâ ner nico las gra Ner ;
N'i colas gra ner Nic ò lâsgra ner Nycô...

Las g'ra ner ni colas granerni c'Olasgra :
Nernicô las grà ner ni co lâsgra n'Ernî
Co lasgra ner ni Côl as gra ner ni co Là.

                                    Alex an Drewajn

Alexandre Wajnberg

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Le Cri, de Corneille

Cri

« Ô rage, L ans ! »

                — N.

Jean Fontaine

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Nicolas président

Quel est le plus apte parmi trente mille anxieux de présider ?
Oublions François, l'élu du tour est l'Nicolas !

Rémi Schulz


Les nombres de lettres des mots livrent 43244565728 et 881324317, dans lesquels on aura reconnu les valeurs décimales de NICOLAS et GRANER en base 35.


Infinitifs

    À la suite d'une contrainte littérale sur l'infinitif, Nicolas Graner m'avait fait part d'une contrainte pédagogique qui l'avait trop, mais alors trop matisé.
    Lorsqu'il était petit, un enseignant lui avait infligé de conjuguer le verbe graner. À commencer par le présent de l'indicatif :

je grane
tu granes
il (ou elle) grane
nous granons
vous granez
ils (ou elles) granent

    La négation de la phonétique originelle de son nom, la distorsion infligée à son identité, et l'ironie cruelle qui allait avec, sans parler de l'absence de sens de ces mots et de la répétition des rimes asiniennes, il y avait de quoi transformer le petit Nicolas en grane, pardon, en graine de violence, et le faire basculer du mornal au pas trop logique.
    Il n'en fut rien, car il fit preuve de résilience, et sublima cette contrainte sur le verbe dans de multiples contraintes sur le Verbe avec un grand V, dont un générateur de perverbes, la contrainte de la phrase unique sans verbe, etc.
    Il est vrai qu'en espagnol, on rencontre le verbe granar, qui veut dire « germer » : Yo grano, tú granas, él grana...
    Le plus curieux, c'est que j'ai longtemps cru que le verbe graner existait en ancien français. Vérification faite, c'est une illusion de ma part. Il n'existe qu'un mot qui peut passer pour un participe passé, grané : « ladre, en parlant d'un porc ». C'est aussi un substantif : « sorte de ragoût ». Pas terrible, comme assoc'.
    En revanche, il existait un verbe chevrier, qui signifie jouer de la chevrie, laquelle est l'instrument des bergers et de ceux qui gardent les chèvres, à savoir une cornemuse ou une musette.
    Si cette amusette peut le consoler.

Alain Chevriait

Écouter ce texte


Sur le verbe « graner » (suite)

Les Centuries de Nostradamus sont non seulement obscures, mais ont été sujettes à de multiples variantes lors de leurs très nombreuses rééditions.
Le dernier vers du quatrain IV, 30 est exemplaire à cet égard :

Jupiter ioint plus Venus qu'à la Lune
Apparoissant de plenitude blanche:
Venus cachée soubs la blancheur Neptune,
De Mars frappé par la granée branche.1

(Il faut lire ce décasyllabe en faisant parler le second e muet : « De Mars frappé / par la grané-eu blanche », d'autant que l'auteur était un Provençal).
Grâce au net, on peut relever ces variantes :

De Mars frappée par la granée blanche2,
De Mars frappée par la gravée blanche
3,
De Mars frappée par la gravée branche
4,
De Mars frappée par la grande branche
5.

Il n'y manque que la grande blanche...
La question est d'importance : il faut trouver la bonne leçon, si l'on veut faire de bonnes prédictions.
J'en viens au vif du sujet : grané, participe passé, est de la famille, si je puis dire, de graner, j'entends du verbe. Le substantif granée signifiait « le grain », « l'écarlate », « l'orage ».6
Beaucoup d'interprétations ont été projetées sur ce quatrain tout en blancheur, et sur ces diverses variantes, par des zigotos dont la plupart, apparemment, avaient un grain, ou un granet.

Alain Chevrier

Écouter ce texte


1 Les Propheties de M. Michel Nostradamus, à Lyon, chés Macé Bonhomme, 1555, fo i iij vo.
2 Les Vrayes Centuries et Prophéties de Maistre Michel Nostradamus [...] reveües & corrigées suivant les Editions imprimées à Lyon l'an 1644, & à Amsterdam l'an 1668. Avec la vie de l'Autheur. A Cologne, Chez Jean Volcker, Marchand libraire l'an 1689.
3 Réédition du Livre des Prophéties de Nostradamus publié en 1566 chez Pierre Rigaud, éd. H. Thorné-Chavigny, Bordeaux, Typ. Vve Justin Dupuy et Cie, 1862, p. 290.
4 Vlaicu Ionescu, Jean Phaure, Le Message de Nostradamus sur l'Ère prolétaire, Dervy, 1976, p. 697.
5 Les Vrayes Centuries et Prophéties de Maistre Michel Nostradamus [...] revûës & corrigées suivant les premières Editions imprimées à Paris, Roüen, Lyon, Avignon, Troyes, Hollande, et autres. Avec la vie de l'Autheur. [...]. A Rouen, Chez Jean-B. Besongne, 1710.
6 Algirdas Julien Greimas, Teresa Mary Keane, Dictionnaire du moyen français, Larousse, 2001.


P.S. : À la suite de cette communication, notre collègue Latelio s'est interrogé sur l'existence d'un verbe nicoler, dont nicolas serait l'une des formes du passé simple :
je nicolai, tu nicolas, il/elle nicola
nous nicolâmes, vous nicolâtes, ils/elles nicolèrent

Il a en outre énoncé l'hypothèse selon laquelle nicoler serait un verbe auxiliaire défectif inédit, dont une seule forme serait actuellement attestée : tu nicolas (graner).
Personnellement, je trouve que ce verbe se conjugue comme picoler et ne saurait engendrer ni tristesse ni colère.
Pique et pique et nicole et grane...


Niagaresque Gratulation

Nos gorges ne générant nul grincement ni gargarisme navrant, glapissons notre gaillarde nomination géothermique : nous galonnons naturellement Graner Nicolas, « germinateur notationnel graffitant novatrices gymnastiques ».
Ni Gaulois ni guatémaltèque, nous, gironds, nous grenouillons, narrant gaudrioles nauséabondes. Grivoises nouvelles, guérison notoire, gerbons-nous gaudes, nordiques ?
Grrr ! Nonobstant, gladiateur, notre génial nectarifère garçon nous gave, non, grave notre génération : nombreux grelots noctilucents grammairotropes, nouvelles géométries nûment graciles, notules gélifiantes, nomenclatures généreuses, nobles glossaires néohumanistes, gloses numismatiques gentilles… Nous, guidés, ne gueulons, ni gémissons, nullement gris. Nul gouffre noir grivois ne goutte notre grâce. Nous gratifions notre gaillard : Nicolas, guinchons ! Neuf Grammies, neuf grandi neuf gigafois nickelées gracieusetés nourries.

Noël Bernard, Alain Zalmanski & Éric Lewin

Écouter la première partie de ce texte


Le geai et le chat

                                    À Nicolas Graner

            Sieur Geai, en haut d'un pin,
            Tient dans son bec un brie.
        Sieur Chat, qui le sent de fort loin,
        Lui dit à peu près ce qui suit :
        Eh, bon jour mon cher sieur le Geai.
    Que tu es chic ! et que tu m'as l'air beau !
            Au vrai, si ton chant vaut
        La queue-de-pie dont tu te vêts,
Tu es le Roi de tous ceux qui sont dans ces bois.
Lors, à ces mots, le Geai ne se sent plus de joie ;
    Et pour qu'on voie son si beau brin de voix,
        Il bée du bec, et le brie choit.
        Le Chat le prend, et dit : Mon bon,
        Tu vois que tel qui te dit roi
        Vit sur le dos de qui le croit.
        Ce bon tour vaut bien un brie, non ?
        Le Geai, pas fier et le bec nu,
Se dit, mais un peu tard, « qu'on ne la lui f'rait plus ! »

Alain Chevrier

Écouter ce poème


Hétérogramme palindrome

S A L O C I N
N A S I L O C
A L S N I O C
C I S O N A L
L A N O S I C
C O I N S L A
C O L I S A N
N I C O L A S
Sal, ô Cinna, si locals ni occis, on alla...
No (sic) coins, là colis,
An Nicolas


Hétérogramme en 49 lettres + 1

A            
N I C O L A S
L I C O N A S
O N C A L I S
S O N I L C A
S A L O C I N
C I S A L O N
I O N C A L S
À Nicolas, l'Icon, à son calisson.
Il casa l'oc, incisa l'onion, cals.

Rémi Schulz


Tire-bouchon

dans le doux cloître de son nid
sur table un litre de vieux côt
il appuie dans un geste las
son menton dépourvu de gras
sur son poing que serrent ses nerfs

son poème il lui veut du nerf
pas d'un texte rond comme un nid
ou tombant dans le rire gras
il le veut râpeux comme côt
pour réveiller le lecteur las

muse viens à mon secours ! las
sa feuille blanche à fleur de nerf
l'œil rougi tel goutte de côt
l'âme est prisonnière du nid
d'un crâne embrumé de sons gras

Oulipo ! tuons le veau gras
la contrainte à son esprit las
comme oiselle aux poussins du nid
rend l'appétit, la voix, le nerf
l'ivre chaleur du sombre côt

comme au goulot coule le côt
cothurne squeezant tout le gras
le texte pur sans mal de nerf
surgit de doigts ni gourds ni las
le poème vole du nid

Noël Bernard


Côt : cépage du sud-ouest.

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Pommade rosat

Je laisse à Gavarni
De l'huile de coco
Les thyrses des lilas
Et par terre un hareng.

Entendra qui pourra
ta louange entonner.

Annie Hupé


1. Baudelaire, Les Fleurs du mal, L'idéal
2. Baudelaire, Les Fleurs du mal, La chevelure
3. Théodore de Banville, Les Cariatides, Le printemps
4. Charles Cros, Le Coffret de santal, Le hareng saur
5. Marceline Desbordes-Valmore, Poésies inédites, Une ruelle en Flandres
6. Jean de La Cépède, Théorèmes sur le sacré mystère de notre rédemption, Bel arbre triomphant...

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50 ans pour Graner

(Version HTML approximative)
 
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(Image avec le bon symbole phonétique)
 
50 ã

Maxime David


Quarante ans plus tôt

– Bjour Mdame la Directrice ! (Salut grosse vache !)

– Élève Pascal, je suis très mécontente de vous. Mademoiselle Julie, votre institutrice, s'est plainte à moi de votre conduite. Apprenez que la bêtise et l'inconvenance n'ont pas leur place dans cette école ! Mais quelle mouche vous a piqué, mon garçon ? Lundi, vous avez mis des pois sauteurs du Mexique dans le chapeau de Monsieur l'Inspecteur. Expliquez-vous, garnement !

– C'est pas moi, Mdame ! (Tu pues du bec, la vioque !) C'est Nicolas ! Il a trouvé ces pois sauteurs dans Pif-gadget.

– À propos de revue, Mademoiselle Julie a découvert dans votre cartable le numéro 1 de la publication la plus immonde, la plus pornographique, la plus répugnante qui me soit tombée sous les yeux, je veux parler de « L'écho des savanes ».

– C'est de la faute à Nicolas, Mdame ! (Ce qui serait vraiment répugnant, c'est une photo de tes fesses !) Il a fait exprès de fourrer ce canard cochon dans mon cartable. Il en a pas l'air, Nicolas, mais c'est un sacré vicieux !

– Je continue : mardi, pendant la récréation, affublé d'une moustache postiche, vous avez poursuivi des filles en leur chantant : « Gare au gorille ! »

– Non Mdame ! C'est pas moi, jvous jure ! (En tout cas, si j'étais un gorille, t'aurais rien à craindre pour ta vertu, guenon patibulaire !) C'est Nicolas ! Il adore Brassens. Même qu'il écrit dans un carnet tous les gros mots qu'il déniche dans le répertoire du vilain Georges !

– Mercredi soir, lors de la fête de l'école, vous avez lu « Barbara », le poème de Prévert. Au moment qui aurait dû être le plus dramatique, vous avez sorti : « Quelle connerie la grotte ! », ce qui bien sûr déclencha l'hilarité générale.

– C'est de la faute à Nicolas, Mdame ! (Avec la tronche que t'as, tu pourrais t'exhiber dans une galerie de monstres !) Il a trafiqué le texte de Prévert. Faut dire qu'il est tellement obsédé par un sonnet de Nerval qu'il en glisse des mots partout.

– Vous allez sans doute aussi me dire que c'est à cause de Nicolas que vous organisez des parties de strip-poker que vous gagnez toujours...

– Absolument, Mdame ! (Si je devais jouer au strip contre toi, je tricherais pour perdre, car je ne survivrais pas à la vision de tes nibards pustuleux.) C'est Nicolas qui m'a expliqué une méthode basée sur le calcul des probabilités pour augmenter mes chances de gain.

– Vendredi, déguisé en mousquetaire, vous avez fait irruption dans les vestiaires des filles et vous avez offensé la pudeur de ces demoiselle dévêtues en leur déclamant une parodie obscène de la tirade des nez.

– C'est pas moi, Mdame ! (Cornegidouille ! T'as pété en douce, vicelarde ! Ça schlingue ! Bon sang, keske ça schlingue !) C'est Nicolas. Y en a qui se prennent pour Napoléon ; Nicolas, lui, se prend pour Cyrano... depuis qu'il a volé le livre — une ancienne édition — dans la bibliothèque de Monsieur le Curé.

– Nicolas, Nicolas, toujours Nicolas ! Pourquoi dénoncez-vous votre camarade ?

