Gef's Contributions to the Oulipo Mailing List

[A. Classification of the constraints]
[B. Old oulipian page (90s)]
[C. Translation exercises (96-97)]
[D. Miscellaneous constraints (97)]
[E. Oulipian games & poetry (97-98)]
[F. Oulipoetic constraints (98-99)]
[G. Oulipoetry in 1999]

H. Y2k texts
[I. Grannets, tanka & Nerval]
[J. Poetry & symmetry (2000-01)]
[K. Sonnets et al. (2001-02)]
[L. Homophonies, anagrams, etc. (2003)]
[M. Combined constraints (2003-04)]
[N. Some original constraints (2004-06)]
[O. New literal constraints & pangrams (2006)]
[P. Holorhymes, pangrams, etc. (2006-08)]
[Q. Polysemy & Pastior (2008)]
[R. Collective poems & vocalic sonnets (2008-09)]
[S. Lists & saturation (June-July 2009)]
[T. Anagram pairs, Loyd & Fournel (2009)]
[U. Rhymes, anagrams et al. (2010-11)]
[V. Cut-up, outlaw, Mathews, etc. (2011-12)]
[W. Complex rhymes, multi-lipograms & self-justification (2013)]
[X. Recent stuff (2014)]
[Z. Homages to a few oulipian friends]


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1er Février 2000

La construction de mots croisés lipogrammatiques ou monovocaliques n'a rien de neuf. J'en ai moi-même proposé quelques uns en 1997, et bien du monde m'avait précédé. Début 2000, Pascal Kaeser a relancé la mode en suggérant que les cases noires dessinent la lettre E interdite. Nicolas Graner a immédiatement relevé le défi en proposant la grille ci-dessous. Elle est reproduite ici avec l'autorisation de l'auteur.

[Grille proposée par Nicolas Graner]

Croisillon ayant 7 rangs horizontaux sur 6 d'aplomb; aucun noir n'y apparaît

(nos noirs n'y sont pas, à vous d'y pourvoir)

Horizontal :
1 - fruit tropical
3 - accord
4 - bruit d'un tambour
5 - tribu
7 - juras ou couronnas

Droit :
1 - lamas à poils longs
5 - animal japonais qui rit
6 - marais marins

Coins noirs
Solution


02/02/2000

Nicolas s'excusait de la simplicité de ses définitions, mais sa grille recelait une belle surprise (que je vous laisse découvrir). De plus, j'ai trouvé superbe son idée de ne pas indiquer la position des cases noires, et je me suis permis de l'imiter le lendemain. Cette fois, la grille et les définitions sont plus tordues (car j'espérais piéger le grand Nicolas, mais j'en étais loin !). Elle respecte encore les contraintes proposées par Pascal Kaeser : (1) mots et définitions lipogrammatiques en E; (2) cases noires dessinant la lettre E.

[Grille proposée par Gef]

Osons un truc plutôt dur (pour vous).
[Où sont donc nos tronçons obscurs ?]
Croisillon ayant IX rangs horizontaux sur 8 d'aplomb; aucun noir n'y apparaît
Horizontal :
   I. Rat
 III. C pur
      Jamais caduc
  IV. C toujours pur
      Joint au bout du fil
   V. S'il apparaît, la proposition suit
      Glorification d'antan
  VI. Initiation du yoga
      Rayons à foison pour un placard
 VII. Abus pour nous
      Il jouit du pouvoir
  IX. Abîmons-nous
      [Il y a ici au moins dix variations, dont
       « Maux d'animaux sans C », qui a l'air plus dur.]

D'aplomb :
   1. Corrompons
   2. Gros fils d'abaca tordus par trois
   4. Ouï au sud
      Pas tout d'un coup
   5. Oratorio japonais ?
      Fort connu
   6. Du fond à l'aplomb
   7. Ton jamais pour toi
   8. Haussons nos jupons
Coins noirs
Solution

07/02/2000

Comme annoncé plus haut, j'étais loin de piéger Nicolas Graner avec la grille précédente : il sut la résoudre en un temps record ! Je lui en ai donc concocté une autre bien plus perverse cinq jours plus tard... [Pour votre information, Nicolas a aussi pu la résoudre sans aucune aide !]

