Gef's Contributions to the Oulipo Mailing List

[0. Classification of the constraints]
[1. Old oulipian page (90s)]
[2. Translation exercises (96-97)]
[3. Miscellaneous constraints (97)]
[4. Oulipian games & poetry (97-98)]
[5. Oulipoetic constraints (98-99)]
[6. Oulipoetry in 1999]
[7. Y2k texts]
[8. Grannets, tanka & Nerval]
[9. Poetry & symmetry (2000-01)]
[10. Sonnets et al. (2001-02)]
[11. Homophonies, anagrams, etc. (2003)]
[12. Combined constraints (2003-04)]
[13. Some original constraints (2004-06)]
[14. New literal constraints & pangrams (2006)]
[15. Holorhymes, pangrams, etc. (2006-08)]
[16. Polysemy & Pastior (2008)]
[17. Collective poems & vocalic sonnets (2008-09)]
[18. Lists & saturation (June-July 2009)]
[19. Anagram pairs, Loyd & Fournel (2009)]
[20. Rhymes, anagrams et al. (2010-11)]
[21. Cut-up, outlaw, Mathews, etc. (2011-12)]
[22. Complex rhymes, multi-lipograms & self-justification (2013)]
[23. Doublets, arithmonyms, alpharhymes, etc. (2014)]
[24. Homoconsonantisms et al., braids, anagrhymes (2015)]
[25. Anagrams, holorhymes, Morse, etc. (2016)]
[26. Rhythm & pangrams (2016)]
[27. Compositions, holorhymes and new constraints (2016-17)]
[28. Syllabic squares, vocalic sequences, music, etc. (2017)]
[29. Paradoxical constraints (2018)]
[30. Extensions of anancograms & other constraints (2018)]
[31. Express palindromes (2018)]
[32. Digrams, mesonyms et al. (2019)]
[33. Intervals, primes, n-grams & Queneau (2019)]
[34. Statistics and prime ASCII art (2020)]
[35. Extensions of HOGs & palindromes (2020)]
[36. Acrostics, rhythm and many other constraints (2020)]

37. Block designs, neo-gematria, paronyms & boundaries (2020)
[38. Metatogs, irrational sonnets, neo-sestinas, etc. (2021)]
[39. Prouhet-Thue-Morse, generalized sonnets and other forms (2021-22)]
[40. Architogs, polysympathy et al. (2022)]
[41. Paronyms, protehogs, dichotomy, etc. (2022)]
[42. Recent stuff (2022-23)]
[Appendix: Homages to a few oulipian friends]


For your first visit, I suggest this selection

31 octobre 2020

Paronymes initiaux
[accumulation de métagrammes ne différant que par leur première lettre]

El Destejado festejado
(Suis du gîte jeté, puis nu, vite fêté)

Hombre sombre je suis, — hoir noir et tendre gendre,
Prince qui grince pour sa tour, — seigneur geigneur :
Mon sort est mort en bistre, — un cistre va se fendre
Et me pendre en son ton couleur de la Douleur.

La nuit ne luit pour toi, roi de cendre : il faut rendre
Le fer et la mer claire ayant su plaire au pleur
D'une fleur, dose rose à ne me vendre, et tendre
L'oreille à treille ou vigne, ô digne soeur du coeur !

La reine en peine là me bécote et décote ;
Mon éon rouge bouge au baiser du kaiser,
Rage au mage qui nage et trotte dans la grotte.

Je peux deux fois, tu vois, me poser — peu loser —
Au limbe qu'un feu nimbe et qu'une lyre gyre
De mainte sainte aux gris iris en pire rire.

            (Gilles des villes âpres, d'après Serval de Nerval)

[Voir aussi cette version de 2022 contraignant même les mots-outils]


P.S. du 1/11/20 : Noël Bernard a proposé l'écriture de haïkus
employant de tels couples ou multiplets de paronymes initiaux.
En voici un de ma plume, intitulé « Assourdissant écho » :

Falaise balaise,
focalise vocalise,
sature nature !


6 novembre 2020

Desarguésiennes

Alexandrin respectant les règles définies par Michèle Audin sur le site de l'Oulipo, sur les dix
lettres ESARTINULO (les autres pouvant être employées autant qu'on le veut, ici très peu) :

Les dix lettres ESARTINULO placées sur la figure du théorème de Desargues

« Les sept ans ont joui d'art bleu », dira nul roi.

*

Mais pour correspondre à un cas générique du théorème de Desargues, il faut en fait
ajouter comme surcontrainte qu'aucune paire de ces dix lettres ne doit être utilisée dans
plus d'un mot. Voici deux pentasyllabes la respectant (inspirés par mes insomnies ;-),
toujours sur les dix lettres ESARTINULO :

Lai, fuir dans les mots !
Bien tard, luth rond joue.