– Par amour de la justice, Mdame ! (Mon cul ! C'est passque Nicolas est premier de classe et moi second. Or je veux être calife à la place du calife ! Je vais lui faire sa fête au Nicolas, parole de Suisse !)

Pascal Kaeser


Charade à tiroirs

Mon premier s'esclaffe

Mon deuxième ne fréquente jamais les toilettes

Mon troisième me met à l'écart malgré moi

Mon quatrième habite Jérusalem

Mon cinquième est couché

Mon tout a cinquante ans

(Solution)

Frédéric Schmitter

Écouter cette charade


Pinacogramme

Nicolas Graner
(Cliquez sur l'image pour en afficher une animation "Flash" à l'échelle de votre fenêtre)

Gef


Le petit « o »

Un jour, un « o » vint nicher entre Nic et las : Nicolas.
Martin voit ce « o » et demande : ce « o » est-il ouvert ou fermé ?
Les matheux disent que tous les « o » sont ouverts.
Les grincheux disent que tous les « oh » sont fermés.
Et si l'on regarde ce « o » avec les lettres voisines, soit « col », on sait bien qu'un col peut-être ouvert ou fermé !

Doit-on prendre parti ? Alors je dis :

Un émoulu lu « o » menu,
Né d'être vu ouvert, Éden !
Un ouvert et revu « o » nu,
Ne m'a ivre servi. Amen.

Alain Hupé

Écouter ce texte


Sélénet

Nicolas Graner-e,
L'oulipote ami,
Tout comme Sumer-e
(Mésopotamie)

A rejoint le monde
De l'Antiquité
Maintenant qu'il compte
Ses cinquante étés.

Didier Bergeret

Écouter ce poème


Chanson

Nico explique l'Oulipo
De façon minutieuse.
Faites confiance à son topo
Il a l'humeur studieuse.
Les mots se courbent, pas ingrats,
Et lui font une escorte.

Refrain, × 2 :
Tout ça n'empêche pas, Nicolas
Qu'la contrainte est très forte !

Centons, quatrains et sélénets
On n'peut pas dire qu'il chôme !
Abécédaires, contes, sonnets
Prisonniers, palindromes.
Les liponymes, il les troussa,
Il n'y va pas de main morte !

Refrain, × 2 :
Tout ça n'empêche pas, Nicolas
Qu'la contrainte est très forte !

Il a lu tous les Oulipiens.
Jacques Bens, Perec, Becker
Jouet, Queneau, Michèle Audin
Remplissent ses étagères.
Il ne baisse jamais les bras
Sa passion le transporte.

Refrain, × 2 :
Tout ça n'empêche pas, Nicolas
Qu'la contrainte est très forte !

Il fit même un Vélokapi,
C'est comme un' dépendance.
S'tapa les sonnets d'El Desdi
Plein de persévérance.
On se demande c'qu'il ne fit pas
En contrainte de tout'sorte.

Refrain, × 2 :
Tout ça n'empêche pas, Nicolas
Qu'la contrainte est très forte !

Ami d'la Liste, il est princier
Depuis deux décennies !
Sans jamais être routinier
En bonne compagnie :
Les colistiers sont toujours là
Pour lui prêter main forte.

Refrain, × 2 :
Tout ça n'empêche pas, Nicolas
Qu'la contrainte est très forte !

Aujourd'hui est un jour de liesse
Car la Liste le fête.
Que des lauriers ici l'on tresse !
Le meilleur, on lui souhaite.
Pour l'célébrer, on s'contraindra
En tas et en cohorte.

× 2 :
C'qui prouve en tous cas, Nicolas,
Qu' la contrainte n'est pas morte !

Bref, on dira, impénitents,
Que l'écriture est sainte.
On se rassemble car il est temps
D'crier « Vive la contrainte ! »
Pour les cinquante ans d'Nicolas,
Il fallait que ça sorte !

× 2 :
On lui fera voir un peu, nom de Dieu,
Qu'la contrainte n'est pas morte !

Françoise Guichard


Ce texte est une homophonie approximative réalisée à partir d'un chant révolutionnaire, Elle n'est pas morte !, écrit en 1886 par Eugène Pottier (le poète et communard) pour commémorer la Semaine Sanglante et en mémoire des communards fusillés. Pottier a, paraît-il, utilisé l'air d'une autre chanson de cette époque, T'en fais pas, Nicolas, de Victor Parizot (texte introuvé).

Voici les paroles de Pottier dans la chanson d'origine, et une vidéo avec l'air correspondant.

Écouter cette chanson de Françoise Guichard


Scranbble pour Graner

Avec leurs cinq garçons, de riches californiens, amateurs de marche et de l'Oulipo, ont invité Nicolas chez eux pour fêter son demi-siècle :
– Les enfants ! Sous cet argan, unissons...
– On dirait plus un chanvrier !
– Hey, Vivian, what's this janx ? Un pékan y est grimpé ?
– Lanzmann ! À n'articuler qu'un mot sur deux en bon américain, encore... Oan, buvons, si mon pancréas le permet, ce douze degrés cinq andin : Graner, ici, à San Francisco, au bord de l'étang, toi l'oulipote, le chouan hardi face aux vaniteux, te rappelles-tu Wanjiru ? Plus rapide qu'un texan, kényan, l'athlète, que les arabes auraient surnommé « Faizan », marathonien émérite, est parti trop vite... pour ton précédent anniver...
– Voilà, voilà, ânonne ! On va te mettre au ban, pélican !
– Qui ? Dan !? Revenons aux cinquante ans de Nicolas ! Cependant, je ne te canulerai pas comme Théodore de Banville et son Patois de Canaan (Wikipédia est ton ami !). Je suis anxieux, et le qashogh-zany de ces bambins n'aide pas. Yan ! Zou ! Au coin ! C'est vexant, à force, cette désinvolture !
– À la wanagain bistoufly !
– Mais ! Retourne au fond du van, bêta ! On est un peu anciens pour tout ça, non ?
– Protandriques, même !
– Oui, oui, bois ta tisane au safran, fils... On dirait cinq angelots, n'est-ce pas ?
– Je reprends. Un pan historique de l'Oulipo anime ma plume. Et tel d'Artagnan, je t'imagine, héros d'un roman kafkaïen en verlan, loin d'ici, au pied du Balkan, mont que Trajan, naguère, gravit...
– Eh, Papa, et le piano, t'attends le léviathan pour t'y mettre ?
– Ha ha ! Quel slogan ! Qu'importe les mots, musique, Maestro !
– Je suis fan ! Rustico !

Maxime David


Le texte comporte 54 fois l'assemblage de graphèmes AN, entouré des 26 lettres de l'alphabet ou d'une absence de lettre entre Z et A. Mis à part l'occurrence dans « cinquante », les lettres après le N sont dans l'ordre alphabétique et les lettres avant le A sont dans l'ordre alphabétique avant « cinquante » et dans l'ordre inverse après.

FanT GanU HanV IanW JanX KanY LanZ Man() NanA OanB PanC QanD RanE SanF TanG UanH VanI WanJ XanK YanL ZanM ()anN AanO BanP CanQ DanR (UanT) EanS DanT CanU BanV AanW ()anX ZanY YanZ Xan() WanA VanB UanC TanD SanE RanF QanG PanH OanI NanJ ManK LanL KanM JanN IanO HanP GanQ FanR

Écouter ce texte


Palindromes syllabique et littéral

« Laconique pli extrait d'un rallye contraint qu'on lira d'un trait », explique Nicolas.

Trace le revers et, recto, Graner, en argot certes, révère l'écart.

Trace le revers et, recto, Graner, en argot certes,
révère l'écart.

Jacques Perry-Salkow

Écouter ces palindromes


Réponse d'Alain Hupé

Extrait de l'interrogatoire d'un homonyme au commissariat :

Rue, verni aviné de la rue ! (l'aristo Graner, en argot si râleur, a le déni... vain rêveur !)

Écouter ce palindrome

Alain Hupé


G-granéroïde

En alpha-littérature, un G-granéroïde (ou ensemble central de Graner, ou poussière de Graner) est un sous-ensemble remarquable du dictionnaire réel, construit par le mathématicien français Nicolas Graner1 en 1962. Il s'agit d'un ensemble semi-ouvert congruent à l'intervalle unité [0,1[, d'intérieur vide. Il sert d'exemple pour montrer qu'il existe des ensembles infinis non dénombrables, mais négligeables au sens de la mesure de Lebesgue. C'est aussi un exemple de texte fractal infini à droite, ayant une dimension non entière2.

En voici l'exemple canonique ; pour chaque mot de l'ensemble G*, on ne garde que la lettre centrale (marquée de jaune) : le sous-ensemble jaune des lettres centrales réécrit G* (on ne tient compte ni des espaces ni des traits d'union).

G* = TRENTE-SIX, CENT QUARANTE-SIX, TRENTE-TROIS, DIX-NEUF, VINGT ET UN, TRENTE-TROIS, DIX-SEPT, SIX, CENT SOIXANTE-SIX, DEUX CENTS, TRENTE-TROIS, DIX-NEUF, VINGT ET UN, VINGT-QUATRE, DOUZE, CENT QUARANTE-TROIS, CENT QUARANTE-SIX, CENT QUARANTE-TROIS, DIX-NEUF, VINGT ET UN, TRENTE-TROIS, DIX-SEPT, SIX, CENT SOIXANTE-SIX, VINGT ET UN, CENT QUARANTE-SIX, TRENTE-TROIS, DIX-NEUF, VINGT ET UN, TRENTE-TROIS, VINGT ET UN, CENT QUARANTE-SIX, TROIS, SIX, DIX-SEPT, CENT DOUZE, SIX, CENT SOIXANTE-SIX, DIX-NEUF, TRENTE-TROIS, DOUZE, MILLE NEUF CENT DEUX, QUATRE-VINGT UN, SIX, DIX-NEUF, QUATRE-VINGT-QUATORZE, VINGT ET UN, TRENTE-TROIS, VINGT ET UN, DOUZE, DIX-NEUF, VINGT ET UN, CENT QUARANTE-SIX, TRENTE-TROIS, DIX-NEUF, VINGT ET UN, TRENTE-TROIS, VINGT ET UN, CENT QUARANTE-SIX, TROIS, SIX, DIX-SEPT, CENT DOUZE, SIX, CENT SOIXANTE-SIX, DIX-SEPT, TRENTE-TROIS, MILLE SEPT CENT UN, VINGT ET UN, DIX-SEPT, SIX, CENT SOIXANTE-SIX, DEUX CENTS, TRENTE-TROIS, DIX-NEUF, VINGT ET UN, DIX-SEPT, TROIS, SIX, CENT SOIXANTE-SIX, CENT QUARANTE-TROIS, DIX-NEUF, VINGT ET UN, TRENTE-TROIS, DIX-SEPT, SIX, CENT SOIXANTE-SIX, CENT DOUZE, TRENTE-TROIS, DOUZE, CENT SOIXANTE-SIX, DEUX CENTS, TRENTE-TROIS, DIX-NEUF, VINGT ET UN, DIX-SEPT, VINGT ET UN, CENT QUARANTE-SIX, TRENTE-TROIS, DIX-NEUF, VINGT ET UN, TRENTE-TROIS, VINGT ET UN, CENT QUARANTE-SIX, TROIS, SIX, DIX-SEPT, CENT DOUZE, SIX, CENT SOIXANTE-SIX, DIX-NEUF, TRENTE-TROIS, DOUZE, MILLE NEUF CENT DEUX, QUATRE-VINGT UN, SIX, DIX-NEUF, QUATRE-VINGT-QUATORZE, VINGT ET UN, TRENTE-TROIS, VINGT ET UN, DOUZE, DIX-NEUF, QUATRE-VINGT UN, SIX, DIX-NEUF, QUATRE-VINGT-QUATORZE, VINGT ET UN, VINGT-QUATRE, DOUZE, CENT QUARANTE-TROIS, VINGT ET UN, CENT QUARANTE-SIX, TRENTE-TROIS, CENT DOUZE, TROIS, DOUZE, QUATORZE MILLE, TRENTE-TROIS, DEUX CENTS, TRENTE-TROIS, DIX-NEUF, VINGT ET UN, VINGT-QUATRE, DOUZE, CENT QUARANTE-TROIS, CENT QUARANTE-SIX, CENT QUARANTE-TROIS, DIX-NEUF, VINGT ET UN, TRENTE-TROIS, VINGT ET UN, CENT QUARANTE-SIX, TROIS, SIX, DIX-SEPT, DEUX CENTS, TRENTE-TROIS, DIX-NEUF, VINGT ET UN, VINGT-QUATRE, DOUZE, CENT QUARANTE-TROIS, CENT QUARANTE-SIX, CENT QUARANTE-TROIS, DIX-NEUF, VINGT ET UN, TRENTE-TROIS, DIX-SEPT, SIX, CENT SOIXANTE-SIX, DEUX CENTS, TRENTE-TROIS, DIX-NEUF, VINGT ET UN, VINGT-QUATRE, DOUZE, CENT QUARANTE-TROIS, CENT QUARANTE-SIX, CENT QUARANTE-TROIS, DIX-NEUF, VINGT ET UN, TRENTE-TROIS, VINGT ET UN, CENT QUARANTE-SIX, TROIS, SIX, DIX-SEPT, ...

La présentation suivante est plus parlante : la colonne jaune réécrit la liste qu'elle traverse.