[Grille proposée par Gef]

Nicolas ayant produit trop tôt la solution du croisillon
d'il y a cinq jours, voilà un suivant plus dur quant aux
coins noirs mais d'un acabit fort voisin quant aux mots.
Nous gardons toujours la loi du bon Pascal, qui disait :

> - mots et définitions lipogrammatiques en E
> - cases noires dessinant la lettre E
Croisillon ayant X rangs horizontaux sur 9 d'aplomb; aucun noir n'y apparaît
Horizontal :
   I. Unît la souris au matou
  II. Diminutif d'humain, dit-on
      S'unit parfois à nos souris
 III. Hi-fi d'antan
  IV. Il y a plus d'un tour dans son nom
   V. Rognons
  VI. Tout à fait du sud
 VII. Applaudit
VIII. Sodiumisât
  IX. Animal à poil
      Moins qu'un nain
   X. On y voit maints savants sans prix

D'aplomb :
   1. Ayons l'air d'un gai chat
   2. Balai
      Bas son
   3. As
      Pro
   4. Jacuzzi, jazz cuit
      Machin sans nom
   5. Constituant du proton
      Mi-clos
   6. Point
      Non loin d'ici
   7. Cossus atours
      À la fin d'un combat
   8. Cri du baba
      Au cours d'un combat (slogan du sud)
      Hollandais aux bords du Nil
   9. Sol au goudron
Coins noirs
Solution

10/02/2000

Nicolas se vengea finalement en m'envoyant ce « complément à tes créations », que je reproduis ici avec encore l'autorisation de l'auteur. [Pour votre information, je n'ai pas été trop ridicule, car j'ai su la résoudre... avec l'aide de mon épouse Marina.]

[Grille proposée par Nicolas Graner]

Toujours sous la loi du bon Pascal, toujours aussi tordu :-)
Croisillon ayant X rangs horizontaux sur 8 d'aplomb; aucun noir n'y apparaît
De sénestre vers dextre :
   I accorda un jour par an
  II jouas au psy
 III immortalisa un savant connu pour sa vis sans fin
  IV impuissant à finir
   V simili-caviar cuit
  VI Armstrong y joua
 VII dix sacs *
VIII au fond d'un bois
  IX Springs où l'anglais fut battu
   X fis subir un sort qu'a connu Hiroshima

D'élevé en descente :
   1 amassa du pognon
   2 fît moins qu'humain
   3 vingt-trois uma
     court cours
     nom d'un homo *
   4 un fond d'alcool
     trois normaux, un plus long
     avant midi pour un anglais, plus tard pour un français
   5 pas dans Nancy mais autour
     mi-mimi
     court ou point
   6 bouts d'ichtyornis
     Nic *
     loup qui plaît aux cabots
   7 sans nom, mais non sans raison
     mis à mal par un ara *
   8 combat s'il voit son voisin suivant
     combat s'il voit son voisin d'avant

* conçu pour un gars qui a lu à fond "l'art du mot obscur à tiroirs"
par Luc (oui, l'ami Luc qui a aussi fait un album à la Du Barry).
Coins noirs
Solution

23 Février 2000

Bibliographie d'H. Vernier
(immense écrivain oulipien injustement oublié)

Oh ses clés !
Décalogue anthropocentrique du filou moldave
Qu'on me doit rhum !
Poitrail d'anis
L'attitude révolutionnaire du CPT est grave, débattait-il
Névés éternels
Beau bloc turquoise
Pèse pas ces décès !
Windsurf évolue en océan
Spath à blé
Jeunesse-vomi
Va, ô limpide modèle
Cosmos stériles
Beau Marc inattendu
Cruel alto
Lied des cristallins
Paramorphine celte
L'automne gitan
Vive l'hydre à ego