*

Au lieu de triplets de lettres imposés dans dix mots, voici des triplets de mots
imposés dans dix vers. Les dix mots choisis sont volontairement polysémiques :

agonie, as, feu, fort, gueules, lie, nuit, sombre, tombe, tu
Chacun prend au moins deux significations distinctes dans le poème.

Les dix mots choisis placés sur la figure du théorème de Desargues

El Desagrado
(Le Désargenté)

Je suis fort sombre, — en deuil, — je tombe inconsolé,
As d'Aquitaine au fort abattu dans la lie,
À l'agonie — où nuit ce feu qui m'a brûlé.

En cette sombre nuit, refaisons chère lie :
Tu dans sa tombe, feu Biron m'a consolé
Du gueules d'agonie où la vigne se lie.

En ma tête agonie, as-tu mis ce pervers
Rêve qui passe à l'as quand la nuit reine tombe ?

Lors, vaincs le feu puis sombre aux gueules des Enfers :
Tu gueules fort ou geins des soupirs de colombe.


P.S. du 11/11/20 : neuf haïkus & une clausule constituant une (des)arguésienne de
vers [si polysémique que j'en donne aussi une traduction en prose entre crochets]

Dix vers différents placés sur la figure du théorème de Desargues

Il faudrait qu'il peigne
Les fils de la vierge beige,
Car il vit des vers.

[Il devrait démêler la laine qui vient d'être
tondue, car il y a découvert des larves.]


Comme nous allions
Canner mais avec du jonc,
Plurent nos dossiers.

[Le client fut satisfait lorsque nous entamâmes sans osier
ni rotin la vannerie de la partie verticale de ses chaises.]


Alors nous parions
Les coups qui durent hier,
Car il vit des vers.

[Mais quand il remarqua les asticots, il nous fallut
éviter la bastonnade qu'annonçait son maillet à pavés.]


Comme nous allions
Les fils de la vierge beige,
Je suis le pasteur.

[Puisque nous unissons les brins de cette laine (et les enfants
de la madone bronzée), j'accompagne le berger (et le prêtre).]


Il faudrait qu'il peigne.
Les coups qui durent, hier
Plurent. Nos dossiers !

[Ce dernier devrait peut-être se mettre à la peinture. Cela fait
en effet déjà vingt-quatre heures que le client continue à nous
frapper sans relâche. Protégeons nos archives !]


Je suis le pasteur.
Lui, fier, le dément l'infirme,
Car il vit des vers.

[C'est moi, le guide. Si ce dingue qui crâne dit que je mens,
c'est parce que tous ses revenus viennent de sa poésie.]


Plurent nos dossiers,
Les fils de la vierge beige ;
Alors nous parions.

[Mais nos documents publicitaires et nos pelotes de démonstration
finirent par séduire ce client, donc nous acceptons son défi.]


Comme nous allions
Lui fier le dément, l'infirme,
Il faudrait qu'il peigne.

[Au moment où nous voulions lui livrer à la fois l'invalide et le
fou du village, je répétai qu'il devrait se mettre à la peinture.]


Alors nous parions :
Canner mais avec du jonc !
Je suis le pasteur.

[Voici l'instant où nous nous engageons : mourir peut-être,
mais riches ! Faisons confiance au révérend.]


Les coups qui durent hier
Canner mais avec du jonc ?
Lui, fier, le dément l'infirme.

[Le lendemain, l'arrogant handicapé nie que ses partenaires
sexuels seraient morts en pleine prospérité.]


8 novembre 2020

Gématrie fréquentielle

Romain Vaissermann a proposé à la liste oulipo une variante de la gématrie,
dans laquelle la valeur d'une lettre est donnée par son nombre d'occurrences
dans l'énoncé en question. Il l'a illustrée par un excellent quatrain dont chaque
vers compte le même nombre de lettres et donne la même somme néo-gématrique
(qu'il a baptisée « isopséphie sui generis »). Nicolas Graner a immédiatement
traduit cette seconde contrainte sous une forme plus mathématique : la somme
des
carrés des nombres d'occurrences des lettres doit être constante.

Les deux poèmes ci-dessous respectent ces contraintes. Le premier est un
centon dont chaque vers compte 40 lettres et dont la somme des carrés de
leurs occurrences vaut 140. Certains auteurs y sont cités plusieurs fois,
mais jamais pour les mêmes poèmes.