TRENTESIX
CENTQUARANTESIX
TRENTETROIS
DIXNEUF
VINGTETUN
TRENTETROIS
DIXSEPT
SIX
CENTSOIXANTESIX
DEUXCENTS
TRENTETROIS
DIXNEUF
VINGTETUN
VINGTQUATRE
DOUZE
CENTQUARANTETROIS
CENTQUARANTESIX
CENTQUARANTETROIS
DIXNEUF
VINGTETUN
TRENTETROIS
DIXSEPT
SIX
CENTSOIXANTESIX
VINGTETUN
CENTQUARANTESIX
TRENTETROIS
DIXNEUF
VINGTETUN
TRENTETROIS
VINGTETUN
CENTQUARANTESIX
TROIS
SIX
DIXSEPT
CENTDOUZE
SIX
CENTSOIXANTESIX
DIXNEUF
TRENTETROIS
DOUZE
MILLENEUFCENTDEUX
QUATREVINGTUN
SIX
DIXNEUF
QUATREVINGTQUATORZE
VINGTETUN
TRENTETROIS
VINGTETUN
DOUZE
DIXNEUF
VINGTETUN
CENTQUARANTESIX
TRENTETROIS
DIXNEUF
VINGTETUN
TRENTETROIS
VINGTETUN
CENTQUARANTESIX
TROIS
SIX
DIXSEPT
CENTDOUZE
SIX
CENTSOIXANTESIX
DIXSEPT
TRENTETROIS
MILLESEPTCENTUN
VINGTETUN
DIXSEPT
SIX
CENTSOIXANTESIX
DEUXCENTS
TRENTETROIS
DIXNEUF
VINGTETUN
DIXSEPT
TROIS
SIX
CENTSOIXANTESIX
CENTQUARANTETROIS
DIXNEUF
VINGTETUN
TRENTETROIS
DIXSEPT
SIX
CENTSOIXANTESIX
CENTDOUZE
TRENTETROIS
DOUZE
CENTSOIXANTESIX
DEUXCENTS
TRENTETROIS
DIXNEUF
VINGTETUN
DIXSEPT
VINGTETUN
CENTQUARANTESIX
TRENTETROIS
DIXNEUF
VINGTETUN
TRENTETROIS
VINGTETUN
CENTQUARANTESIX
TROIS
SIX
DIXSEPT
CENTDOUZE
SIX
CENTSOIXANTESIX
DIXNEUF
TRENTETROIS
DOUZE
MILLENEUFCENTDEUX
QUATREVINGTUN
SIX
DIXNEUF
QUATREVINGTQUATORZE
VINGTETUN
TRENTETROIS
VINGTETUN
DOUZE
DIXNEUF
QUATREVINGTUN
SIX
DIXNEUF
QUATREVINGTQUATORZE
VINGTETUN
VINGTQUATRE
DOUZE
CENTQUARANTETROIS
VINGTETUN
CENTQUARANTESIX
TRENTETROIS
CENTDOUZE
TROIS
DOUZE
QUATORZEMILLE
TRENTETROIS
DEUXCENTS
TRENTETROIS
DIXNEUF
VINGTETUN
VINGTQUATRE
DOUZE
CENTQUARANTETROIS
CENTQUARANTESIX
CENTQUARANTETROIS
DIXNEUF
VINGTETUN
TRENTETROIS
VINGTETUN
CENTQUARANTESIX
TROIS
SIX
DIXSEPT
DEUXCENTS
TRENTETROIS
DIXNEUF
VINGTETUN
VINGTQUATRE
DOUZE
CENTQUARANTETROIS
CENTQUARANTESIX
CENTQUARANTETROIS
DIXNEUF
VINGTETUN
TRENTETROIS
DIXSEPT
SIX
CENTSOIXANTESIX
DEUXCENTS
TRENTETROIS
DIXNEUF
VINGTETUN
VINGTQUATRE
DOUZE
CENTQUARANTETROIS
CENTQUARANTESIX
CENTQUARANTETROIS
DIXNEUF
VINGTETUN
TRENTETROIS
VINGTETUN
CENTQUARANTESIX
TROIS
SIX
DIXSEPT
...

Nicolas Graner a prouvé la même année (1962) que l'ensemble des G-granéroïdes est infini, non dénombrable, et que G* en est le plus petit élément (au sens lexicographique).

Méthode de construction

Pour construire G*, Nicolas Graner a défini un « dictionnaire » des morphismes minimaux, où chaque lettre de l'alphabet est associée au plus petit nombre entier dont elle occupe le centre :

 CENTQUARANTETROIS       143
  DIXSEPTBILLIONS   17×10^12
     DEUXCENTS           200
     CENTDOUZE           112
    TRENTETROIS           33
 MILLENEUFCENTDEUX      1902
QUATREVINGTQUATORZE       94
      DIXHUIT             18
        SIX                6
        -J-
        -K-
       MILLE            1000
     DEUXMILLE          2000
      DIXNEUF             19
       TROIS               3
  MILLESEPTCENTUN       1701
    VINGTQUATRE           24
  CENTQUARANTESIX        146
      DIXSEPT             17
     VINGTETUN            21
       DOUZE              12
   QUATREVINGTUN          81
        -W-
  CENTSOIXANTESIX        166
        -Y-
   QUATORZEMILLE       14000

La deuxième astuce de construction fut de trouver le plus petit entier dont la première lettre soit aussi celle en position centrale (une telle condition étant nécessaire pour borner l'ensemble à gauche – TRENTESIX est ce nombre).

Longue vie aux G-granéroïdes4 !

Éric Angelini


Note 1 de Jean Fontaine :

Une rumeur persistante veut que ce soit ce mathématicien qui se cache derrière le célèbre pseudonyme Nicolas Bourbaki. En effet, le nom Bourbaki est de gématrie 79, or 7×9 = 63, gématrie du nom Graner. Les chances que cette coïncidence soit due au hasard sont infinitésimales selon la théorie des probabilités, théorie qui, comme tout matheux sait, est justement la bête noire de Bourbaki : Graner-Bourbaki aurait donc négligé de réaliser que cette probabilité pratiquement nulle trahissait le nom derrière le pseudonyme. Quoi qu'il en soit, tous les documents écrits ou archives audiovisuelles de Graner le montrent ne pas être en train de démentir la rumeur, qui se trouve donc amplifiée par cette constante non-négation3.

Note 2 de Jean Fontaine :

Cette fractalité infinie permet-elle d'affirmer qu'un G-granéroïde est aussi un G-granuléroïde (ensemble qu'on peut granuler à l'infini) ? On voit en tout cas que la première expression est un sous-ensemble de la deuxième, qui est obtenue par insertion de deux lettres en son centre.

Note 3 de Rémi Schulz, confirmant l'identité Bourbaki = Graner :

C'est presque enfantin.
D'abord à un bout de BOURBAKI il y a BOU, et de quel BOU discute-t-on sinon du BOU de GRA ?
Reste RBAKI, anagramme de KABIR évoquant les Cabires, divinités chthoniennes.
On rapporte souvent ce nom à une racine indo-européenne signifiant « grand », kabir en arabe, mais Dahremberg et Saglio remarquent dans leur Dictionnaire des antiquités grecques et romaines que le mot était précédemment orthographié avec à la place du beta un episemon ou digamma, lettre ultérieurement bannie de l'alphabet grec, correspondant au waw hébraïque et au F latin.
Il s'agissait donc plutôt de kawir ou kafir, arabe « infidèle » qui a ensuite désigné les noirs d'Afrique australe (Cafres).
Or chaque nervalien sait que ner est « noir » en patois.

Note 4 d'Alain Hupé :

Ô le méli-granéroïde de Dior en argile-mélo !


Aiguilles de Graner

Les aiguilles de Graner doivent leur nom au mathématicien français Nicolas Graner, lauréat de la médaille Phields5 en 1962 pour ses travaux sur les G-granéroïdes. Les aiguilles de Graner ressemblent à des diagonales de Cantor redressées et servent à montrer (de manière intuitive) que tout segment de la droite réelle est compact. (Et, plus généralement, que les compacts de ℝn sont des fermés bornés autoréférents).

La première aiguille de Graner fut – ironie ? – publiée dans le hors-série d'octobre 1962 de Tricot Magazine à Paris6, consacré à la mathématique du point de maille et à la théorie des nœuds (la colonne bicolore ci-dessous réécrit la liste des nombres horizontaux) :

                        U N
                    C I N Q
              V I N G T-C I N Q
                  T R O I S
                        N E U F
                        Q U A T R E
                        V I N G T
                      S I X
                      O N Z E
                  V I N G T E T U N
                  S E P T
            T R E N T E-C I N Q
                    H U I T
                  Q U I N Z E
                        Q U A T O R Z E
                        T R E I Z E
            V I N G T-T R O I S
                      D O U Z E
                      D I X
                        S E I Z E
                  D I X-N E U F
                      D E U X
                D I X-H U I T
        V I N G T-N E U F
              V I N G T-Q U A T R E
          V I N G T-D E U X
        T R E N T E-Q U A T R E
            D I X-S E P T
                      T R E N T E
            V I N G T-S E P T
                        V I N G T-S I X
                      V I N G T-H U I T
                  T R E N T E E T U N
      Q U A T R E-V I N G T S
                        T R E N T E-D E U X
    T R E N T E-T R O I S
          T R E N T E-S I X
  Q U A R A N T E-D E U X
    Q U A R A N T E-T R O I S
                  T R E N T E-S E P T
S O I X A N T E E T O N Z E
                    T R E N T E-H U I T
                       ...

La deuxième aiguille de Nicolas Graner se libéra de la langue française ; Graner remarqua en effet qu'il suffisait d'épeler verticalement les chiffres (au lieu des lettres) pour retrouver l'ensemble des nombres horizontaux :

                        1
                        2
                        3
                        4
                        5
                        6
                        7
                        8
                        9
                        1 0
                      2 0
                      1 2
                      3 0
                        1 1
                        2 1
                      1 3
                      4 0
                        1 4
                        1 5
                        2 2
                        1 6
                        1 7
                      2 3
                      2 4
                      5 0
                        1 8
                      3 4
                        1 9
                      2 5
                        2 6
                        2 7
                        .
                        .
                        .

On notera que toutes les suites-aiguilles Sa, par définition, doivent être prolongées par le « plus petit entier non présent dans Sa et ne conduisant pas une contradiction ».

Ainsi la suite Sa ci-dessus est-elle une permutation des Naturels :

Sa = 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 20, 12, 30, 11, 21, 13, 40, 14, 15, 22, 16, 17, 23, 24, 50, 18, 34, 19, 25, 26, 27, ...

La technique granérienne de l'aiguille peut donc être utilisée pour construire une infinité de suites Sa autoréférentes (au sens de l'épellation verticale). SaPREM ne met ainsi en œuvre que les nombres premiers, SaFIBO que la suite de Fibonacci et SaPAIR uniquement les nombres pairs :

SaPREM : 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 23, 19, 37, 29, 31, 41, 59, 37, 47, ...
SaFIBO : 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 34, 233, 144, 21, 46368, 121393, ...
SaPAIR : 2, 4, 6, 8, 10, 20, 12, 30, 14, 22, 32, 40, 16, 24, 26, 28, ...

Longue vie aux aiguilles de Graner !

Éric Angelini


Note 5 d'Éric Angelini :

La médaille Phields est attribuée tous les quatre ans au cours de l'ICM (International Congress of Mathematicians) à, au plus, quatre mathématiciens devant avoir plus de 40 ans au 4 avril de l'année en cours. Les lauréats se voient attribuer chacun une médaille et un prix de 40 000 couronnes syldaves (soit un peu plus d'une poignée de Choco-Princes).

Note 6 de Jean Fontaine :

Cette prodigieuse productivité granérienne en 1962 explique pourquoi cette année est souvent qualifiée d'annus mirabilis des mathématiques.


Des coplains dobar
ou la ballade aux 26 contraintes

Ce serait une nef agile
sur la mare aux écriverons,
le zélé matelot y file
tout mol étymon.
Vous ne verrez à son timon
qu'un quinqua qui sans cesse sasse
ce bel adage et fier dicton,
N'ois ich choir l'eau basse ?

Nul défi n'est trop difficile
pour ce capitaine au cours long,
la possibilité d'une île
le rend gai luron.
Noé néo, ô, en éon,
île et bonace il est bonasse
sur l'onde à ronde vibration,
N'ois ich choir l'eau basse ?

Si ce sabir est malhabile,
la mer ouit moult autres jargons,
elle ouit tout côté face pile,
qui lui dit son nom.
Ainsi l'on a clos sa cloison
où que l'on aille où que l'on passe
on entend l'étrange dicton,
N'ois ich choir l'eau basse ?

Prince, et moi si je rêve au fond,
Onc recours, gré caduc, la grâce
Bénit chacun, naval cocon,
N'ois ich choir l'eau basse ?

Rémi Schulz


Un projet initial de ballade régulière en octosyllabes a été adapté au schéma 8-8-8-5 des Copains d'abord, chanson presque contemporaine (1965) de la naissance de Nicolas (1962).
Il n'y a que 15 vers sur les 25 différents qui aient des contraintes d'écriture réelles, différentes du moins, mais certains vers ont des contraintes multiples, pas toujours conscientes, ainsi je peux énoncer au moins 4 contraintes pour le vers refrain, lequel était au départ Une insigne arche encourt l'eau basse.
Conserver la contrainte des médiales NICOLAS en 5 syllabes m'a conduit à l'énoncé tarabiscoté N'ois ich choir l'eau basse, qui me semble finalement hautement préférable à la première forme, un brin solennelle.

Le détail des contraintes intentionnelles me semble de peu d'intérêt, et je préfère donner deux exemples de lecture après coup, ainsi mon 13e vers Noé néo, ô, en éon n'est pas seulement un bête palindrome, car sa valeur est 136, or Nicolas Graner est un nom en 13 lettres de valeur 136.
Il permet en outre cette répartition satorique
             noe
            ne o
            o en
            eon 

où la constante 34 apparaît dans chaque ligne ou colonne.
Les nombres de lettres du vers refrain, 1-3-3-5-1-3-5, sont tous des nombres de Fibonacci, ce qui peut sembler trivial, mais il l'est moins que leur somme soit un autre nombre de la suite, 21, et que ce soit un cas particulier d'une équation générale : Fn + Fn+1 + 3Fn+3 + 2Fn+4 = Fn+7.