Nicolas Graner a lui-même découvert ces autres titres de Vernier

Si jeunes
Ses bulbes bêtes ne relaxent pas
L'été terni
Attends, tu nies être le puni, un impie avide ?
Les prés nacrés
La poix, instant cracra
Belle loi, oui

Et j'ai par la suite réussi à mettre la main sur ces autres ouvrages, comportant des textes plus courts, quelques traductions, des oeuvres radiophoniques, ou des romans moins connus voire inachevés

Amis de Chine
Fade magma envahissant, l'orchestre d'S. déplut    [VO: « Hot lot »]
Le karaté du gros fada dénudé
Rotons jusqu'à inciter
Léonard ira finir
Exo vu
Groenlandaises exténuantes en vue !
On leva 2, 3 ou 4 téléspectatrices sur les bras
Le mâle ringard pond
Duc, tu hydratas le kiwi
Want a ham ?
Bref lilliputien, pure pustule rapée en spermatozoïde microscopique !

Stéphane Susana s'est quant à lui procuré des extraits de « Va, ô limpide modèle », et s'est rendu
compte qu'il s'agit d'un emploi mêlé d'« A Void ». Si Adair est un honteux plagiaire de Vernier,
« La Disparition » de Perec serait-elle donc une bête traduction du grand Vernier ?

J'ai moi-même découvert que « L'automne gitan » (publié en 1864) contient une version plus élaborée de l'« Amant englouti » de Marguerite D., née pourtant 50 ans après la publication des ouvrages de Vernier...


23-25 Mai 2000

L'ensemble des textes de Perec
Nicolas Graner a envoyé le 23/05/00 sur la liste oulipo une traduction monovocalique en E de quatorze titres de Georges
Perec, demandant aux autres abonnés de compléter la liste. Patrick Flandrin a proposé le lendemain un quinzième titre, et
j'ai essayé le surlendemain de traduire les vingt-deux restants (qui n'étaient pas les plus simples, canaille de Nicolas ! ;-).
Je les reproduis ci-dessous en respectant l'ordre non-chronologique de la bibliographie d'H. Vernier qui précède, afin de
permettre des rapprochements instructifs. Les traductions de N.G. sont repérées par des (*), et celle de P.F. par un (**).

Les Vêtements et le Reste
Est-ce cette légère selle de fer vers le terme de cette venelle ? (*)
Le mec rêve (*)
L'Enlèvement (*)
En ce bref texte je présente les belles règles des échecs de l'Est (*)
Les spectres femelles (*)
Le centre de vente enténébré (*)
Espèces de repères (*)
W et les restes des temps précédents (*)
Lettres réglées    [ne méprenez ce texte et "L'Être ses règles" présenté chez N.G.]
Je me remets    [cf. "Je me remets de je me remets", de René Brewer]    (*)
L'Être ses règles (*)    [ne méprenez ce texte et "Lettres réglées" présenté chez Gef]
Les termes enchevêtrés (*)    [cf. cet exemple de Gef]
Le centre de l'expert en détrempes
L'enfermement, et des vers de même (*)
Légendes des gens entrés de l'Est
Le Relèvement
Errer en temps de gel (*)

J'entends être né
Présents d'esthètes. Excellentes pertes
Les temps pérennes
Recherche de terme envers cet entremêlement de venelles
Penser / Démêler (*)
Vedette de bêlements élevés L.
Les Sens en échec

L'être de fer    [en belge]
Les verts prés de sel relevé de ce désert de l'est
Cette terre serbe se renverse
Trente et trente fêtes, délestées de sept (**)
l'extrêmement répété    [l'extrêmement fréqent]
Serments
En trente et trente, cet événement : L.G.
243 lettres brèves et détrempes de scènes réelles
Le célèbre texte épelé de même de l'extrême terme vers l'entrée
Le xérès est le chef
Mec de rêve !    [cf. de même le « Belle espèce de mec ! » de Pétrèce Ceemen]
Entre cent trente et cent trente-sept ensembles de trente thrènes exempts de vers