Au bruit de l'eau qui va mouvant les herbes grêles,     [Charles-Marie Leconte de Lisle]
Vous verrez passer l'homme et le monde changeant.     [Charles-Marie Leconte de Lisle]
« J'apporte sur vos monts de sanglantes nouvelles :     [Alfred de Vigny]
Des troupes de corbeaux traversent le couchant,     [Charles Guérin]

Visages d'encre et d'or trouant l'ombre et la brume ;     [Émile Verhaeren]
De sentir dans mon coeur, aux rayons d'un beau jour,     [Alphonse de Lamartine]
Des fils puissants monter de ma pauvre amertume     [Charles Guérin]
D'un mouvement rythmique ; un bien sombre contour,     [Emile Nelligan]

Murs noircis par les ans ; coteaux, sentier rapide,     [Alphonse de Lamartine]
Les flots de la poussière ainsi qu'un lac limpide     [Alfred de Vigny]
Qui nourrit et fleurit les plantes par les corps... »     [Anna de Noailles]

Nulle autre voix que toi, voix d'en haut descendue     [Alphonse de Lamartine]
Dans tes plis d'or, tes bosquets roux, ta rive ardue,     [Alphonse Beauregard]
Et qui meurt sans bouger dans d'immenses efforts.     [Charles Baudelaire]

*

Le second sonnet est une micro-traduction du Desdichado de Nerval telle
que tous les vers aient le même nombre de lettres (33) et la même somme des
carrés de leurs occurrences (123) que le premier, conservé sans modification.
Au cinquième vers, le
nant est un torrent.

Desdichado (Dénuement) Gérard de Nerval

Je suis le ténébreux, — le veuf, — l'inconsolé,
Le prince d'Aquitaine à la plaine abolie :
A péri mon étoile, — et mon temps constellé
Porte un soleil pillé par la Mélancolie.

Au nocturne caveau, nant m'ayant consolé,
Rends-moi le piédestal et la mer d'Italie,
L'ana qui plaisait tant à mon tain désolé,
Et la chaîne où le pampre à la rose s'allie.

Suis-je Amour ou Sinus ?... Lusignan ou Biron ?
Ce front rougit encor du néné de la reine ;
J'ai rêvé dans la grange où nage la sirène...

Car vaisseau-amiral, j'ai passé l'Achéron :
Repérant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de l'amie ou les cris de la fée.


P.S. des 15 – 16 novembre 2020 :
Nicolas Graner a ensuite proposé quatre nouvelles variantes de la gématrie, que
j'ai expérimentées sur les deux refrains de la Chanson du mal-aimé d'Apollinaire.
Je reprends ci-dessous en italique les énoncés de Nicolas avant mes micro-traductions.
Mes conclusions sont que la première variante semble très douce, les deux suivantes
sont d'une dureté similaire à la gématrie habituelle mais nécessitent une grande
attention, et la quatrième est probablement la plus dure. Pour cette quatrième
variante, deux précisions doivent être apportées à l'énoncé de Nicolas. Tout d'abord,
il faut prendre les
valeurs absolues des différences entre les rangs alphabétiques des
lettres successives (sinon la somme du vers dépendrait seulement de sa première et
de sa dernière lettres). Ensuite, la valeur de la toute première lettre d'un vers peut
être choisie soit nulle (afin de ne compter que les intervalles entre lettres, comme
en janvier dernier
), soit égale à sa gématrie habituelle (A = 1, B = 2, C = 3, ...).
Les deux cas sont illustrés ci-dessous.


14 novembre 2020

Grannet d'après Aragon
[respectant l'alternance des rimes]

Quand tout prend la couleur uniforme du givre
À la fin février en ce temps s'achevant
L'un de nous dit Bonheur à chaque survivant
Quand tout prend la couleur uniforme du givre
Mourons sans haine en nous pour les gens du levant

Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Dans les fleurs le plaisir la lumière et le vent
Sois une mère heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
À la fin février en ce temps s'achevant

Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
La justice viendra plus tard en Erivan
L'un de nous dit Bonheur à chaque survivant
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Dans les fleurs le plaisir la lumière et le vent

Nous sommes vingt et trois que des fusils déchirent
Mourons sans haine en nous pour les gens du levant
Sois une mère heureuse et pense à moi souvent
Nous sommes vingt et trois que des fusils déchirent
La justice viendra plus tard en Erivan


19 novembre – 19 décembre 2020

Block designs
Dans un genre voisin des grannets & arguésiennes ci-dessus, le compositeur
Tom Johnson utilise depuis de nombreuses années les propriétés mathématiques
des block designs dans ses oeuvres. Les sept lettres AEIORST placées sur le graphe du plan de Fano L'un des plus simples, le plan de Fano noté
(7,3,1) et faisant un peu illuminati, est en couverture de cet ouvrage de référence.
Le danger serait qu'un tel ensemble de points se prétende maintenant poétique,
il y aurait de quoi se marrer :

Aïe, ore set osa art : toi, ris !

[Ou bien se sentant désormais dépassé, cet ensemble tenterait
une création aquatique :
ore out, set osa art sur eau.]


P.S. du 21/11/20 : point = quadrisyllabe ; ligne = alexandrin

Fanet

Ovni d'ombelle, ô belle
Enfant Fano Fanny,
Ma colombelle, ovni
D'ombelle, un vers t'appelle !

Plan de Fano avec ses sept points colorés Ma colombelle, on bêle
Envers Fano Fanny ;
On bêle envers mini
Baiser, ovni d'ombelle.