Il y a des contraintes globales, ainsi les rimes sonores il(e), on, et as(se) ou ac(e) utilisent les lettres NICOLAS.
Un léger ajustement (le remplacement de noble par mol) a permis d'obtenir la gématrie 1962 pour la première strophe, à laquelle répond l'isogématromorphisme du 27e vers (4 mots de valeur 50).

Écouter cette ballade de Rémi Schulz chantée par Alain Hupé


L'icône à Graner
(Nicolâtrie)

Diptyque

Nicolas l'Ancien & Nicolas le Jeune


Distique

Nicolas, saint qu'antan, à complies, l'on célébra, vaut, d'illustre pair,
Nicolas, cinquante ans, accomplis, longs, scellés. Bravo, dix lustres, Père !

Jean Fontaine

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Don't feed the trolls
(anaphones)

Il rouspéta jadis contre les colistiers
        Naguère, il corna
Qui lançaient des affronts aux plus hauts fonctionnaires
        Agonir l'énarque
Comme à ceux que la crise avait pris par derrière,
        Honnir anal grec
Et qui prisaient l'urine ou pire volontiers.
        Rénal organique

Il vaut pourtant mieux fuir les sots que les châtier
        N'agrée la connerie !
Car un morveux n'écrit que pour ses congénères.
        Qu'aux narines à glaire
Leurs cerveaux étrécis sont des billes légères
        Graine n'a calorie
Et leur culture atteint celle d'un noisetier.
        Na nère, agricole !

Allons plutôt chasser les fables et les rêves,
        Garenne à licornes
Croire à saint Nicolas, aux cerfs volant sans trêve,
        Car Noël garnit
Aux chrysostomes gens croquant de subtils vers.
        Grêle or à canine

Écoutons, yeux fermés, une flûte africaine :
        L'ocarina nègre
Les couleurs sont en nous, gardons l'esprit ouvert.
        La cornée n'a gris
Muse, déride-toi, chante avec ou sans chaînes !
        Crée, nana, rigole !

Gef

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Corollaire

Cosigne l'éloge consacré à Nicolas
l'associé génial, l'allié sincère.

Néglige
les anges légers, les ailes allongées
les sages rosières, les longs rosaires
les roses écloses, le lac niais.
Ignore encore
les clairons, les canons, les galons, les grisons
les lances noires, les aigles, les légions
la gloire – ô rois, écrase les os, encrasse le sang, les oreilles.

L'œil en coin
les câlins canailles, les caresses
les oiselles, les agnelles ne les éloigne en rien.
Consens à cela : le soleil éclaire nos régions
nos lisières, nos ornières, nos clairières
– sinon l'orange, l'origan, l'osier sinon le gaïac
la saison les colore – ancolie, garance, liseron
la neige glacée les nacre.
L'océan en son ressac enlace les sirènes agiles à nager.

Allégorie ? Anagogie ? Ô non !
Liesse sans lésine, griserie sans licence.
Ariane à la noce, Silène énonce la leçon originelle
car le logis orné regorge : groseilles, cerises, raisin.
– Alcools,
car l'ogresse ronge en silence
les soirées, les années, les siècles.

Or Nicolas crée, narre, ensorcelle
alors cisèle ici son los
arrange grain à grain le collier.
À son école, écris les clés nécessaires
– en anglaise, en onciale, en caroline
écris les consonnes inégales.
Nicolas allie la grâce à l'énergie
sans renoncer à nos lois :
les règles, les grilles, les séries.
Sans s'égarer son encre aligne
les leçons, les essais, les gnossiennes.
Sans caler, sa craie organise en élégance
les cercles, les crises, les carences.
Il corrige les lignes erronées
réconcilie les gens, les genres
glane, engrange, serre les scolies, les gloses.
Science, raison, rare soin
Nicolas égaie l'oncle, la nièce
le nain, le corse, l'arlésienne...

Ici Annie s'incline, se rencogne.

Annie Hupé

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El Collectionnario
(Le disert hanté)

Je suis collectionneur, – d'une œuvre, – à compiler,
Quand je coince en l'Éden la narration grandie :
Seule ma toile est forte, – et le but à sceller
Me porte dans l'histoire à l'Encyclopédie.

Au puits de l'Oulipo, toi qui sais m'inspirer
Envoie ce beau principe au sommaire sosie.
Les clones avatars qui font rire ou pleurer
Sont pareils à l'estampe offrant la poésie.

Suis-je à cours d'un opus ?... Lui, signant le fleuron ?
Mon site bouge encore à caser la rengaine ;
Et graver, tel un prote, en page souveraine...

Mais j'ai parfois eu peur que ça ne tourne rond :
Mots du vent d'alentour, la satire essoufflée
Née sous pire contrainte et la copie sifflée.

                                    Nicolas de Granerval

Patrice Besnard

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Panscrabblo pour El Collectionnario

Panscrabblogramme nervalien en format PNG

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Des(d)icha(d)o

Oyez Aquitain sanglotant,
Le Sr Orphée, ténébreux veuf,
Privé de moukère, braillant :
Las ! Je suis down ! Ci-gît ma meuf !

Jean Fontaine

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Puzzle

On colle recto sur verso, comme il se doit,
Après avoir percé les trous aux bons endroits.
On plie et on replie les diverses facettes
Pour que des Nicolas apparaissent par sept.

Puzzle à découper & plier

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Alain Zalmanski


Si vous désirez imprimer, coller & découper ce puzzle pour le résoudre, ses recto & verso sont aussi disponibles séparément.
L'unique exemplaire officiel de ce recueil, offert à Nicolas Graner le 1/12/12, contenait un tel puzzle prêt à l'emploi.


Carré de haïkus palindromes d'Aquitaine

En Nicolas sobre
n'argua tel étau Graner
bossa l'Oc inné

Très Nicolas ivre
nargué pâma peu Graner
visa l'Oc insert

L'âgé Nicolas
ô Graner ! Ur en Argos
à l'Oc inégal

Être Nicolas
or en argent né Graner
osa l'Oc inerte

Écouter ces haïkus

*

Quatrain palindrome aquitain

Énif ! Nicolas s'il te brossa l'Oc inné,
enivré nargua sûr ce leu Graner damné.
Zen madre nargue-le, crus au Graner viné :
en Nicolas sorbet lissa l'Oc in fine.


Énif, subst. masc., étoile de la constellation de Pégase.
Madre, subst. masc., bois veiné utilisé au Moyen Âge pour fabriquer des vases à boire.

Écouter ce quatrain

*

Danse palindrome d'Aquitaine

Par duo l'air cogna
Tel le baobab mûr au séséli
Graner actuel pli sera

Tu ne rôdes l'avenue
Parti de Nicolas la sono Salsa
L'Oc inédit râpe une Valse d'or en Ut

À Ré s'il pleut
Car en argile se sua Rumba boa
Bel le Tango ! cria l'oud Rap


Gématrie = 1962.
Séséli, subst. masc., ombellifère ; celui de Marseille est réputé carminatif.

*

Palindrome phonétique d'Inde

Il aida virer de mode
à crèche l'onde élidée serre âne et bœufs

Django Reinhardt galop kinésique
skate et fête exquise

Eh ! Nicolas Graner au Gange
de Bénarès édile et dont le cher cadeau me dérive à Dehli

Écouter ce texte

Robert Rapilly


Pensées et maximes

Ohé les amis, pouvez-vous aider Didier à retrouver les onze Nicolas célèbres dont le patronyme se cache phonétiquement dans les maximes suivantes ?

  1. Qui naît sur du fumier pousse incroyablement vite.
  2. Méfie-toi du chien silencieux : si l'un te lèche mais aboie, l'autre te mord en silence.
  3. Pull-over rouge vaut mieux que chemise brune.
  4. Qui se courbe aux calendes grecques s'arque aux Ides de mars.
  5. Mieux vaut être en bonne santé et fou qu'être malade et sage.
  6. Aux gogues, aux latrines, aux chiottes, aux cabinets : qu'importe le nom, le lieu reste le même.
  7. Femme qui veut plaire à son père accouche d'un petit-fils.
  8. Fie-toi plus à la femme Nikita qu'au père Nikita.
  9. Speaking of Nikitas: the KGB is alive and well.
  10. L'eczéma, qui avait la particularité de faire jubiler les obsédés de l'orthographe, n'intéresse plus personne depuis qu'on peut l'écrire « exéma ».
  11. Qui vole un chat à Dumas vole un tigre à Nerval.

Didier Bergeret

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À Nicolas Graner pour ses cinquante ans*

À leur cher Nico, ses copains. Voi l'anagramme lunaire, pot-pourri de ses amis. Cinq fois dix ! Qu'en ait autant ! (Françoise Guichard)
Écouter
Assez de niveau pour commencer la fête gratuite et nerveuse pourvu que ses bougies scintillent quand vient le temps. (Jacques Perry-Salkow)
Écouter
À moins qu'on ignore, comme un béotien, la gravité et l'énergie du saint-pourçain, on sait le dessein des bacchantes de l'Artense. (Élisabeth Chamontin)
Écouter
Ah belle niche là commençons la fête gratuite énergique pour boire à ses bougies saintement quand jouirons tant. (Alain Hupé)
Écouter
Ami tonique ton cothurne lacé va gravir l'inerte oubli pour traverser une enceinte indiquant l'Art mutant. (Noël Bernard)
Écouter
Ah, l'atonie de ces colombes- qui se grattent les nerfs et leur pourpre bec : ces oiseaux s'inclinent quand c'est leur temps. (Daniel Elmiger)
Écouter


Œuvre collective proposée par Latelio (Daniel Elmiger).
* Sous-titre de Noël Bernard : Ah ! qu'au père Nic à l'unisson

Écouter simultanément toutes ces phrases lues par Daniel Elmiger


Carrés « sator » syllabiques

      →
    ↓ LA  KO  NI  KE

      KO  DÉ  FO  NI

      NI  FO  DÉ  KO

      KE  NI  KO  LA ↑
                   ←
 Laconique code est phonie
N'y faut d'écho que Nicolas

      →
    ↓ LA  KO  NI  KA

      KO  TÉ  DU  NI

      NI  DU  TÉ  KO

      KA  NI  KO  LA ↑
                   ←
Laconique à côté du nid
Nid du thé coca Nicolas

      →
    ↓ LA  KO  NI  KOU

      KO  NÉ  VER NI

      NI  VER NÉ  KO

      KOU NI  KO  LA ↑
                   ←
La conique où cône est verni
N'hivernait coque ou Nicolas

      →
    ↓ LA  KO  NI  KAN

      KO  BRA FI  NI

      NI  FI  BRA KO

      KAN NI  KO  LA ↑
                   ←
      Laconique an
Cobra fini n'y fit Braque
   Oh quand Nicolas ?

      →
    ↓ TROI NÉ  TUR KO

      NÉ   MO  NA  TUR

      TUR  NA  MO  NÉ

      KO   TUR NÉ  TROI ↑
                      ←
Troie née turque, ô Nemo nature,
turne à Monet, Cothurne étroit ! (50 lettres)

Robert Rapilly


Danses de la Renaissance

Enclin à doser le bal,
Il se balance en Lord,
Le noble, car il danse
Le branle de Nicolas.

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                        *

Ce gant velouté ! Adonis
Danse convoluté, agite
Galante note. Vous de ci,
Lui de çà tenant vos ego,
Et le son acide voguant
Où voltigeant, scandée,
Une gavotte de Nicolas.

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                        *

Sangler une dame en cloître,
Ou l'enlacer, en digne master ?
La strige, en une ronde, calme
Le menuet de Nicolas Graner.

Écouter ce poème


                        *

En saluant il ose cet accord,
Il caracole dans cet usé ton,
Nous l'accréditons, cet aléa :
C'est la courante de Nicolas.

Écouter ce poème


                        *

Rougir avec sandale en panne,
S'évanouir en canapé, glander,
Ne pas avancer, lourd en gaine,
Ni gouverner le cap de sa nana,
Non ! ce vulgaire para ne danse
Une pavane de Nicolas Graner.

Écouter ce poème


                        *

Allo ? RAID ? Scandale signalé :
On discerne d'gais « la la la la ».
Dans le salon, agile, radical,
Nicolas danse la gaillarde.

Écouter ce poème


                        *

Du mollet on s'élance, ça sinue par
Le mâle corps, ça sinue du talon en
Lançant, ouille ! Rompu de séances,
On masse la corpulence d'un alité.
C'est une allemande pour Nicolas.

Écouter ce poème


                        *

Olà clés désinvoltes,
Lessivons ce do létal,
La est vide, closons-le
Levons le si, ce soldat,
Et de sol valsons, ciel !
Ces do la si sol lèvent
Les voltes de Nicolas.

Écouter ce poème


                        *

Alignons-nous là, c'est ordre dire !
N'alourdissons le droit crénage !
Art sacré ! godillons en sourdine,
Da ! Tournons ici rondes allègres,
Co-dansons en adroite grille, sur
Les tourdions de Nicolas Graner !

Écouter ce poème

Élisabeth Chamontin


El Graniscarno

On sera l'isolé, — le gris, — l'inconsolé,
Le roi gascon sans Oc : l'errance résilie,
La sélène agonie a cligné large clé ;
Alors le Soleil noir cerne Angoisse en scolie.

Nécrose carcérale, on longea consolé
Salerne collinaire, océane Éolie !
La corolle soigna le giron régalé ;
Or carné, le raisin à la rose s'allie.

