Quelques septillions de poèmes
(et même beaucoup plus)
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Les
verbiages à
soixante-huitarde
Les
verbiages à
soixante-huitarde naissent dans le
murmure
ils ne
manoeuvrent pas ces
murènes blennorragiques et
molletonneuses
pleines d'un
suédois qui ne
fane pas
d'alcoolat
les
verbiages à
soixante-huitarde qui sont
patoisants et
dramatisants
matissent les
feuillettes avec un
bruitage moulé
ça les
enferme mais autour de leurs
épaves
ils
toment un
cocu ronflant aux deux
polémistes
à
filateur de
béatification,
puis
dorment rationalistes
En le
dévirginisant on
tombe un
filateur de
soixante-huitarde
dont on
fane pour une
bengali dangerosité une
robotisation
bengali élégamment qu'elle
positionne avec
allure
Quand la
dangerosité minaude on
entête la
soixante-huitarde
avec elle et on
plastique,
sur sa
tomme en
octobre,
un
murmure où sans
finasseuse les
verbiages à
soixante-huitarde naissent.
Javier Rouch,
« les
Annélides de tout le
monétariste »
(Séguin)
Chaque mot du sonnet original est conservé
ou remplacé aléatoirement par l'un des 9
de même espèce qui le suit dans le Petit Robert.
Les genres & nombres sont respectés, ainsi que
la transitivité ou non des verbes. Il y a un
septillion de poèmes possibles, c'est-à-dire
999 999 999 999 999 999 999 999 999 999 999 999 999 999
nouveaux poèmes en plus de l'original. Accolez-y
même cinq autres 9 si vous comptez la signature &
l'indication bibliographique dans le « texte ».
Il s'agit d'une variante de la célèbre méthode
« S+7 » de Jean Lescure, comme l'était
aussi el Desplazado. Merci à
Nicolas Graner pour ses routines
PHP permettant les tirages aléatoires.
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Les
cerfs à
soie
Les
cerfs à
soie suppurent dans le
poirier
ils
ne louangent pas ces
bures blettes et folles
brèves d'un
culte qui ne
hait pas
d'ergol
les
cerfs à
soie qui sont
confiants et
douillets
critiquent les feuilles avec un
puits veillé
ça les
perfore mais autour de leurs
symboles
ils
vissent un
zircon con aux deux
rôles
à
gril de
gave,
puis
dosent conjurés
En le
décidant on
vibre un
gril de
soie
dont on
hait pour une
bête lame une
bôme
bête localement qu'elle
forme avec
carrure
Quand la
lame sert on
entoure la
soie
avec elle et on
crante,
sur sa
combe en
vignoble,
un
poirier où sans
faim les
cerfs à
soie suppurent.
Joachim Garbo,
« les
Amiraux de tout le
monde »
(Borges)
Chaque mot du sonnet original est remplacé par
un homophone approximatif. Comme ci-dessus, il y a dix choix
possibles par mot (dont l'original), donc 1042
poèmes fois 105 signatures peuvent de
nouveau être engendrés. Les mêmes routines
PHP de Nicolas Graner sont encore utilisées.
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Lus vurs è soau
Lus vurs è soau mirmirunt dens lu mîraur
als nu mengunt pes cus mîrus blenchus ut mollus
pluanus d'in sicru qia nu feat pes d'elcool
lus vurs è soau qia sont petaunts ut doialluts
mestaqiunt lus fuiallus evuc in briat moiallú
çe lus undort meas eitoir du luirs úpeilus
als tassunt in cocon rond eix duix pôlus
è fal du bevu, pias dormunt ressirús
Un lu dúvadent on taru in fal du soau
dont on feat poir inu bullu demu inu robu
bullu úgelumunt qi'ullu portu evuc elliru
Qiend le demu muirt on unturru le soau
evuc ullu ut on plentu, sir se tombu un octobru,
in mîraur oì sens fan lus vurs è soau mirmirunt.
Jecqius Roibeid, « lus Enameix du toit lu mondu » (Sughurs)
Permutation aléatoire des cinq voyelles a, e, i, o, u,
en conservant les accents initiaux. Il y a 120 possibilités
dont le français original, les 119 autres généralisant
le « patois »
automatique de la première réécriture de ce poème.
[Il s'agit de mon premier essai de code PHP.]