9 Mars 2000

Sonnet oligophonique
« Pour exprimer notre mécontentement, observons une minute de grommellements. » [Sempé]

Que veut l'oeuvre de Zeus ? Que ce puzzle me leurre !
Receleur de bluffeurs, semeur de zeugmes creux,
Le choeur veule, meneur de ce peuple peureux,
Meugle de peu heureux neumes. Pleutre, je pleure.

Pleuve le fleuve bleu ! Le feu de Zeus demeure :
De l'heure le cutter heurte jeune le preux.
Preuve de ce coeur gueux, veneur jeteur de freux,
Zeus ne veut que ce jeu : que le peuple se meure.

Que ce bunker de coeur se meuble de leurs voeux,
Que se meuve le foehn, se feutrent leurs cheveux !
Seul je feule, je gueule; eux, vieux boeufs, se recueillent...

Je ne veux de ce trust de moeurs pieuses, ce Dieu
Creuseur de deuils, cueilleur de fleurs veuves, de feuilles,
Seuil de cieux repreneurs, pieuvre creveuse d'yeux !

Vocabulaire :
veule, pleutre = peu preux
preux = peu peureux
neumes = ancienne façon de noter les fioritures vocales en musique
gueux = misérable
veneur jeteur de freux = chasseur lanceur de corbeaux (ou de corneilles)
foehn = vent sec et chaud
feuler = crier comme un tigre


15 Mars 2000

Nombres de Queneau :
entiers n tels que la quenine (sextine généralisée) d'ordre n existe, i.e. tels que la permutation spirale de Queneau-Daniel
{1, 2, 3, ..., n} --> {n, 1, n-1, 2, n-2, 3, ...} soit d'ordre n.

Jacques Roubaud les étudie dans les fascicules 65 et 66 de la Bibliothèque Oulipienne (cinquième volume de la compilation), mais ses articles contiennent d'assez nombreuses coquilles. En particulier, il n'existe pas de quenine régulière d'ordre 141, contrairement à ce qu'indique son tableau. [Le premier vers ne peut parcourir qu'un tiers des positions possibles.]

Pour les poètes à la recherche de formes fixes de grande envergure, voici une liste des premiers nombres de Queneau, telle que la fournit en quelques secondes le p'tit programme C qui suit.
[Avec la plupart des compilateurs, le plus grand nombre de Queneau que ce programme peut obtenir est 4294967291. Il faudrait écrire plus de 18 milliards de milliards de vers pour composer une quenine de cet ordre. Certains compilateurs plus sophistiqués permettent d'aller au delà et de trouver 4294967310, 4294967315, 4294967325, 4294967331, etc.]
/* Nombres de Queneau */
/* Gef - 15 Mars 2000 */
/* Revu par Nicolas Graner le 16/03/00 */

#include    <stdio.h>
#define     NMAX    2001    /* <= 4294967294 */

main()
{
    unsigned long   i,n,q,v;