Selon la Grâce, Éros ?... Le Cognac, Aragon ?
Crâne encor enlacé, le garança la reine :
Songes non loin ce roc ; là nage la sirène.

Gloire ! Gloire, Iolcos regagne le Lagon,
Le langage résonne, Argo signe croisière :
Geigne l'Allégorie ! a crié la Sorcière.

Robert Rapilly


Beau présent.

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El Granerio

Ego le calciné, — le solo, — l'angoissé,
Le léonin Garonne à crinière rancie :
Le soir en agonie, — l'œil sali, non rincé
Enrage le soleil, saccage l'éclaircie.

En noir gésir alors, consolais l'insensé,
Laisse-là la Scena, l'océane Aricie,
Le sage lis nacré à l'osier enlacé,
Le raisin car la Rose à ses grains s'associe.

Narcisse Éros ? El sol ?... Ignorance à gogo.
Ai la gorge rosie, accolé à la reine ;
Ai logé en le roc, là nage la sirène...

En long, en large, en gloire, ai grillé le Congo :
L'allègre ocarina à sacrer s'égosille
Les cris assaisonnés, les râles en résille.

                                    G. *E NER*AL

Michel Clavel

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Beau présent.


Mots cachés

Les mots au-dessous de la grille sont tous issus du vocabulaire des danses de la renaissance et de leurs célébrités. Reportez-les dans la grille où ils peuvent être trouvés horizontalement, verticalement, en oblique, à l'endroit ou à l'envers. Ils peuvent s'entrecouper et une même lettre peut faire partie de plusieurs mots de la grille. Lorsque tous les mots de la liste auront été trouvés, il restera des lettres libres. Ces lettres constitueront, dans l'ordre, une vérité de circonstances.

C A P R I O L O T A S U S E N
N A M L Y T K E N A V A P Y A
H T U L N C H D E I P R I U D
E E D A N C E D U F A Y C N I
T O Y A R L T U A H C A M N R
T A R A R B A U D O U B L E A
E F M F H S I O P T S Y F E G
N T H E R M I T E S O A T A R
I E U G T E T A L O N G V F U
P S T L A L L H A U B O I S O
S O R N F M O O G D T F I R M
E T I O R D B V R E R M E M A
C R O M O R N E E E P I S I E
G E R V A I S E V L V I O L E
C L Y G A U C H E H C R O T E

Amour Espinette Harpe Simple
Arbaud Fifre Haubois Susato
Aridan Flute Haye Talon
Arigot Franck Hermites Torche
Capriol Frelore Luth Triory
Cromorne Gambe Machaut Tylman
Dance Gauche Marche Viole
Double Gavote Pas Volte
Droit Gay Pavane
Dufay Gervaise Pied
Ennuy Greve Pois

Alain Zalmanski


Poème carré

Ni tonnerre, ni pluie
L'écho gravit, sourd :
Es-tu là aussi ?
Fuis l'écographie,
L'atonie binaire.

N'errez pas sans moi !
De grâce : ôtez
Nerfs gras, laconie,
De tous les côtés
Car on vous renie

La manie lunaire
Montre qu'aux graphies
On fait la fête
Pour qu'aux graves jours
N'y sonne air plus doux

Et si je le nie
Que dit l'icône
Nicolas Graner ?
Sa gravité crie,
Nervalien le ton.

Ni ton- nerre, ni pluie
L'é- cho gra- vit, sourd :
Es- tu aus- si ?
Fuis l'é- co- gra- phie,
L'a- to- nie bi- naire.
 
N'er- rez pas sans moi !
De grâ- ce : ô- tez
Nerfs gras, la- co- nie,
De tous les cô- tés
Car on vous re- nie
 
La ma- nie lu- naire
Mon- tre qu'aux gra- phies
On fait la fê- te
Pour qu'aux gra- ves jours
N'y son- ne air plus doux
 
Et si je le nie
Que dit l'i- cô- ne
Ni- co- las Gra- ner ?
Sa gra- vi- crie,
Ner- va- lien le ton.

Latelio (Daniel Elmiger)

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Mélanges d'hommages à Nicolas

    Un powète-pouet ténébreux eut un jour l'idée de déclamer un choix de quatorze de ses monostiches alexandrins quotidiens. L'importance de l'événement justifiait un enregistrement. Las ! point vierge n'était la bande magnétique. Un sonnet célèbre y était enregistré. Or, le déclamant, novice dans cet exercice, débita ses vers mécaniquement. Leurs syllabes superposées aux autres en un sabir chimérique – la loi du plus fort l'emportant même dans l'écho des sons – confondirent les oneilles les plus aiguisées, qui crurent entendre une langue oubliée. C'est ce que nous avons tenté de transcrire ici, sous forme syllabique, après collation des avis de plusieurs auditeurs. Le lecteur pourra se faire sa propre idée en écoutant en ligne l'enregistrement original et celui que nous avons fait de notre transcription.

    Des notes manuscrites ont depuis été exhumées, qui ont révélé la mésaventure. Pourtant, si le sonnet a pu être identifié sans laisser beaucoup de doutes, si bien qu'il serait superflu même de le reproduire ici, les vers surajoutés, difficilement lisibles, ne sont pas bien connus et ne permettent encore que des hypothèses, que nous livrons à la suite (un enregistrement, hébergé à la même adresse, en a également été fait, afin de faciliter la comparaison). On peut tout juste affirmer assez raisonnablement qu'ils se rapportent tous à un événement marquant lié à un homme de culture admiré de l'auteur.

Transcription

a la nui ni ko la less pri ku nu sé ver
a sa san pa té troi nomm a kou pa bau ku
ka na pé mè gre soir il a son a lu rière
dan zun na mu si ver la la bo é zi somm

leu gran ter de on kri sor ti pui son bonn omm
la sian sa trou vé sur mess pa less pri a ler
le glan tié ve nu pour ta mu ni té si té
é lé san mi su kou baï baï so si ba gnor

il pleu sou tett par sa tru pa zun ba tra syin
je kon vè kou du kor du sè zé de la renn
le ko mik a ver ti il fau de lo bé zi

o re nau gran di ke sa bre zé lou dé pon
li ke lè ta la li kre lan se du man danss
ké fer plè de mé de la co li ke o la

Vers hypothétiques

  1. Ah l'ami Nicolas esprit toujours si vert
  2. On se sent à l'étroit dehors son pur cothurne
  3. Que la ténèbre soit il en sort la Lumière
  4. Sans un ami si cher la Poésie se meurt
  5. Le grand air de Hongrie sanctifie son bonhomme
  6. La science a trouvé son maître en l'Esprit Graner
  7. Le temps est venu de la jubilation
  8. Je veux chanter ce jour un Prince des Penseurs
  9. Le Prince des Penseurs n'est pas un batracien
  10. Allons Vainqueur du peuple accepte mon offrande
  11. Salonique invertie icône reverdie
  12. Ô Renard grandiose abreuve-nous de fables
  13. Si te gêne la lie relance son engeance
  14. Tes vers n'aient jamais de laconique holà

Jérémie Piscicelli

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Écouter l'enregistrement bruité original

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Fables-express

Sur sa charrue vedette
En creusant son sillon
Nicolas est champion
Mais pour qui la défaite ?
    Nic, au labour, bat qui ?

Nicolas a un chien
Que l'on appelle Ouki
Il lui parle de pi
Ouki n'écoute rien
    Nicolas barbe Ouki

Prince de l'encaustique
Roi de la chiffonnette
Nico mit tout au net
Et nous parla technique
    Nicolas cire causa

Que d'excès que d'abus
On a pu être rouge
Nico le monde bouge
Oublie donc le barbu
    Nie Marx, Nicolas !

Variante :
Que d'excès que d'abus
Les rouges d'un côté
De l'autre les curés
Oublie donc les barbus
    Ni Marx, ni calot !

À ses invités verts
Il servit le pastis
Si chacun eut l'anis
Au fond de son grand verre
    Nicolas eut l'eau

L.A. c'était so far
Le train de nuit s'en va
La vie mode d'emploi
C'est un homme qui part
    Nicolas Perec

Patrick Flandrin

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Chanson pour Nicolas

Refrain
        (...) Fête ta date ! Ta date te fête !
        Fête ta date, ta date te fête !
        Fête ta date !        (...)

1er couplet
        (...) Te fêter !
        Viva l'âge, régal à vivre ! Te fêter !
        Viva l'âge, régal à vivre !
        Te fêter !        (...)

2e couplet
        Grisé de désir, grisé de désir,        (...)
        de rire, de rire,        (...)
        Grisé de désir,        (...)

3e couplet
        Un an, un an, un an,        (...)
        Rêves ? Répète, persévère !        (...)
        Un an, un an, un an,        (...)

4e couplet
        L'âge égal à liesse !
        Il a l'âge égal à liesse,
        Il a l'âge égal à liesse,        (...)

5e couplet
        Ce décret, ici : le féliciter !        (...)

        Servi,
        va et se régale
        de l'âge resté à vivre !        (...)

Refrain
        (...) Fête ta date, ta date te fête !
        Fête ta date, ta date te fête !
        Fête ta date !        (...)

        (ad lib.)

Stéphane Susana


Énigme

UNE CARTE DU CONTINENT EUROPÉEN.
LES TERRES REPRÉSENTÉES S’ÉTENDENT
DE LA POINTE DE LA BRETAGNE JUSQU’À
163 KM AU NORD DU CERCLE POLAIRE
ARCTIQUE. À L’AIDE D’UN MARQUEUR,
QUELQU’UN A

NOIRCI ORLÉANS IGARKA DNIEPR

Jacques Perry-Salkow

Écouter cette énigme


Quand Graner est cinquantenaire

Woody Allen fête également son anniversaire le premier décembre.
Anagrammes d'une citation : L'éternité c'est long, surtout vers la fin.

Vingt et trente, Nicolas, l'essor, le futur !

L'illustre Graner, ce fiston est venu tôt !

Basile Morin

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El (casi) Desabonado

Je suis le Très-Nerveux, – le Neuf, – l'Incarcéré,
Petit newbie morveux chez oulipo-listiers,
M'étant aventuré dans ce quatramaran,
Ne pouvant endurer ce lieu pas très marrant,
Me sentant tout à coup entouré de cinglés
Dans un asile@fous dont j'ai perdu la clé,
Prisonnier malgré lui d'une ivoirine tour
Que je rêve abolie ! Je crie donc : Au secours !
QUI ME DÉSINSCRIRA ? QUI M'UNSUBSCRIBERA ?

Mais ne voilà-t-il pas qu'un certain Nicolas
La réponse m'apporte, apaisant mon émoi :
« Ma seule toile importe : Désabonnez-moi. »
Que cent fois soit loué ce bon samaritain !
Liberté renouée ? Ce n'est pas si certain :
Frappé de rigolance en lisant cette page,
Je donne une autre chance audit aréopage.
Avec ces boniments m'étant réconcilié,
N'ai mon abonnement toujours pas résilié.

Dans la nuit d'oulipo, Toi qui m'as consolé,
Me tournant comme un gant avec tant de bonheur,
Tu trahis ton chapeau, pseudo-désabonneur.

                                    Gérard d'Énerval

Jean Fontaine

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Beau présent

La raison en crise :
si son règne régalien régresse en régence, réagis !


Nico l'as salace classe Éros en essor :
Icône il crée la noce, organise l'orgie,
Câline à l'occasion son organe à l'encan,
Orne ses annonces, ressasse son aria.
L'Escorial l'a cloné, en gorge son loisir,
À sa gloire le ciel a regarni son rang.

Silence si l'as, ici sali, sec ne lis !

Gagne l'océan gris, néglige l'agora,
Renonce à la raison, résilie son conseil,
Anar ancien ! Ce son crie l'agile allegro,
Nécessaire larcin à l'ego sans accroc.
Écris les gras alcools, ignore l'alcali !
Rogne là ce langage, agrège à l'or son grain.

Alain Hupé

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Anaphones

Le Nobel de chimie
De l'an 87
Ira chercher son prix
Pas en bateau, en jet
    Cargo ? N'ira Lehn

À Kinshasa c'est sûr
On combat les chaussures
    Kin : arène à grolles

Un lapin tu avais cru voir ?
J'ai vu moi un perroquet noir.
    Conil ? Ara nègre !

Sa maigreur n'a d'égal
Que son amour d'autrui
    N'a gras ni colère

Ce boulanger rural est probe
Mais sa galette a des microbes
    Nan agraire : coli*

Un baron
De la drogue
Au Japon
Lit l'églogue
    Narco lit renga

Après avoir guillotiné
Le bourreau Sanson s'écriait
« Où donc est passée la caboche ? »
Pourtant la réponse est fastoche
    Nigaud ! Là, crâne erre

C'était une terre émergée
Convoitée par nos ennemis
L'affrontement n'a pas duré
Plus d'une minute et demi
    Nano-guerre car île

De Blake et Mortimer l'ennemi tant honni
Serra le frein à main de son Austin Mini
    Olrik gara naine

Lorsque la flèche hardie troua son intestin
Le cervidé blessé rencontra son destin
    Renne, arc : l'agonie

Après avoir tourné Good Sam
Sheridan et Cooper œuvrèrent
En biologie moléculaire
Jusqu'à y perdre leurs deux âmes
    Gary, Ann clonèrent

Ce bracelet en PVC
Venant des canalisations
Vous protège des AVC
En régulant votre tension
    Anneau gris cale nerfs

Ce distingué botaniste
Sous son chapeau cache un kyste
On le dit séminifère
Il répond : c'est mon affaire !
    Il a graine au crâne

On pense à tort que Kudelski
Inventa ce magnéto-là
Mais ce n'est pas lui. Alors qui ?
Un acteur nommé Ventura
    Lino crée Nagra

Claire a enfin rangé
Son infâme ongulé
    Claire gare âne honni

Martin Granger


* Escherichia

Écouter ce texte


Le jeu des différences

Ces deux scènes semblent identiques mais quelques détails subtils les différencient. Sauriez-vous les trouver ?