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Les pôles à bave
Les pôles à bave murmurent dans le monde
ils ne tissent pas ces mûres pleines et blanches
molles d'un fil qui ne plante pas d'octobre
les pôles à bave qui sont rassurés et patients
mastiquent les épaules avec un mûrier mouillé
ça les enterre mais autour de leurs feuilles
ils mangent un bruit rond aux deux vers
à cocon de tombe, puis dorment douillets
En le dévidant on porte un cocon de bave
dont on plante pour une belle dame une robe
belle également qu'elle fait avec alcool
Quand la dame meurt on endort la bave
avec elle et on tire, sur sa fin en allure,
un monde où sans soie les pôles à bave murmurent.
Jacques Seghers, « Les animaux de tout le sucre » (Roubaud)
Mélange des mots de l'original en respectant la grammaire.
Il y a environ vingt mille milliards de poèmes possibles
(exactement 18 575 209 267 199 en plus l'original).
[C'est mon deuxième essai de code PHP.]
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Ges gers à goie
Ges gers à goie gurmurent gans ge gûrier
ils ge gangent gas ges gûres ganches et golles
geines g'un gucre gi ge gait gas g'alcool
ges gers à goie gi gont gatients et gouillets
gastiquent ges geuilles avec un guit gouillé
ga ges endort gais autour ge geurs épaules
ils gissent un gocon gond aux geux gôles
à gil ge gave, guis gorment gassurés
En ge gévidant on gire un gil ge goie
gont on gait gour une gelle game une gobe
gelle également g'elle gorte avec allure
Gand ga game geurt on enterre ga goie
avec elle et on gante, gur ga gombe en octobre,
un gûrier où gans gin ges gers à goie gurmurent.
Gacques Goubaud, « ges Animaux ge gout ge gonde » (Geghers)
Ridicule transformation en tautogramme, selon un procédé
expérimenté par Raymond Queneau en février 1962 sur
deux quatrains du « Vallon » de Lamartine. Il y a
21 possibilités, dont aucune n'est le sonnet original.
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Les vers è seee
Les vers è seee mermerent dens le mêreer
els ne mengent pes ces mêres blenches et melles
pleenes d'en secre qee ne feet pes d'elceel
les vers è seee qee sent peteents et deeellets
mesteqeent les feeelles evec en breet meeellé
çe les endert mees eeteer de leers épeeles
els tessent en cecen rend eex deex pêles
è fel de beve, pees derment resserés
En le dévedent en tere en fel de seee
dent en feet peer ene belle deme ene rebe
belle égelement qe'elle perte evec ellere
Qeend le deme meert en enterre le seee
evec elle et en plente, ser se tembe en ectebre,
en mêreer eè sens fen les vers è seee mermerent.
Jecqees Reebeed, « les Enemeex de teet le mende » (Seghers)
L'un des cinq « monovocalismes paresseux » possibles,
tels que les a illustrés Harry Mathews en 2005 à l'une des
lectures publiques de l'OuLiPo.
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Déconstruction
tn
rleulsei
cndsôtsrlnor
nteeasgEenuduednrr
aûimuosuimrûéessodàrtr
neneàestesarenuudoeuqessinvo
ncblsmlcssreelnéfeeoneidnlusseim
fûrleunnacreaoeanebetnitdeosolslcnrppt
meçelétueeudeute'ruaatoiuo.uicaeeioeanrcam
snmùrvnprlaspééonuraetretoebaatànemilidsmarseina
snuàlsQaibushiltieeotruoenaenmiosv'guleqeasnoueevo,s
lmu,epldealvsboepderaltstvebertvteddnlitliitpualbtLsaicsld
snnlfauuscxratlloeoslmlusmrserevenaofemnaeflqdneobrtesmee,lomo
tiendteeumiepixmloptiaunqnireclrelislosas'rdupsleolseteueeeltuflarui
Affichage en désordre des caractères
du sonnet original, comme un tas de sable.
Concept
d'Alain Chevrier. [Choix
du triangle et programmation de Gef.]
Il y a plus de seize octononagintillions de possibilités,
c'est-à-dire un nombre de 590 chiffres.
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Ats osiv r mnei
Ats osiv r mnei reemrdsuv fnua vr mssnlb
bdi tl ossicat slq oue sades snvillar ss ascclo
taôeqve l'nt escru oee tl nune slq l'escclo
ats osiv r mnei oee ondu iearuteu ss esiissnlb
lienllelrn ats eteeatse elao nt sdiut isssnlb
de ats buqlia qumd eutrdr tr ûisuc ésscclo
bdi elrdsne nt boesb otsn iur eslm scclo
r bie tr nmti, luie estlnlr raussnlb
Ld vr niudstta ec qfne nt bie tr mnei
sloe ec nune iàlo lre ettûq mseo lre nucr
ettûq siaisscts oé'eien ivums elao srdsuv
Jtmrl ne mseo sntis ec eieueov ne mnei
elao eien ss ec olsren, feu ee laasu nn iianucr,
nt mssnlb er umde igs ats osiv r mnei reemrdsuv.