    n = 0;
    for (q = 1; q <= NMAX; q++)
      {
        for ( i = v = 1 ;
              i < q && (v = (v%2 ? q-v/2 : v/2)) != 1 ;
              i++ )
          ;
        if ( i == q )
          {
            printf("%7lu",q);
            n++;
            if (!(n%10))
                printf("   (%4lu)\n",n);
          }
      }
    printf("\n");
}
Liste des 320 premiers nombres de Queneau
(les nombres entre parenthèses comptent le total affiché jusque là)
      1      2      3      5      6      9     11     14     18     23   (  10)
     26     29     30     33     35     39     41     50     51     53   (  20)
     65     69     74     81     83     86     89     90     95     98   (  30)
     99    105    113    119    131    134    135    146    155    158   (  40)
    173    174    179    183    186    189    191    194    209    210   (  50)
    221    230    231    233    239    243    245    251    254    261   (  60)
    270    273    278    281    293    299    303    306    309    323   (  70)
    326    329    330    338    350    354    359    371    375    378   (  80)
    386    393    398    410    411    413    414    419    426    429   (  90)
    431    438    441    443    453    470    473    483    491    495   ( 100)
    509    515    519    530    531    543    545    554    558    561   ( 110)
    575    585    593    606    611    614    615    618    629    638   ( 120)
    639    641    645    650    651    653    659    683    686    690   ( 130)
    713    719    723    725    726    741    743    746    749    755   ( 140)
    761    765    771    774    779    783    785    791    803    809   ( 150)
    810    818    831    833    834    846    866    870    873    879   ( 160)
    891    893    911    923    930    933    935    938    939    950   ( 170)
    953    965    974    975    986    989    993    998   1013   1014   ( 180)
   1019   1026   1031   1034   1041   1043   1049   1055   1065   1070   ( 190)
   1103   1106   1110   1118   1119   1121   1133   1134   1146   1154   ( 200)
   1155   1166   1169   1178   1185   1194   1199   1211   1218   1223   ( 210)
   1229   1233   1238   1251   1265   1269   1271   1274   1275   1278   ( 220)
   1289   1295   1310   1323   1329   1331   1338   1341   1346   1349   ( 230)
   1353   1355   1359   1370   1394   1398   1401   1409   1418   1421   ( 240)
   1425   1430   1439   1443   1451   1454   1463   1469   1478   1481   ( 250)
   1499   1505   1509   1511   1518   1533   1539   1541   1559   1583   ( 260)
   1593   1601   1626   1649   1653   1659   1661   1673   1679   1685   ( 270)
   1703   1706   1730   1733   1734   1745   1749   1755   1758   1763   ( 280)
   1766   1769   1773   1778   1779   1785   1790   1791   1806   1811   ( 290)
   1818   1821   1829   1835   1838   1845   1850   1854   1859   1863   ( 300)
   1866   1883   1889   1898   1901   1923   1925   1926   1931   1938   ( 310)
   1953   1955   1958   1959   1961   1965   1973   1983   1994   2001   ( 320)
Pour les amateurs de l'IOCCC, voici un programme plus compact de Nicolas Graner,
donnant la même liste de nombres de Queneau
#include <stdio.h>
#define NMAX 2001

unsigned int n, q, x, i, v;
main()
{
  for( ; q++-NMAX || !printf("\n") ; i || printf("%7u",q) &&
      !(++n%10) && printf("   (%4u)\n",n) )
    for( x=(i=q)*(v=2)+1 ; --i && v-1 ; ((v<<=1)>q) && (v=x-v) );
}

10 Avril 2000

Exercices de désabonnement :
Les gens qui s'inscrivent à la liste oulipo ont tendance à ne pas lire les quelques instructions qu'ils reçoivent, donc ne savent en général pas comment se désabonner lorsqu'ils le désirent. À certaines périodes de l'année, une importante proportion de messages envoyés à la liste sont donc des appels à l'aide pour se désinscrire. Le 4 avril dernier, Nicolas Graner a eu l'idée de transformer ces demandes de désabonnement en exercices de style oulipiens, et a écrit 25 variations à la fois brillantes et hilarantes. Son exemple a été suivi par de nombreux membres de la liste : Alain Zalmanski, Uwe Schleypen, Jean-Claude Breton, Jean-Sébastien Liébin, Éric Lewin, François Larue, Jean Fontaine, Stéphane Susana, Philippe Bizard, Sébastien Canevet, et Patrick Flandrin. Voici mes propositions.