Ô belle enfant, un vers
T'appelle : on bêle envers
La belle enfant mini.

Baiser ma colombelle
Mini, baiser Fanny
Fano qu'un vers appelle.


Dix mots employant les six lettres ACESTU, reliés entre eux lorsqu'ils partagent exactement deux lettres

P.P.S. du 22/11/20 : illustration minimaliste du block design (6,3,2), sur les six
lettres ACESTU (les autres pouvant être employées autant qu'on le veut, ici
peu). Deux mots sont reliés par un trait s'ils partagent exactement deux lettres.






Dante éluda, coupa : « Chut ! Cite ces cas d'arts tous élus ! »






P.3S. du 24/11/20 : sonnet selon l'unique block design
(7,3,2) sans répétitions de triplets, dans l'ordre

210 216 516 560 / 460 634 314 310 / 503 523 632 / 415 245 042,
où chaque chiffre représente une syllabe phonétique.
Chacune apparaît exactement six fois dans le poème, et
chaque paire de syllabes apparaît dans exactement deux vers.

Schématique
chez Manet,
j'émanai
génétique.

Phonétique,
naître off au
trot, ma faux
traumatique !

J'ai tic : trop
j'esche être au
nez, trochée ;

faux mage et
chef au jais
tic fauché.


P.4S. du 29/11/20 : traduction d'un célèbre dizain de Mallarmé selon
le block design (6,3,2) appliqué aux six voyelles AEIOUY. Trois d'entre
elles sont interdites dans chaque vers, les trois autres obligatoires,
et deux vers ne peuvent se suivre que s'ils partagent deux voyelles.

Les six voyelles AEIOUY organisées selon le block design (6,3,2)

Soupir hyémal

Ma passion par ton front dont plaît, ô traits confiants,
La coda d'an offrant d'accorts ronds flamboyants,
Et vers le cyan errant de tes regards célestes
Se hausse, tel en un parc mû de spleens agrestes,
Un franc flux cristallin vagit jusqu'à l'Azur !
— Divin luth sibyllin qu'un sunlight gris si pur
En l'immense piscine y mire l'infinie
Somnolence et comprend, comme le vent renie
Toute verdure et creuse un roux fossé de plomb,
Qu'un jour blond s'y corrompt ou dort d'un cordon long.

                                                Aloysius Mallarmé


P.5S. du 30/11/20 : centon d'octosyllabes selon le block design (6,3,2)
appliqué aux six consonnes SRTNLC — les plus courantes du français.
Comme ci-dessus, les règles choisies sont que trois de ces consonnes
Les six consonnes SRTNLC organisées selon le block design (6,3,2) sont interdites dans chaque vers, les trois autres obligatoires, et deux
vers ne peuvent se suivre que s'ils partagent deux de ces six consonnes.
Deux vers proviennent du même poème, mais pas pour la même rime.

Gestes d'espoir ou de détresse     [Émile Verhaeren]
Dans un avenir infini !     [Alphonse de Lamartine]
Plein d'une angoisse de banni     [Sully Prudhomme]
Puisque ce bel oeil me délaisse,     [Siméon-Guillaume de La Roque]

Tout à coup détache des cieux     [Alphonse de Lamartine]
Comme d'un habit épineux     [Mathurin Régnier]
Ma peine qui n'a point d'égale !     [Flaminio de Birague]

De la joie et de la douleur,     [Mathurin Régnier]
L'orage déchire la voile.     [Victor Hugo]
Oh ! qui pourra fondre ce coeur ?     [Théophile Gautier]


P.6S. du 01/12/20 : sonnet d'après le graphe de Heawood, interprété comme
graphe d'incidence du plan de Fano (7,3,1) sur les sept lettres BCGHJPQ
— qui sont ni trop courantes ni trop rares. Les lettres obligatoires dans les
vers successifs sont

JQB + B + BPC + C / CGQ + Q + QHP + P / PJG + G + GBH / H + HCJ + J,
les quatre ou six autres (selon la parité du vers) étant interdites :
CGHP + CGHJPQ + GHJQ + BGHJPQ / BHJP + BCGHJP + BCGJ + BCGHJQ /
BCHQ + BCHJPQ + CJPQ / BCGJPQ + BGPQ + BCGHPQ.
Deux vers successifs ont une et une seule lettre en commun dans cet ensemble
BCGHJPQ choisi, et cette propriété est cyclique — c.-à-d. que le premier vers
pourrait suivre le dernier.

Graphe d'incidence du block design (7,3,1) sur les sept consonnes BCGHJPQ

El Destinado

Je suis le ténébreux, — le veuf, — le querellé,
L'altesse de Bordeaux à la tour abolie :
Périt ma bonne étoile, — et mon oud constellé
Montre le soleil noir de la Mélancolie.