Nicolas
Mer d'Italie est posée sur un la
car Nicolas chante Labrunie.
Carla
Mère d'Italie posée sur un nid,
Carla Bruni chante Nicolas.

Michel Clavel

Écouter la description de ce jeu


Nicolas

Consonnes quatre et voyell's trois je suis fana de Nicolas,
Pas de tréma dans ce nom-là comme dans Dalaï Lama,
Et Nicolas est un vrai roi voilà pourquoi j'ai fait ce choix,
Si tu es d'ac chante avec moi, sinon cass'-toi pauvre bêta.

Il n'en a pas l'air comme ça, mais c'est un as du radada,
Consonnes quatre et voyell's trois je suis la proie de Nicolas,
Du bout des doigts de son regard il me fait voir cent mille éclats,
Je vous dis pas ce qui se pass' quand il étal' le grand gala.

Je n'atteins l'acmé de ma joie que lorsque j'ois sa tendre voix,
Quand Nicolas me dit « Carla c'est plus sympa que Cécilia,
Consonnes trois et puis deux A ça ressemble à du Pierr' Benoit,
Je crois qu'on appell' ça pangramm' pardonne-moi si c'est pas ça. »

Lorsque je pars fair' mes achats c'est sans tracas au Nicolas,
Je prends un pack de juliénas, et deux ou trois rutabagas,
Chaque repas est un régal tant qu'il le partage avec moi,
Consonnes quatre et voyell's trois je suis gaga de Nicolas...

Rémi Schulz


Adaptation de la chanson Raphaël de Carla Bruni, avec saturation de rimes en -a au lieu de -el.

Écouter ce poème de Rémi Schulz chanté par Alain Hupé


La constante de Granerval

En 1854, le poète Gérard de Nerval publia, un an avant sa mort, un recueil de sonnets (Les Chimères) dont le plus connu s'intitule El Desdichado.
C'est sur la suggestion de son ami d'enfance, son cadet de trois ans, le mathématicien Égaliste Varois, que Nerval décida d'utiliser, pour ce qui serait une sorte de testament, un procédé littéraire original : s'appuyer sur des propriétés combinatoires de la mathématique, pour nourrir sa création.
C'est ainsi que son ami lui indiqua un nombre entier particulier, qui serait propre à la composition de poèmes abscons, à mi-chemin entre le spiritualisme éthéré, l'écriture automatique et le délire mystique.
La formule utilisée par Nerval est appelée constante de Granerval, d'après le nom de l'érudit d'origine batave Nicholæ Granerius, qui l'a révélée et en a étudié les nombreuses propriétés, à la fin du XXe siècle.

La constante de Granerval
C'est un nombre entier, comportant 133 chiffres, sur lequel Gérard de Nerval s'est appuyé, pour accorder la longueur de chaque mot de son poème, avec les chiffres successifs de la constante1. Si l'on isole du corps du texte le titre et la signature, la constante peut s'écrire ainsi :

      20
      2429 2419 2619 1246 2563 5234 9526 4220
      4242 7331 2753 2022 3162 5384 1356 2272
      2612 4154 2527 8253 5355 2622 5124 4262
      4262 1244 9817 8414 3241 6372 2623 4223
                                          626

Plus classiquement, le nombre entier s'écrit en tranches de 3 chiffres :
2 024 292 419 261 912 462 563 523 495 264 220 424 273 312 753 202 231 625 384 135 622 722 612 415 425 278 253 535 526 225 124 426 242 621 244 981 784 143 241 637 226 234 223 626

Divisibilité
La constante de Granerval est divisible par 2, par 3 et par 19 ; mais par aucun autre nombre premier inférieur2 à 50000. Au-delà de 50000, la recherche de sa divisibilité n'a d'ailleurs aucun intérêt pratique. Il apparaît à l'évidence que ça ne nous mène à rien !

Flexibilité de la constante de Granerval
Dans son étude de la méthode créative adoptée par Gérard de Nerval, Nicholæ Granerius a aussi cherché à tester la flexibilité du modèle.
Il a pu établir que la constante de Granerval peut épouser des formes poétiques originales et inédites (jamais utilisées, d'ailleurs), comme en témoignent ces exemples.

202
4292419
261912462
563523495
2642204
242
  733  127
5320223
 1 6253841
356227226
 124154252
782535355
 262251244
2624262
 1 2449817
841
  432  163
472262
34223626
 
202        429
2419261
    9124625
6352349526422042427
3312753202231625384
135622722612415425
27825353552622512
442624262124498
17841432416
3722623
4223
62
6
2
02
4292
4192619
1246256352
34952642204242
733127532022316253
841356227226124154252
782535355262251244
26242621244981
7841432416
3722623
4223
62
6
 
2
02
4292
4192619
12462563523
495264220424273
31275320223162538
413562272261241542
527825353552622512
4426242
 6 2124498
17841
 432 41637
22
  623  42
23626

Permutations
Il est possible d'observer le vocabulaire adapté que Nerval a choisi pour son poème, où dominent les substantifs féminins : cela nous apprend peu de choses ; rien d'intéressant. Si l'on réalise, par ailleurs, un rangement des mots par ordre de longueur, on n'en apprend pas plus.
Toutefois, il faut reconnaître la puissance du procédé, car si l'on tient compte des doublons, les combinaisons possibles3 de cette liste de mots permettent de composer 2,6 × 10204 poèmes différents : on est bien au-delà de Cent mille milliards.
Voici, par exemple, ce qui pourrait sortir du tirage, si tous les mots étaient rangés par ordre de longueur dans chacun des vers de l'original.

El Desdichado

— l'Je le — le suis Veuf, Ténébreux, Inconsolé,
d'à Le la Tour Prince abolie : Aquitaine
Ma — et est mon luth seule morte, Étoile constellé
le de la noir Porte Soleil Mélancolie.

m'la du as Toi qui Dans nuit Tombeau, consolé,
d'le et la moi mer Rends-Italie, Pausilippe
à La qui mon tant cœur fleur désolé, plaisait
à s'Et la où le la Rose allie. Pampre treille

Je ou ou Suis-Amour Biron ? Phœbus ?... Lusignan
du de la Mon est front rouge encor Reine ; baiser
J'ai la ou la rêvé dans nage Grotte Sirène...

j'l' Et ai deux fois Achéron : traversé vainqueur
à d'la sur tour tour lyre Orphée Modulant
de la et de la Les les Fée. cris Sainte soupirs

                                    Gérard de Nerval

On a conscience que la méthode est flexible et efficace, puisqu'on obtient un autre poème, pas moins abscons que l'original !
Notons que, si la constante de Granerval admet la division par 6, elle ne nous est d'aucune utilité pour composer un haïku (17 pieds), une ballade (vers de 8 ou 10 pieds), un rondeau (formé de quatrains). Et, s'agissant de permutations, même une sextine serait hasardeuse ! D'ailleurs, la constante de Granerval n'est pas un nombre de Queneau4.

Gématrie granulaire de Graner : Granulérométrie
Pour aller plus loin dans ce commentaire, il nous faut aborder la notion de granulérométrie gématrique.
Nicholæ Granerius a poursuivi son étude en examinant la forme que prennent les segments de la constante (appelés granules) qui ont déterminé les hémistiches composés par Nerval. Et il a cherché à interpréter le sens caché du poème5 par une analyse de ces codes.

Interprétation des granules de Graner
On trouvera ci-après, pêle-mêle, quelques unes des nombreuses relations qui ont pu être établies entre le texte et l'expérience de Nerval.

1356    à mon cœur désolé
8414    Modulant tour à tour
Ici Nerval indique qu'en 1356, lors de la Construction d'une enceinte réunissant les différents bourgs de Tours, beaucoup de gens ont été déçus : ceux qui sont restés en dehors de ce périmètre de 8414 toises de longueur.

227226    Et la treille où le Pampre
234223    et les cris de la Fée6
Référence (selon Nerval) à l'année (av. JC) où le premier Homo Neanderthalensis7 a découvert les crises d'épilepsie et à l'année (6997 ans plus tôt) où il s'était endormi sous une vigne vierge, après avoir consommé du jus de raisin fermenté.
On sait aujourd'hui que le bienfait du jus de la treille avait été attesté depuis longtemps par Noé et que l'épilepsie avait été diagnostiquée chez 'Nès' (Nicolas Ergaster Sarkozy) bien plus tôt.
On entend même dire souvent, au bistro : C'est 'Nès' qu'a fait sa crise.

42427    Dans la nuit du Tombeau
42527    Suis-je Amour ou Phœbus ?
Communes de la Loire disparues. Ces deux communes, où étaient nés les parents de Nerval, on fusionné avec St-Étienne après la Révolution de 1848, car on prévoyait déjà d'y installer la Manufacture d'Armes et Cycles qui devait être sise au chef-lieu.

33127    Toi qui m'as consolé
5320    Rends-moi le Pausilippe
53-20 = c'est le braquet utilisé par le poète lors de ses randonnées en vélo dans la région de Naples. Il permet de rouler (à 100 T/min) à 33,127 km/h, valeur qu'on retrouve dans la formation du vers précédent, où il évoque une crevaison qui l'avait tant affecté.

1246    à la Tour abolie :
825     Lusignan ou Biron ?
1246 : Mort de Raoul de Lusignan8, comte de Guînes.
825 : c'est l'année clé de la Bataille d'Ellendune près de Wroughton qui marque la fin de la suprématie de la Mercie sur l'Heptarchie : Egbert de Wessex est victorieux de Beornwulf de Mercie. Il renverse Baldred, roi du Kent, et soumet son royaume.
Personne n'a pu déterminer pour quelle raison Nerval y fait référence9. Sauf, peut-être, pour évoquer la naissance, cette année-là, de Louis II dit le Jeune, dont le père Lothaire avait « soufflé » l'Empire d'Occident à Pépin, qui fut désigné Roi d'Aquitaine en 817 (et non Prince, comme indiqué au début par erreur !).

817    traversé l'Achéron :
Achéron : étrange confusion, sans doute, de la part de Nerval avec Arcachon, en Aquitaine.
On notera aussi que Lothaire, qui a régné sur Pavie, avait un caractère de cochon : d'où, peut-être, l'allusion ci-après à « l'amer d'Italie » (mais cela reste à confirmer).

22316    et la mer d'Italie
22316 : on comprend mal pourquoi Nerval fait référence au matricule d'une locomotive qui ne sera créée qu'au XXIe siècle ; mystère.

26225    du baiser de la Reine
26 février 1825 : le vice-roi d'Egypte, Méhémet Ali, appelé à l'aide par le Sultan contre les Grecs en révolte, envahit le Péloponnèse et reçoit en récompense plusieurs territoires, ainsi qu'un sourire, appuyé d'un geste encourageant de la part de la Sultane.
La vidéo de cet événement compromettant, qui avait incité Nerval à entreprendre, à 34 ans (1842), un voyage en Orient10, a été censurée par le Sultanat, sur Internet.

Vierge aux rochers 124426    J'ai rêvé dans la Grotte
124426 est le code postal d'un village, Rurki près de Rohtak (Haryana, Inde), où Nerval s'est rendu lors du même voyage en Orient11. De nos jours l'endroit est le siège d'une centrale thermique, desservie par la route nationale 14 et la grotte sert de dépôt de déchets.

2349    et mon luth constellé
Une référence au dessin piqué du Codex Vallardi (La Vierge aux rochers), que Nerval avait remarqué lors d'un voyage en Italie. L'allusion fit forte impression, puisque ce numéro d'inventaire 2349 fut adopté lorsque le Louvre en fit l'acquisition, un an après la mort de Nerval.

2619    Le Prince d'Aquitaine
Il s'agit d'une autre référence historique : la découverte, près de Marseille, d'une ancienne monnaie gauloise représentant un prince d'Aquitaine, actuellement conservée à Péronne près d'Amiens (numéro d'inventaire 2619).

Monnaie gauloise

12415    à la Rose s'allie
12 avril 1815 : au retour de l'école, passant devant les Tuileries, Nerval croise Napoléon, revenu de l'Île d'Elbe trois semaines plus tôt.

25635    Ma seule Étoile est morte
25 juin 1835 : Nerval évoque le suicide, à l'âge de 64 ans, du peintre Antoine Gros, son ami et mentor, anéanti par le mauvais accueil réservé au Salon à sa toile Hercule et Diomède12.

2426    où nage la Sirène
2419    le Veuf l'Inconsolé
Égypte : Ve dynastie ; règne du Roi Chepseskarê (2426-2419).
Référence à un grand souverain (dont Nerval étudia le règne), qui ne se remit jamais de la noyade de sa jeune épouse. Avec son père Néférirkarê, ils souhaitaient rompre avec la tradition de leurs prédécesseurs (Djoser, Snéfrou, Khéops) et auraient voulu construire des pyramides à base ronde, mais ils ne pouvaient pas les appeler tronc de cône, en raison de la contrepèterie.

220    de la Mélancolie
Année 220 : c'est cette année-là, 1730 ans, jour pour jour, avant la naissance de l'auteur du présent mémoire, que Cao Pi, en Chine, détrône Xiandi, dernier empereur des Han et fonde la dynastie Wei.

26011855    (code introuvable)
                    Si demain Yanluowang m'a transmué, viens : geins !
Si Gérard de Nerval n'a pas composé cet alexandrin ce n'est pas une question d'assonance.
C'est qu'il ne voulait pas que l'on pût décoder la date de sa mort.