Monovocalismes isocèles

J'entends me dépêtrer de ce cercle de lettrés pervers,
émerger de cet ensemble de ménestrels déments. Certes,
je ne prétends être exercé en de tels démembrements et
je cherche désespérément le règlement de ce mél-server
de merdre. Je présente mes regrets et en même temps je
je reste entêté : enlevez le mec <gef> de ce relevé de
fêlés ! Je prends cette clef des prés, et cesse d'être
présent. Bref, c'est le terme : je me désengrène. Gef_

"Qatramaran" n'a pas tant d'appâts : ça va d'accablants
blablas rasants à d'abracadabrants bazars pas marrants,
passant par d'agaçants cancans banals, par d'harassants
chants dadas sans art... Ah ! Clan amalgamant la math à
la grand-papa à l'apparat standard d'antan ! Fat magma,
tas d'avatars à la Chapman, amas à gagas rabâchant tant
d'ahanants gags à almanachs. Arrgh... Ça m'abattra, car
ça va s'aggravant. Partant, ça va bardant : sortons mon
nom d'hors vos propos trop cons; ôtons <toto> d'O.L.Po.
ô Mojordomo. Tu crus qu'"unsubscr..." fut plus sûr ? Tu
fus nul ! Un club d'Ubu fut plus dur qu'un mur d'URSS !
Ici prit fin l'incivil cri. Gil fit cinq-six clics : il
inscrivit "nil". J'espère être exempté de lynch ;-). G_
Plagiat d'Hugo (Vernier)

Oh ! combien de serveurs, de pages incertaines
Avais-je visité les dernières huitaines,
Quand de liste oulipo j'ai par hasard ouï ?
J'espérais y trouver d'inventives tribunes,
Ou de grands écrivains; il n'y a que des prunes.
Je veux donc être exclu, et je m'en réjouis.

Palindrome phonétique

- Entendez : traquai-je assez mail ? Hors de ces serveurs, vous comment sortez ?
- Rétro s'en moque ! Ouvre, vrai ! C'est ce drôlet message écarté d'antan !

Pangramme

Décomptabilisez khâgneux fourvoyé qui joua "W".


13 Avril 2000

Sonnet dissyllabique

J'assiste
À vos
Travaux
Simplistes.

La liste
N'oeuvre au
Niveau,
C'est triste.

Pour ce
Ponceux
Courrier
Conclure :

Veuillez
M'exclure.

Autre pangramme

Eh, fi ! Rempaquetez vos jeux ce week-end. Balayage !

Tankas

Amoureux des mots,
Des fables, des animaux,
D'almanachs Vermot
Et de jeux surréalistes,
J'ai essayé votre liste...

Bande d'anormaux
Aussi lourds que des sumos !
Je veux que primo
Des excuses l'on souscrive,
Puis que l'on me désinscrive !

(H)olorimes

Loup, lit, pomme, des os...: laids, vos tankas m'ennuient !
L'oulipo me désole et vaut tant qu'âme en nuit :
Ce jeu ne lie terre-air. Aidez à bon émoi
Ce jeune littéraire, et désabonnez-moi !


20 Avril 2000

Palindrome littéral

Sale garce, va ! Et s'il a, taré, trop pu sévir, rivé supportera ta liste avec rage, las !


27 Avril 2000

Faire-part de naissance
Marina & Gilles
ont le bonheur de vous
annoncer la naissance d'
Anna

Sonnet dissyllabique

Vingt-sept
Avril :
Gracile
Fillette

Est prête,
Faufile
Profil
Et tête

Puis sort
Son corps.
Ô chance :

On a
Naissance
D'Anna !