Dans ta nuit de gisant, toi qui m'as consolé,
Rends San Ferdinando, quai de mer d'Italie,
L'hélianthe qui plut tant à mon sein désolé,
Et la treille où le pampre à la rose s'allie.

Suis-je Amour ou Soleil ?... Lusignan ou Piron ?
Mon front reste rougi du geste de la reine,
Haletant dans la grotte où baigne la sirène...

Et traversant huit fois le Styx en fanfaron,
Je chante tour à tour sur ma lyre étoffée
Des murmures de sainte et des jurons de fée.

                                                Évrard de Nerval


P.7S. du 02/12/20 : prose selon le block design (6,3,2) sur les six lettres
peu fréquentes BFGHQX. Comme ci-dessus, le graphe indique trois
lettres obligatoires dans les paragraphes successifs, les trois autres (parmi
BFGHQX) étant interdites, et deux paragraphes ne pouvant se suivre que
s'ils partagent deux de ces six lettres. Plusieurs chemins sont possibles.

Les six consonnes BFGHQX organisées selon le block design (6,3,2)
Bifurcations

1. La pièce à conviction était un manuscrit en désordre. Allait-elle révéler qui avait tendu cette gigantesque toile d'araignée sur toute la surface de la grand place ?

2. Ce pouvaient être de quelconques bandits voulant ralentir la police pendant qu'ils commettaient leurs forfaits ailleurs.

3. Piste classique, mais présentant l'habileté de spécialistes.

4. C'était la seule explication cohérente, conclut le détective. Il était cependant amusant de mentionner ses autres hypothèses, ne serait-ce que pour divertir l'assistance.

5. Ce pouvait être une réclame originale du cirque itinérant, dont le prospectus annonçait dix clowns trapézistes.

6. Ils avaient clairement tout organisé pour tomber avec extravagance.

7. Sable remplacé par de petites billes de caoutchouc beige.

8. Ce pouvait être un vrai arthropode géant, comme dans les films d'horreur.

9. Le réchauffement du climat avait par exemple ressuscité certaines espèces disparues depuis la préhistoire.

10. Mais non, le traffic n'aurait pas permis une telle élaboration même aux instants les plus calmes de la nuit.


P.8S. du 03/12/20 : traduction du même texte en choisissant cette fois
les six consonnes fréquentes SRTNLC dans le block design (6,3,2),
et dans le même ordre que pour ce centon du 30/11/20.

Les six consonnes SRTNLC organisées selon le block design (6,3,2)
Bifurcations

1. Où trouver des preuves parmi dix paragraphes d'ordre si mystérieux ? Qui avait pu poser au square de vastes réseaux de fibres adhésives ?

2. On y subodora de nouveaux brigands, à dessein de freiner argousins ou gendarmes quand une arnaque voire une agression va se produire en une zone perdue.

3. Plan banal mais qui signifie la finesse d'individus habiles.

4. Voilà la seule cause logique, jugea le flic. Mais il ébaucha aussi l'exposé de ses mauvaises idées. À chaque fois le public aime ça.

5.Admettez que ce soit du battage de pub atypique, dû au chapiteau de passage, qui affiche dix augustes au dessus du vide.

6. Tout avait évidemment été agencé afin que chaque chute épate cette audience au maximum.

7. Amphi inondé de mainte bille de moelleux latex beige.

8. Le fautif pouvait être quelque véritable arthropode de taille effroyable, à l'exemple de tel ou tel film d'horreur.

9. Parce que la chaleur du globe a déjà réveillé l'archaïque mygale de l'âge de pierre, qui arrive au calibre de la coudée voire au-delà.

10. Non, même au coucher du jour, un camion accède à ce carrefour chaque demi-heure, donc aucun ouvrage d'une envergure de ce genre ne pourra venir au monde.


P.9S. du 05/12/20 : sonnet selon l'unique block design (8,4,3) sans répétitions
de triplets, dans l'ordre

6017 4206 0536 2507 / 5137 7236 4136 4657 / 3245 6125 0132 / 0514 4712 7304,
où chaque chiffre représente une syllabe phonétique. Chacune apparaît exactement sept
fois dans le poème, et chaque paire de syllabes apparaît dans exactement trois vers.
Deux vers successifs partagent deux syllabes (le premier pouvant aussi suivre le dernier).

Le premier état d'un long poème en alexandrins dégageait une pâle fluorescence, mais
sa valeur s'éteignit. Comment l'appâter ? Une fois choisi, son emploi disparaîtrait, privé
d'inspiration comme un cri modulé. Apprécions le silence du cosmos lorsque nous apercevons
le rayon vert. Ce n'est pas avec du champagne provenant d'une cave que le gourou lunaire
célèbre notre communion, mais avec une piquette bue directement à la bouteille.

Lume, où nichaient
Cent vers mous, lut
Mouture : elle eut
Vertu mouchée.