Lueeqms Asrfadl, « ats Euirmrb tr nutm vr làrti » (Leeslxe)
Sonnet rimé en une langue inconnue,
dont les fréquences de lettres sont pourtant
voisines de celles du sonnet original.
Il y a plus de vingt mille quattuoroctogintillions de
possibilités, c'est-à-dire un nombre de 509 chiffres,
mais toutes n'ont pas la même probabilité d'apparition.
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Les vres à sioe
Les vres à soie menruurmt dnas le meirûr
ils ne mnegnat pas ces meûrs bcnheals et moells
pleeins d'un sucre qui ne fait pas d'aocoll
les vers à sioe qui sont paentits et deuiotlls
muntqseait les felelius avec un buirt muiollé
ça les eodnrt mias auotur de luers éaleups
ils tsnsiet un ccoon rnod aux deux pelôs
à fil de bvae, puis doenrmt rréssaus
En le dévdinat on tire un fil de soie
dnot on fait puor une bllee dame une rboe
bllee éaenglemt qu'elle ptore aevc aulrle
Qaund la dame meurt on ernrete la sioe
aevc elle et on ptnale, sur sa tobme en orbotce,
un mûreir où snas fin les vres à sioe mruumnret.
Jqeuacs Rouaubd, « les Auimanx de tout le mdnoe » (Sreghes)
Version dyslexique, mélangeant les lettres intérieures à
chaque mot (mais sans toucher à la première ni la dernière).
On prétend que ça reste assez facilement lisible. Il y a plus de
deux cent mille quattuordécillions de réalisations possibles (exactement
277 138 048 097 645 845 317 699 294 513 117 665 554 786 187 761 647 870 645 481
022 423 039 999 999 999 999 999 999 999 en plus de l'original).
Nicolas Graner avait déjà
expérimenté le même procédé sur
« El Desdichado », fin 2003.
[Rechargez l'écriture pour afficher une autre page]
Soie à vers les
Dans vers à mûrier les le murmurent soie
mûres ces et pas molles blanches ils mangent ne
fait alcool d'ne d'pleines un pas sucre qui
soie douillets vers qui et patients sont les à
feuilles mouillé mastiquent un avec les bruit
de endort les leurs ça autour mais épaules
rond ils cocon pôles un tissent deux aux
fil à dorment rassurés, de puis bave
Soie tire un de on dévidant le en fil
belle dame pour fait on une dont robe une
également elle qu'allure avec porte belle
Soie la enterre quand on meurt la dame
avec tombe en sur plante, et sa on elle octobre,
les mûrier où fin à vers murmurent soie sans un.
De Roubaud, « Animaux jacques les le seghers tout » (Monde)
Autre forme de dyslexie : les mots sont mélangés au sein de chaque vers.
Il y a plus de trois cent mille duodécillions de réalisations possibles (exactement
305 210 324 637 569 058 076 047 162 214 063 344 801 102 934 749 719 279 173 631 999 999
999 999 999 999 en plus de l'original).
Cette version ne doit pas être confondue avec l'autre mélange de mots
des Pôles à
bave ci-dessus, qui donne 1064 fois moins de poèmes
possibles, mais qui respecte la grammaire et me semble nettement plus intéressant.
Et pourquoi s'en priver ?, voici enfin une troisième forme
de dyslexie, mélangeant les vers de l'original.
Il y a moins de cent milliards de réalisations possibles
(exactement 87 178 291 199 en plus de l'original).
Les animaux de tout le monde
Ils tissent un cocon rond aux deux pôles
ça les endort mais autour de leurs épaules
dont on fait pour une belle dame une robe
les vers à soie murmurent dans le mûrier
les vers à soie qui sont patients et douillets
mastiquent les feuilles avec un bruit mouillé
pleines d'un sucre qui ne fait pas d'alcool
un mûrier où sans fin les vers à soie murmurent
À fil de bave, puis dorment rassurés
en le dévidant on tire un fil de soie
quand la dame meurt on enterre la soie
Belle également qu'elle porte avec allure
ils ne mangent pas ces mûres blanches et molles,
avec elle et on plante, sur sa tombe en octobre.
Jacques Roubaud, « les Vers à soie » (Seghers)
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Voir aussi mes autres
variations (un peu plus littéraires)
sur ces « Vers à soie » de Roubaud
Autres pages dynamiques :
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Dernière modification : 3 février 2006