Mauvais calembours

MM. et MMmes Faure (poètes), Coluthe (humoristes populaires),
Litick (psychanalystes), Tommy (médecins), Nirve (brahmanes),
Pire (ichtyologistes), Rétèque - Al Afin (rédacteurs de modes
d'emploi), Capac - O'Mansey (chamailleurs irlando-péruviens),
& Esposito-Farèse (oulipophiles) ont la joie de vous annoncer
la naissance de leurs filles auxquelles ils ont tous donné le
même prénom : Anna.
Tanka allitéré

On a ânonné :
« Une nuit, Anna est née. »
Aux nues nos nains nez !
On ne nia une année
Inouïe et ahanée ;-)

Pangrammes

Anna (2 kg 780) va du taxiway chez M. Farespo qui jubile.  [38 lettres]
Exigez du whisky : Anna vit le jour ! Compliqué ? Bof !      [39 lettres]
(Je bloque : Anna va phagocyter douze fameux kiwis !)        [40 lettres]

Palindrome phonétique

Et tout gai défi : annonçons la naissance d'Anna !
Deux-cents sénats longs sont naïfs et dégoûtés...

Acrostiche isocélo-monovocalique

Allah tant grand sa baraka lança
Natal flagrant chanta à la maman
Nana s'ancra dans hammam à nanan
A l'almanach l'hagard papa dansa
Monoconsonantisme
on a uni une nana nue à un âne inné. on a eu une oie ionienne
une naine ou un nano-aï ? nenni ! on a eu une aînée en un an.
aïe, une nuée au néon à anion : anna a eu un anneau noué où ?
à une aine ? au néné ? non ! née, anna n'a eu un ennui : on a
nié ! on ânonna en eau : « ô éon, on a eu une année inouïe. »
oui, un nanan à nonne, un néo-nô à ana. na !
Sonnet (h)olorime

On ahana : « Si elle apparaissait plus tôt ? »
C'est en fendant son temps qu'atterrit dans les cieux
Cette enfant. Dansons tant qu'athée ridant les yeux :
On a Anna, ciel ! À part : « Essaie plutôt

De maintenir le cou pour la mettre en auto.
Mais ne les déçois (Ferme : à l'air t'es sourd !) si eux
Mènent l'aide; et sois ferme, alerte et sourcilleux. »
Demain : tenir le coup, pour l'âme être en hôte haut.

Ce sot n'essaiera la morsure aux piranhas :
Outré, je ne fiais tes sens et ton bémol
À ces maternités-hospices, aux sanas

Où très jeune fillette est censée tomber molle.
Assez, mâts ternis, thé, os pisseux... Hosanna :
Ce sonnet serra la mort sûre au pire, Anna !

Palindrome littéral

Si rétive ?
En tiare serti, an !
Tu dis :
« Anna, si, dut naître;
serait née vite. »
Ris !

Éodermdrome syllabique
Mais à Paname est née Anna ! N'es pâmé ? pentagone de syllabes mé/a/pa/na/né

matrice carrée symétrique de syllabes Diagonnet

Jeudi vingt-sept avril,

Dis qui (notons qu'élue)

Vint au monde immense ?

Sait-on qui vit le jour ?

T'as vraiment le mandat ?

Il lut ce jour d'Anna !

Poème à double sens

Je reste obsédé par  la naissance d'Anna
La mort de mon papa  devient un souvenir
Ce fut un cauchemar  brumeux comme sauna
Mais ne diminue pas  ma passion d'avenir
Mon immense chagrin  a fondu au fourneau
De scènes éprouvées  dans les maternités
En l'hôpital Cochin  où de verts kimonos
Près d'âmes élevées  prouvent l'éternité
Annagrammes

Anna naît,
ait nanan !
An à nanti
nia antan

(sale antan,
séant anal,
l'an satané
à néant las).
Anna est là,
tel ananas !
An ès natal
en a santal.