T'unir eschée
Chez ver ? Élu,
S'en irait l'us
Sans luth : huchée.

Rai vert, sens-tu
L'univers tu ?
Moon y révère

Moût unissant,
Sans chai ni verre
Cher et moussant.


P.10S. du 06/12/20 : block design (8,4,3) de mots imposés, à savoir les huit
monosyllabes d'Apollinaire
Ô mon ombre en deuil de moi-même dans l'ordre
0123 0145 0167 0246 / 0257 0347 0356 4567 / 2367 2345 1357 / 1346 1256 1247,
c'est-à-dire l'ordre lexicographique pour les sept premiers vers, puis l'ordre
lexicographique inverse pour les sept derniers. Cela permet aussi simplement
que possible de conserver deux mêmes mots dans deux vers successifs (et la
règle est cyclique). J'ai de nouveau choisi le seul block design (8,4,3) sans
répétition de triplets. Comme surcontraintes, je n'ai même pas changé l'ordre
des mots imposés au sein de chaque vers, et j'ai interdit leur utilisation ailleurs,
donc chacun est employé exactement sept fois en tout.

El Designado

Ô mon âme dans l'ombre en sol inconsolé,
Ô mon deuil de la tour aquitaine abolie,
Ô mon feu, reviens-moi — même un luth constellé,
Ô misère, ombre un deuil pour moi : Mélancolie.

Ô l'ombre du tombeau qui de même a celé
Naples, ô coeur en deuil, même l'eau d'Italie,
Ô fleur en réconfort de ce moi désolé,
Romps le deuil de sarments que moi-même j'allie.

Suis-je une ombre ou Phébus ?... En moi-même Biron ?
Quel front roux s'ombre en deuil du baiser de la reine ?
Fais-je mon rêve en goût de la même sirène ?

Mon zèle en frein au deuil, moi je vaincs l'Achéron :
Mon chant d'ombre signé de moi moins que d'Orphée
Plaint mon ombre au saint puis le deuil même à la fée.

                                                                A. Pauli-Nerval


P.11S. du 10/12/20 : sonnet simultanément d'après les block designs (8,4,3)
[imposant 4 éléments par alexandrin] et (8,2,1) [imposant 2 éléments par
hémistiche], selon le schéma

    01 23 / 04 15 / 06 71 / 02 46
    50 27 / 07 34 / 30 56 / 54 76
    26 37 / 24 35 / 13 57
    41 36 / 61 25 / 21 47
qui reprend le même ordre cyclique qu'El Designado. Les huit chiffres
sont volontairement associés à de très petits mots :
ce de je le me ne se te.
Pour qu'ils se repèrent plus facilement, la voyelle E est interdite dans tous
les autres mots du poème (donc l'alternance est entre rimes consonantiques
et vocaliques).

Black void fury

Ce trou noir de Schwarzschild, je le conçois sans mal.
Dans ce champ, on me brait de ne fuir, maladroit :
Ce typhon se tord puis te rompt de loin, normal !
Ce champion, je conclus, me vaincra, ça se voit.

Ne maudis ce cosmos — je te sais lacrymal.
Ce sort te chagrinant me plaît car le sang-froid
Le bravant, ce chaos ne se croit optimal,
Ne me laminant ni te broyant, s'il se doit.

Je fais se radoucir le trac pour te mûrir.
Je me circonscrirai le puits où ne mourir
De faux pas si le flot ne te boit jusqu'au fond.

Me dis-tu de subir le hasard se pourvoir —
Se nourrir de passants ? Je ne vais pas pouvoir.
Je crains de choir : l'aimant me sort qu'il te confond.


P.12S. du 13/12/20 : sonnet d'alexandrins dont les 6×14 = 84 syllabes
de rangs impairs respectent le schéma de l'unique block design (7,3,4)
sans répétition de triplets, dans l'ordre

    012 013 / 014 015 / 035 023 / 024 026
    036 046 / 045 056 / 356 345 / 346 246
    245 234 / 235 256 / 156 146
    145 134 / 136 126 / 125 123
où chaque chiffre représente une syllabe phonétique
0 = cha, 1 = ran, 2 = mé, 3 = sur, 4 = na, 5 = ré, 6 = dé.
Chacune de ces syllabes apparaît dans exactement 12 hémistiches,
et chaque paire de ces syllabes dans exactement 4 hémistiches. Les
syllabes de rangs pairs sont libres mais différentes de ces sept-là.
L'ordre des blocs a été choisi de telle sorte qu'ils partagent deux
chiffres lorsqu'ils sont voisins (et la règle est cyclique, c.-à-d. que
le premier hémistiche pourrait suivre le dernier). Cela implique
des échos au sein de chaque alexandrin et entre vers successifs.

Déçu rend mèche à narrer

Chavirant de mépris, chasser angoisse urgente :
Chagrin rampant, n'approche, accourant par essaim !
Chacun sut rire, et touche à l'acmé rassurante :
Charmeur mécénat cherche à rimer à dessein.