Guy Deflaux


1 Dans ce lien entre les mots et les chiffres, un zéro appelle dix lettres. Le poème ne pouvait inclure le mot émerveillement, sauf en acrostiche.
2 C'est-à-dire, les premiers 5222 nombres premiers.
3 Par exemple en écrivant chacun de ces mots sur un jeu de bristols, qu'on mélange soigneusement avant de les lire, un à un, à la volée...
4 Jusqu'à preuve du contraire.
5 Puisqu'il faut bien admettre que son sens révélé manque de clarté.
6 Contrepèterie approximative pour « et l'effet de la crise ».
7 Dont les premiers fossiles furent mis au jour quand Nerval avait 22 ans.
8 Ne pas confondre avec la Maison de Lusignan qui est une dynastie noble poitevine originaire du Limousin, attestée depuis le Xe siècle et qui a donné des comtes de la Marche, comtes d'Angoulême, rois de Jérusalem puis de Chypre et d'Arménie.
9 Pas plus qu'à Armand-Louis de Gontaut Biron, d'ailleurs.
10 Voyage où il a connu l'une des favorites de Mehmet (amorphe) osée.
11 Ce fait est resté secret, car il n'a pas voulu le dire à son père ; pour ne pas qu'il s'inquiète, il avait dit qu'il partait pour Lorient.
12 À noter que Diomède décevra aussi beaucoup les amateurs anglais de football, entre 2000 et 2003, ne marquant aucun but en trois saisons avec Liverpool !

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Huitain

Rêve d'une mère gâtée,
Nu, rusé tel Astérix, il est né.
Présents en or, en argent.
Seul, en élu, est né Graner.
On est né, serpents !
Élixir et saleté
Sur une étagère,
Menu de ver.

Frédéric Schmitter


Huitain palindrome à rimes vagues, de gématrie 1618 avec section dorée approximative juste avant le mot or.

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Noms de domaines
.no .ms .de .do .ma .in .es

Il nous a fallu nous cacher, afin de compiler l'idéal cadeau.

Gef, réunissant dans l'ombre tes amis (la douzaine de littérateurs accomplis au sommaire) gagna notre estime en canalisant les folies de ses commères et compères. Sacré copain, il a osé. De main de maître, il a réussi là une adroite gageure.

Sur un petit forum peu visible, une messagerie, se précise un gros manuscrit. Bossant dans le secret du mail, récitant rimes, imaginant, classant, hésitant, nuançant, citant, omettant, tergiversant, jaugeant, persistant, comptant, optimisant, lisant, mimant, lustrant, plagiant les maîtres, enfin, nous sommes capables des récits les plus indémaillables.

Nos écrits à règles : ambigrammes, anagrammes, tautogrammes, vers combinatoires, vers sonores, langage cuit et cru, S plus sept, sator, etc.

À la fin, nos missives combinées, nous sommes tous prêts à signer la BLO massive (numéro huit plus huit). Succès ?

Notre élaboré cadeau... l'as-tu, malin, subodoré ?

*
* *

Soirée manigancée : à cet instant, c'est fête. C'est dîner d'ogres.

Il se gave de cacahuètes et d'olives à l'apéro. Pastis, Pringles. Des kilomètres d'hummus !

Au menu : foie gras, caviar, huîtres, ris de veau, couscous, coq à la vinasse, sanglier obèse, lapereau à la sauge, frites au tomato ketchup, faisan, cerf, jambon au miel, truite saumonée, salades.

Fromages : brie de Vire, bleu de Bresse, des causses, vache rieuse, salers, tomme, blanc crème, canut, gruyère.

Toast du sommelier : boire sans limite, sans regret. Du schnaps ! Champagne, cidre, bières, Guinness, rum, gin, kirsch, amaretto, grand marnier, cognac, chartreuse.

Et à la fin, boire un petit thé, café, cacao.

Cigare.

*
* *

Fin pompette, sans se rétamer, lisez à Nicolas G. :

« BLO maîtrisée ! BLO millimétrée ! BLO mécanisée ! mais BLO méritée !

Vive Nicolas, aimé, estimé et festoyé, au bel âge de Graner. »

Phil et E.S.

Écouter ce texte


.no .ms .de .do .ma .in .es .il .no .us .af .al .lu .no .us .ca
.ch .er .af .in .de .co .mp .il .er .li .de .al .ca .de .au .ge
.fr .eu .ni .ss .an .td .an .sl .om .br .et .es .am .is .la .do
.uz .ai .ne .de .li .tt .er .at .eu .rs .ac .co .mp .li .sa .us
.om .ma .ir .eg .ag .na .no .tr .ee .st .im .ee .nc .an .al .is
.an .tl .es .fo .li .es .de .se .sc .om .me .re .se .tc .om .pe
.re .ss .ac .re .co .pa .in .il .ao .se .de .ma .in .de .ma .it
.re .il .ar .eu .ss .il .au .ne .ad .ro .it .eg .ag .eu .re .su
.ru .np .et .it .fo .ru .mp .eu .vi .si .bl .eu .ne .me .ss .ag
.er .ie .se .pr .ec .is .eu .ng .ro .sm .an .us .cr .it .bo .ss
.an .td .an .sl .es .ec .re .td .um .ai .lr .ec .it .an .tr .im
.es .im .ag .in .an .tc .la .ss .an .th .es .it .an .tn .ua .nc
.an .tc .it .an .to .me .tt .an .tt .er .gi .ve .rs .an .tj .au
.ge .an .tp .er .si .st .an .tc .om .pt .an .to .pt .im .is .an
.tl .is .an .tm .im .an .tl .us .tr .an .tp .la .gi .an .tl .es
.ma .it .re .se .nf .in .no .us .so .mm .es .ca .pa .bl .es .de
.sr .ec .it .sl .es .pl .us .in .de .ma .il .la .bl .es .no .se
.cr .it .sa .re .gl .es .am .bi .gr .am .me .sa .na .gr .am .me
.st .au .to .gr .am .me .sv .er .sc .om .bi .na .to .ir .es .ve
.rs .so .no .re .sl .an .ga .ge .cu .it .et .cr .us .pl .us .se
.pt .sa .to .re .tc .al .af .in .no .sm .is .si .ve .sc .om .bi
.ne .es .no .us .so .mm .es .to .us .pr .et .sa .si .gn .er .la
.bl .om .as .si .ve .nu .me .ro .hu .it .pl .us .hu .it .su .cc
.es .no .tr .ee .la .bo .re .ca .de .au .la .st .um .al .in .su
.bo .do .re .so .ir .ee .ma .ni .ga .nc .ee .ac .et .in .st .an
.tc .es .tf .et .ec .es .td .in .er .do .gr .es .il .se .ga .ve
.de .ca .ca .hu .et .es .et .do .li .ve .sa .la .pe .ro .pa .st
.is .pr .in .gl .es .de .sk .il .om .et .re .sd .hu .mm .us .au
.me .nu .fo .ie .gr .as .ca .vi .ar .hu .it .re .sr .is .de .ve
.au .co .us .co .us .co .qa .la .vi .na .ss .es .an .gl .ie .ro
.be .se .la .pe .re .au .al .as .au .ge .fr .it .es .au .to .ma
.to .ke .tc .hu .pf .ai .sa .nc .er .fj .am .bo .na .um .ie .lt
.ru .it .es .au .mo .ne .es .al .ad .es .fr .om .ag .es .br .ie
.de .vi .re .bl .eu .de .br .es .se .de .sc .au .ss .es .va .ch
.er .ie .us .es .al .er .st .om .me .bl .an .cc .re .me .ca .nu
.tg .ru .ye .re .to .as .td .us .om .me .li .er .bo .ir .es .an
.sl .im .it .es .an .sr .eg .re .td .us .ch .na .ps .ch .am .pa
.gn .ec .id .re .bi .er .es .gu .in .ne .ss .ru .mg .in .ki .rs
.ch .ch .ar .tr .eu .se .gr .an .dm .ar .ni .er .co .gn .ac .am
.ar .et .to .et .al .af .in .bo .ir .eu .np .et .it .th .ec .af
.ec .ac .ao .ci .ga .re .fi .np .om .pe .tt .es .an .ss .er .et
.am .er .li .se .za .ni .co .la .sg .bl .om .ai .tr .is .ee .bl
.om .il .li .me .tr .ee .bl .om .ec .an .is .ee .ma .is .bl .om
.er .it .ee .vi .ve .ni .co .la .sa .im .ee .st .im .ee .tf .es
.to .ye .au .be .la .ge .de .gr .an .er .ph .il .et .es

(Cliquez sur l'image pour afficher une liste interactive de ces drapeaux)

Philippe Bruhat


Manuscrit trouvé dans une bouteille

    Il y a quelques jours, au cours d'une de mes promenades matinales au bord du Pacifique, j'aperçus une bouteille que les vagues faisaient rouler sur la grève. Je crus y distinguer un objet enfermé. Intrigué, je m'approchai. Effectivement il y avait dans la bouteille une feuille de papier enroulée sur elle-même. De mes doigts que la curiosité faisait trembler, je parvins néanmoins à extraire le cylindre humide et mou, que je déroulai lentement. Quelle ne fut pas ma surprise d'y découvrir la partition manuscrite d'une chanson. Malheureusement le document était en assez mauvais état, et je m'empressai de rentrer à la maison pour recopier ce que je pouvais et conserver l'original en lieu sûr. Je parvins à reproduire fidèlement huit mesures encore assez lisibles :

Partition

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

    Ni la mélodie ni les paroles n'évoquaient quoi que ce fût de connu. Du reste, le mélange des langues rendait le texte assez hermétique. Même le passage en français me rendait perplexe : qui était Qîn-Resh ? Et qui étaient ces mystérieux « salauds » ?
    Le début du texte, plus obscur encore, était écrit dans une forme de bas allemand ; il semblait y être question de gloire, de noblesse, de mort, et de repos, mais le sens exact de certains mots m'échappait. Quant à la musique, elle était tout aussi énigmatique. Chaque mesure durait trois noires (ou six croches), mais je ne pouvais pas déterminer facilement si c'était du 3/4 ou du 6/8. Était-ce tout simplement un mélange des deux, comme dans certaines musiques sud-américaines (ou par exemple dans le célèbre America de West Side Story) ? Pourtant le groupement fréquent des croches par trois et certains accents ajoutés me faisait plutôt pencher pour une mesure à 6/8 avec quelques syncopes, comme dans une gigue écossaise. En tout cas, quel assemblage déroutant !
    Je m'amusai à essayer de chanter ces quelques mesures, espérant peut-être y trouver un sens caché, rythmique, phonétique ou autre. Peine perdue.
    J'eus beau essayer plusieurs variantes, chanter une note sur deux, une mesure sur deux, etc. Rien n'y fit. Aucun message secret n'apparaissait. J'essayai même de l'enregistrer tel quel puis de me le repasser à l'envers, en me rappelant les supposés messages satanistes que certains groupes de heavy metal des années 70 cachaient dans leurs œuvres. Ce ne fut pas plus éclairant.
    Dommage !

Didier Bergeret


Information pour les non-Canadiens.

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L'essai naît Nicolas
– sélénet à l'icône –

Au clair trait de hune,
ça tourne du blé
très colère dune,
Saturne doublé.

Graner veut d'année
qu'un vrai maudit Bic
grave ère damnée,
crève un Moby Dick.

Quand sain capitaine
nommé Nicolas.
piqua cinquantaine,
qu'honnit Nemo las ?

Clairons de cothurne
– Rolland naît d'étroit –
toquèrent donc l'urne
ténor et l'endroit.

Robert Rapilly


Couples de vers anaphones.

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La douche froide

Léonin été fini ? Ha ! Beau Graner en argua ébahi : ni fête ni Noël !

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Un drôle de jeu

Ce mec... tu as été promu ? Ô ben non, à ce jeu Graner re-nargue : je canonne, boum ! Or pété ! Saut ! Ce mec !

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Alain Hupé


Improvisation sur le nom de Nicolas Graner

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Le thérémine est l'un des tout premiers instruments électroniques, inventé en 1920 par un physicien soviétique. C'est aussi le seul instrument dont on joue sans le toucher : deux antennes créent un champ dans lequel chaque geste de l'interprète affecte la justesse et l'intensité du son. Cet instrument fort difficile exige donc une gestuelle lente, mesurée et précise.

Thérémine

Le thérémine nous invite à repenser nos gestes : ainsi le présent enregistrement sonore fait-il entendre le nom de NICOLAS GRANER (en capitales) tracé, lettre par lettre, en l'air dans le champ du thérémine. (La lettre N commence, en trois « bâtons », à 1'16, et le S s'achève à 2'25 ; le G est donné à 4'08 et le dernier R à 4'32.)

La partie de piano est construite sur le nom de Nicolas Graner d'une façon plus traditionnelle, au moyen d'une correspondance note-lettre chromatique et non-octaviante :

Échelle de notes pour l'alphabet

Transcription du nom Nicolas Graner

Ces deux ensembles de notes fournissent aussi bien un motif mélodique, qu'une échelle modale ou harmonique, dont les possibilités sont ici explorées de diverses façons (d'abord sur NICOLAS, puis modulant sur GRANER, le motif NICOLAS étant ré-exposé en sens inverse à la toute fin).

Au thérémine, les tracés de lettres sont entrecoupés de phrases plus mélodiques qui, sur les mêmes modes que ceux donnés au piano, explorent la tessiture de l'instrument dans sa presque totalité. Le lyrisme élégiaque du thérémine fait opportunément oublier sa justesse approximative, et l'accompagnement grave, quasi-processionnel du piano, souligne la solennité due à la célébration du dédicataire. Sans large énergie, sans cris ni rires en coin, on égrènera illico ce lacis en sons égarés.

Valentin Villenave


Un enregistrement de haute qualité et davantage d'explications sont disponibles sur le site de l'auteur.


Mots croisés

Grille 8x8 de mots croisés

Horizontalement :

I.  Personnage de Monsieur Nicolas avec un certain caractère.
II.  Nicolas Graner pour les colistiers. – Perse dans la Disparition.
III.  Il y a eu Condorcet, Copernic et Gogol et puis il y a Graner.
IV.  De même dans la Disparition. – Notre ami colistier, familièrement.
V.  Mesure de capacités contestable. – Nicolas et ses amis colistiers l'ont été par les contraintes mais ils adorent ça.
VI.  Vert, blanc, bleu, rouge.
VII.  ... reste ici et se repose. – Que j'aime à faire apprendre un nombre utile aux Sages !
VIII.  Ce qui manque à ce pangramme : « Fou, j'ouvre à quai, au hoyau, ce wagon de ?? au look piteux. »

Verticalement :

1.  Un mot en filigrane : gagné à bord par la crise collective de vent.
2.  Nos sentiments sincères pour Nicolas Graner.
3.  La fin d'un coco qui commence un ricochet. – Animaux en cage, sans dessus dessous.
4.  Ceci n'est pas un mouvement littéraire !
5.  Un zéro de l'Antiquité. – Emballé, tout au moins au début.
6.  Mon 1er est gaulois, mon 2e se présente parfois en pelote, et mon tout est un ami colistier.
7.  L'envers vert et clément des déserts et des ergs secs : l'éden..., le bled des bergers berbères, herbe dense, menthe légère et, même !, gerbes de blé, l'hébergement de cheptel en effervescence : entendez le bêlement des chèvres ! – Normal et pourtant transcendant.
8.  Initiales d'un navigateur aujourd'hui abandonné. – Remettez-nous ça !

Françoise Guichard

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Solution de la charade à tiroirs

Mon premier est ni parce que niveau d'eau et que doryphore

Mon deuxième est col parce que colchiques dans les prés

Mon troisième est a parce que avocat et que camisole de force

Mon quatrième est gra parce que gravitation

Mon cinquième est ner parce que néroli

Mon tout est Nicolas Graner

Frédéric Schmitter

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Impératif catégorique

Je me souviens qu'un jour de juillet 2011 dans les jardins d'AZ, en réponse à l'exclamation « Je vais sans doute dire quelque chose de bête et méchant », Nicolas proposa : « Pourquoi pas quelque chose d'intelligent et de gentil, pour changer ? ».

Valérie Scigala

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Nico chez les quinquas

Cher oulala poteau,

Cinquante ardoises ! Ou plutôt HI HE ans en bibi-binaire, comme dirait Boby !
Et quel palmipède !
Tu caresses les chimères et les liponombres – à la perfection.
Brillant trouvère en lumière artificielle (cogniticien toi-même), tu taquines aussi bal-musette en gardant Pausilipe et Mère d'Italie.
Les soirs de spaghettis (avec ses pattes, Ali m'enterre), ton aviation nous pot-au-feu d'artifice.
Avec toi, c'est toujours la déglaciation !
Tu impressionnistes mes invisibles et ta gentille nièce fait mon abréviation.
Avec mes argentiers,
moyeu adversaire, neveu le plus sancerre, mon cher Quinoa Grammaire !

Sophe_i Vial

Sophie Vial

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(une vanité cauchemardée)

Songer à cri l'an?
Car là grisonne Nicolas Graner,
Crâne, glas, noir? Le gars cria
« Non, car l'an s'ignore, sonna
l'air grec, Nicolas Graner, ri-
ons car l'âge n'arg.......... »

Patrice Debry


Menu
(laconique)

pour manger
bif sans gras
et sans nerf

et pour boire
ni Coca
ni Cola

Alain Chevrier

Écouter ce menu


La marche de l'histoire, conte oriental
(ouliporimes)

Pour vendre ton macaroni
vert, à l'abri du siroco
sous sa tente tu t'enrôlas.
Content de soi, buvant un grog
le gras paillasse pérora
« Personn' ne peut me détrôner »

La relation s'envenima
tu tombais presque en coma
dans l'air chargé comme un plasma,
brûlant comme plac' Syntagma.
On attendait télérama
ce furent Nadia et Nerma*

qui criaient haut leur opinion
« Dégage, voleur, tycoon
avec ta lance et ton blason !
Dégage, sphinx, monstre, dragon
on n'a plus peur de Pharaon
de Nabucco, Nergal, Néron ! »

Annie Hupé


* Article parlant de Nadia et Nerma.

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NICOLAS GRANER

NICOLAS GRANER  NÉ L'ANGE SCANNER
IL EN A LA CLÉ  IL EN A LA CLASSE
CALÉ À L'ÉCRAN  CLONÉ EN SON CLAN
ONC IL S'ÉGARA  ONC IL N'ESSAIERA
L'ÉCOLO ÉCLAIR  LE CANON EN L'AIR
ALIGNÉ EN RANG  AGRESSER EN SLANG
SES ORS         SI SEC EN
        ÉGALÉS            ANGLAIS
GARE À L'AGORA  GRÂCE IL N'ÉCRIRA
REGAIN GÉNÉRAL  RIEN LORS ILLÉGAL
ASSAINIR L'ÉGO  ASSEOIR SANS LOGO
NI AGIR ESCROC  NI LIRE EN ACCROC
ENGAGER LE SOI  EN RÈGLE À SA LOI
RÉEL À L'ENCAN  RENGAINER LE CRAN


(beau présent, double auto-justification et quadruple acrostiche)

Guy Deflaux

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Le poisson-chat et la chauve-souris
(traduit du hongrois)

              Un jour, un poisson-chat
        Rencontra une chauve-souris.
          (Si c'était dans l'air ou sous l'eau,
            L'histoire ne le dit pas.)
Le poisson-chat s'adressa à la chauve-souris,
          Tout en se lissant les moustaches :
        « Chauve-souris, je vais te manger,
                Car tu es souris,
      Et toujours le chat mange la souris ! »
  Celle-ci, la tête en bas et les pieds en l'air,
                      Sourit,
Et lui répondit : « Poisson-chat, mange toi toi-même
            Car tu es aussi poisson,
      Et toujours le chat mange le poisson ! »
        À ces mots, le poisson-chat jura,
          Mais un peu tard, et cætera...

Alain Chevrier

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Nickel engrais, nard

[Bannissant toute obscure castration, cicatrice ou rugosité étouffante, l'Oulipo
magyar refuse de gripper les rouages du créateur. Seules nos chansons gaies
& fluides méritent attention, et c'est pourquoi nos calligrannes ornent un
kilogranne heureux : ce seizième volume de la Bibliothèque Liste-Oulipienne.]


Nos cools Hongrois narrent
Non que l'engreneur
Ne cale – aigre honneur –
Ni qu'il hongre un art

Nu, collègue Renoir
N'écoulant graines hors
Nos cales au Grand Nord
Nuit-khôl ou gris-noir,

Ni quel ogre honnir,
Ni que longue rainure,
Nœud coulant, grenure,
Ne collent – au gré nuire !

N'ois que langue réunir
Nos colliers, greens, airs,
Nos colis, Graner :
N'ois qu'allègre hennir !

Gef

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Inscription lapidaire

« Hennissez haut », héla Hesse, « j'ai Héra, haineux hères ! »

Explication : l'écrivain Hermann Hesse, s'estimant incompris (en bon nietzschéen suisse ex-sujet du Kaiser), s'adresse aux hommes pour leur dire qu'il les laisse braire, car lui, il possède la femme du roi des dieux !
Il nous paraît d'ailleurs alluder à son expérience des drogues1 bien plus qu'à sa quête mystique (ou de notoriété, qui lui valut le prix Nobel).
C'est ainsi que nous avons déchiffré le message plutôt parano et mégalo2 qu'il avait fait graver sur le fronton de sa dernière maison, la Casa Rossa, sur les hauteurs de Montagnola.
Son texte crypté était donné sous une forme lapidaire et pour ainsi dire en toutes lettres :

N — I — C — O — L — A — S — G — R — A — N — E — R

On ne peut le lire sans avoir l'impression d'ânonner.

Alain Chevrier

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1 Relisant le texte de Hermann Hesse, je me demande s'il ne témoigne pas d'une très forte imprégnation par le H, au moins initiale. (Note de l'hauteur).
2 C'est le thème de Le Je des perles de verres (cf. Perec, Les Revenentes).


Fred et les secrets révélés

« Célèbre bête de légende chez les Hellènes, Cerbère défend de ses dents, de ses têtes de serpents, l'entrée des Enfers. Cette entrée est en Grèce et permet de descendre en l'Érèbe, terre des spectres et des ténèbres éternelles. Thésée, Énée et Déméter pénétrèrent en ses cercles et tentèrent de se rendre vers le Léthé et ses berges. Repérez l'entrée des Enfers, prenez-en les termes, les lettres, et renversez-les. Démêlez les secrets enchevêtrés et celés en ce texte. »

Que vient faire Nicolas Graner dans cette petite histoire accessoirement monovocalique ? C'est simple.

La mythologie nous apprend que quand Orphée, inconsolable, décida d'aller chercher Eurydice au royaume d'Hadès, modulant tour à tour sur sa lyre les soupirs de la sainte et les cris de la fée, il se rendit à Ténare en Laconie, où se situe l'entrée des Enfers et descendit au Tartare dans l'espoir de la ramener.

Si l'on peut aisément deviner l'anacycle syllabique de Nicolas dans le nom Laconie, on aura peut-être plus difficilement reconnu en Ténare le chiffrement par l'algorithme ROT13 du nom Graner, et inversement.

      TÉNARE en LA/CO/NIE
      UFOBSF
      VGPCTG
      WHQDUH
      XIREVI
      YJSFWJ
      ZKTGXK
      ALUHYL
      BMVIZM
      CNWJAN
      DOXKBO
      EPYLCP
      FQZMDQ
      GRANER    NI/CO/LAS

On retrouve d'ailleurs dans la Bible ce que le mythe grec laisse entrevoir, puisque les initiales NG de Nicolas Graner, renversées, donnent GN = Géhenne. Et s'il fallait une preuve supplémentaire, on pourrait simplement vérifier que la prophétie suivante :

En deux mille douze, le premier décembre, Nicolas Graner aura cinquante ans.

accuse, comme on pouvait s'y attendre, une gématrie de 666.

Diable ! Satané Nicolas Graner !

Fré(mi)déric Sch(ulz)mitter

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Note de Rémi Schulz :
Primero de Diciembre : el día BLO.
Rémi rappelle aussi l'une des significations de l'« old Nicolas » de la 4e de couverture :
Nick or Old Nick is a well-known appellation of the Devil. The name appears to have been derived from the Dutch Nikken, the devil.


Shrek

L'ogre s'incarna

DreamWorks


El Desdigranerado

                                Je suis le TéNébreux, — le Veuf, — l'Inconsolé,
                                        Le prInce d'Aquitaine à la tour abolie :
    Ma seule étoile est morte, — et mon luth Constellé
                                            POrte le Soleil noir de la Mélancolie.
                                        Dans La nuit du tombeau, toi qui m'as consolé,
                               Rends-moi le PAusilippe et la mer d'Italie,
                            La fleur qui plaiSait tant à mon cœur désolé,
Et la treille où le pampre à la rose s'allie.
            Suis-je Amour ou Phébus ?... LusiGnan ou Biron ?
                                        Mon fRont est rouge encor du baiser de la reine ;
                                           J'Ai rêvé dans la grotte où nage la syrène...
                        Et j'ai deux fois vaiNqueur traversé l'Achéron :
              Modulant tour à tour sur la lyrE d'Orphée
                                    Les soupiRs de la sainte et les cris de la fée.

Alain Chevrier

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Contraintes : mésostiche (John Cage), lamellisation (Jack Vanarsky), et titre retouché.
NB : On ne peut retrouver le nom de Gérard de Nerval, ce qui montre bien qui est le vrai auteur du sonnet original.


Texte symétrique par réflexion d'axe vertical

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Basile Morin


Texte ambigramme invariant par réflexion d'axe vertical, utilisant une police réversible, avec les caractères symétriques 0, 1, A, E, H, I, M, N, O, T, U, V, Y, et miroir 2 ↔ 5, C ↔ D, F ↔ R, S ↔ Z.
En voici une transcription en texte brut :

1
DEC
02H50

UN MOT ANNOTE ETONNA TOM NU
« MACADAM »
EN EFFET NE FINIR EN TERRE NE
FINIR IN MACADAM NI FINIR
MAC, FINET ! NON ! TENIR, DAM
ANIMER UN DOC NU FEMINA
EVE, NAIVE A ETE A EVIAN, EVE
UN ETE A NOVY DUC YVON A ETE NU
« HA HA ! RIT-ON, NO-TIF ! AH AH ! »
FANA TED AVIVA CET ANAR
(UN NOIR A FION NU)
A NOYON A
02H50 TOT EN DEC NE TOT 02H50
ODIN : MON TIR ET ANNA TE FIT NOM : NICO
« NIEZ UN NOM, ODIN SEMEZ MON NOM SEMEZ NICO, MON NU SEIN »
ET A FUTUR CID FUTUR A TE
FETER ET, EN EFFET A TERRE NE, TE FETER

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Ce volume 16 de la Bibliothèque Liste-Oulipienne
comporte 1 exemplaire numéroté de 0x10 à 100002
réservé au dédicataire Nicolas Graner



Exemplaire no 222



© La liste oulipo et les auteurs


OULIPOTES

`A
old
Nicolas


BIBLIOTHÈQUE LISTE-OULIPIENNE
No 16


Valid XHTML 1.0 Transitional

Gilles Esposito-Farèse <gef@iap.fr>
Dernière modification : 30 novembre 2012