Charge, absurde dépêche à menace démente !
Chaque navire ébauche à la craie un dessin
Sur la région des mers, sûr de nager, et vante
Surfin académisme, étonne : aède est sain.

Mais fana d'extrémisme et cassure anarchique,
Mélasse eut regretté méandre épidémique
Rencontré par dépit renflé, nacré d'effort.

Rançonnage rêveur, enfin survienne à l'heure
Rancissure déjà grande : méthode écoeure...
Renflammez le rhéteur ! — En sa méfiance, Ur dort.


P.13S. des 15 & 17/12/20 : illustration pédagogique du plan de Fano
(7,3,1) à l'aide d'un célèbre septuplet. On considère les sept propriétés
  1. contient un i
  2. contient un r
  3. compte sept lettres
  4. contient une consonne phonétique chuintante
  5. la dernière lettre est dans la première moitié de l'alphabet
  6. l'écart alphabétique entre les deux premières lettres ne dépasse pas 10
  7. contient un d ou un j
Chacune est commune à exactement trois nains (excluant donc les
quatre autres), et chaque nain a exactement trois de ces propriétés :

  • {3,4,5} pour Atchoum
  • {2,3,7} pour Dormeur
  • {1,2,4} pour Grincheux
  • {4,6,7} pour Joyeux
  • {2,5,6} pour Prof
  • {1,3,6} pour Simplet
  • {1,5,7} pour Timide
Deux propriétés quelconques définissent un unique nain, et
deux nains quelconques ont une seule propriété commune.

Je n'ai pas trouvé de propriété plus simple que la septième
pour définir le triplet formé de Dormeur, Joyeux et Timide (et
excluant les quatre autres). On pourrait à la rigueur proposer

        7. porte un vêtement bleu
car il semble que les bonnets de Dormeur et Timide étaient
décrits bleus (canard) par Disney, mais j'avoue les trouver
franchement verts sur la plupart des images disponibles
en ligne. Une variante de ma première définition, trouvée
en collaboration avec Jean Fontaine, pourrait être

        7. contient l'une des lettres extrêmes de Disney
N'hésitez pas à m'en envoyer de meilleures !

Sonnet dont chaque distique est engendré par un point de ce dessin :


Je ne suis pas bien grand mais pourtant radieux
Loin d'un Gesualdo dans son penchant morbide
Je ressens néanmoins un trac insidieux
Devant Dostoïevski Wilde ou l'Épiménide

Comment ne pas râler face à l'ingénieux
Schwinger et ses standard fluctuations du vide
On me sait allergique à cet harmonieux
Pepusch car j'éternue au Chant de l'invalide

Un assoupissement envahit mon humeur
Quand je lis Reverdy poète peu rimeur
Hélas je n'en comprends jamais la moindre strophe

Si Calvino m'inspire un silence complet
Je connais tout Horace et tout Ferré me plaît
Mais rien ne vaut Nerval cela me catastrophe
Les sept nains de Blanche-Neige organisés selon un plan de Fano

P.14S. du 19/12/20 : plan de Fano métrique en tierce-rime

        • sept strophes
        • sept mètres (de 1 à 7 syllabes)

        • trois mètres par strophe
        • chaque mètre dans trois strophes

        • deux strophes ont un seul mètre en commun
        • deux mètres sont ensemble dans une seule strophe

Moque
ce verset
loufoque

C'est
une fois encore
un pur corset

Son score
paraît irrégulier
mais revigore

L'atelier
d'écriture potentielle
n'oeuvre en geôlier

Il recèle
un fécond meccano
d'aide universelle

Piano
la terza rima fabrique
un plan de Fano

Brique
aux propriétés ad hoc
d'une règle algébrique


30 Novembre & 2 décembre 2020

Deux humbles hommages
Panscrabblogramme (les 102 jetons d'un jeu de Scrabble français,
avec entre parenthèses les deux jokers) pour fêter la consécration
de l'un de mes Oulipiens favoris :

Un magazine interviewe Hervé (L)e Tellie(r), prix Goncourt pour « l'Anomalie »
— mais je fuis ses us quand l'hebdo fêta Bayard et Stock !

Anagramme pour pleurer la disparition d'une grande artiste féministe (soeur
de l'écrivaine Marie Chaix et donc belle-soeur de l'oulipien Harry Mathews) :

Anne-Marie Thérèse Beugras dite Anne Sylvestre
Tristesse ! Enterrée, la grande humaine s'en va. Bye ! ;_;


P.S. du 31/07/21 : deux distiques holorimes
[répondant à ce sonnet de Robert Rapilly]

Vos Goncourt, est-ce Hervé  Le Tellier ? Joie où Ra
Vogue : on court ! et servez  le thé liégeois, hourra !

Quand l'anneau m'a lié,  râlant, j'ai lu cynique
Qu'en l'Anomalie est  Ra, l'angélus inique.


20 décembre 2020

Plan de Fano de mots-rimes imposés
[selon un ordre imitant deux propriétés de la terine (quenine d'ordre 3) :
les mots-rimes n'apparaissent jamais à la même position dans la strophe,
et le dernier mot-rime d'une strophe est le premier de la suivante —

123 / 345 / 562 / 274 / 416 / 637 / 751]

La surface plane
de l'univers où nous sommes
part à la dérive

Lorsque l'on dérive
la fonction qu'on note f’
sortent ses rayons

Cependant rayons
tout calcul du parchemin
soustractions et sommes

Au cours de mes sommes
j'ai rêvé de blancs fanaux
car la beauté prime

J'ai gagné la prime
une médiévale plane
pour mon parchemin

Ce vain parchemin
je le détache et dérive
puis l'offre aux fanaux

Et quand ces fanaux
lancent de tremblants rayons
ébloui je plane


28 décembre 2020

Protéofanet
[protéonet combinant sonnet d'alexandrins et plan de Fano
de mots imposés à la fin d'octosyllabes, dans le même ordre

123 / 345 / 562 / 274 / 416 / 637 / 751 que ci-dessus]

Ton luth choisit le ton  mineur de l'incompris
Si ta gaillarde a peu  de rythme, triste barde.
Attache fermement  ta barde à la camarde
Et ne souris aux gens  pour louer les péris !

Sur ton blason, les vers  péris de tes écrits
Font une livre en plombs  de corps 9 ou gaillarde.
Dorénavant tais-toi,  gaillarde arrière-garde
Au chant qui grêle autant  nos travaux de souris !

Nul repos ni plaisant  souris, car dans ce givre,
Un vieux mineur ne peut  vivre privé de livre :
Le silence jamais  ne livre aucun bonheur.

Sous ton front barde alors  une effroyable grêle,
Déchirant sans pitié  la grêle et frêle ombrelle
Où tu péris tout seul,  ô poète mineur.
Ton luth choisit le ton mineur
De l'incompris si ta gaillarde
A peu de rythme, triste barde.

Attache fermement ta barde
À la camarde et ne souris
Aux gens pour louer les péris !

Sur ton blason, les vers péris
De tes écrits font une livre
En plombs de corps 9 ou gaillarde.

Dorénavant tais-toi, gaillarde
Arrière-garde au chant qui grêle
Autant nos travaux de souris !

Nul repos ni plaisant souris
Car dans ce givre, un vieux mineur
Ne peut vivre privé de livre.

Le silence jamais ne livre
Aucun bonheur : sous ton front barde
Alors une effroyable grêle

Déchirant sans pitié la grêle
Et frêle ombrelle où tu péris
Tout seul, ô poète mineur.

31 décembre 2020

Bord de bord
[François Le Lionnais a défini la notion de bord d'un poème en p. 288
de la Littérature potentielle. Il m'a semblé intéressant de composer un
sonnet dont le bord fasse aussi sens indépendamment. Nicolas Graner
l'a immédiatement fait avec maestria. Ci-dessous, j'ai essayé une étape
supplémentaire. Comme la topologie nous apprend que le bord d'un
bord est nul, cela justifie le niveau de mon exercice 
;-).]

L'île à bordure emmure en la villa l'épure
Si
le chantre s'égare en rimaillant trop tard.
Ai-je espoir de trouver dans un miroir la cure
D'
encre qui va m'aider à parfaire mon art ?

Je n'aperçois au fond qu'un oeil sombre et je jure
À
ma muse un royaume où jamais nul ne part,
Que parmi les options, la pire n'est pas sûre :
Est-il écrit qu'on va me pendre à cette hart ?

De toute pièce en vers, le fruit des lettres jute
Au
front de Jean de Meung comme de Gontier Col,
Du plus obscur rhéteur à Charles VI le fol.

En tout état de cause, enfin voici la chute
Et
l'étrange épilogue immortalisé  :
Sa règle espiègle ourla ce livre où l'ivre alla.

*

Si on lit maintenant uniquement le bord de ce sonnet, affiché en gras
ci-dessus, on obtient un quatrain d'alexandrins à rimes plates :

L'île à bordure emmure en la villa l'épure.
Si tard ai cure d'art, je jure à part que sûre
Est
hart de jute au col du fol en chute, et ,
Sa règle espiègle ourla ce livre où l'ivre alla.

*

Lisons-en maintenant le propre bord, de nouveau en
gras ci-dessus. On obtient un sonnet de dissyllabes :

L'île à
Bordure
Emmure
En la

Villa :
L'épure
Si sûre
Est là.

Sa règle
Espiègle
Ourla

Ce livre
Où l'ivre
Alla.

[À un « l' » près, ce dernier sonnet reste inchangé lorsqu'on en lit le bord.]


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