Anna Esposito-Farèse
a pensé naître, ô sofas !
Sofa à sopraniste née :
fainéante s'osa repos.
Pose "fa", ô renaissante,
fée soprano à tisanes !
S'aéra soif spontanée.
Rapetissons, ô fée Ana,
rôtissons épée à fana.
Pote fera assaisonné,
osa fraise spontanée...

carcan sans sas (contrainte du prisonnier)

on annonce on accoure
on exauce nos voeux
non avec un morveux
on a eu un amour
une couronne en or
une menue nana
commence son essor
son nom sera anna

Photo d'Anna à une semaine

Anna

[Voir aussi cet ana à Anna offert par les amis de la liste oulipo]

16 Mai 2000

Sot sonnet né à la Lescure ès curieux yeux
[Sonnet bègue à la manière des poèmes de Jean Lescure dans le numéro 36 de la Bibliothèque Oulipienne.
Le dernier vers s'inspire bien sûr de celui de « Zone » d'Apollinaire.]

Mon monde où douze aisés coups coulent l'heure en rang
M'amarre aux rochers chez l'hululant lent été;
Mais même en mentant tant, ce second gong est gai
Car qu'armaient mes ans en leur leurre ici sans sang ?

Qui est quiet entend l'eau : l'automne étonné
Tôt naît au nez des démons; mon tout touchant chant
T'attache au chauvin vin seul et se lève en vent
Puis puissant, sans cesser, plut plus qu'à sec assez.

Laid, l'éclair, clef rare à roue rouge jetant temps
Sali, s'allie l'hiver versant cent glas glaçants;
Là la nuit nuit au tonnerre et n'est murmurée...

Mais Mai vint vainqueur, coeur au rauque ukulele,
Pour pourprin printemps t'encenser sans cet antan;
Au haut toit, l'étoile est môme au cou coupé : paix !

[Voir aussi cette fausse définition]


Simplification du 9/1/13

Sonnet à laisses (curieux)
[Sur la liste oulipo, Noël Bernard a eu l'idée de supprimer les répétitions des
textes bègues, afin d'en obtenir des versions « orthophoniques ». Voici donc
l'étrange poème symboliste que j'obtiens à partir du sonnet ci-dessus.]

Monde, houx et couleur en
ma roche élue lente, et
m'aimant en ce gond ; gué
qu'arme aise en leurre issant,

Qui, étant l'hôte, au nez
tonne et démonte ouche, en
ta chaux vint celer vents :
puissance est plus cassée.

Lès clef rare où je tends
salive, air, sangle à sang,
la nuit, aulne est muré.

Mais vainqueur au cou laid,
pourpre intense en sept ans,
ô toi ! les mots coupais.


25 Mai 2000

Monovocalismes donnant les décimales de pi
Nicolas Graner m'a proposé en 1999 de traduire sans E le célèbre quatrain qui donne les décimales de pi ("Que j'aime à
faire apprendre un nombre utile aux sages..."). Nous n'avons jusqu'à présent rien obtenu qui soit à la hauteur de l'original,
donc voici en attendant deux tentatives beaucoup plus capillitractées, dont je donne auparavant la version "désoffusquée".
Bande de perroquets ahuris ! Ce texte original donne des
indications sur les travaux de vieux génies bien connus.
En effet, l'université a été incapable de vous enseigner
les mathématiques de base. Les Archimèdes vous ennuient.
Version en A
Tas d'aras à fadas alarmants, ça scanda
chant pas banal phrasant branlants savants standards,
car la fac massacra sans hasard sa lambda
math cra-cra marchant mal. Ah rasants Hadamards !

Version en I
« Nid d'ibis d'vingt shillings, pi strict finit ici :
Tchin, listings primitifs, indivis sybillins ! »
Dit-il vif, instinct chic (rififi mi-zinzin).
« Tilt ! » fit Sir Stirling, pis : il inscrit « Lipschitz sniff ! » (*)

(*) Note à la Allais : « sniff » se prononce « sni » en bas breton.

[Voir aussi ces textes donnant les décimales de la base des logarithmes (e) et de la racine carrée de 17]


30 Mai 2000

Écrire des fables express ayant pour moralité approximative
Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse
[Jeu proposé par Nicolas Graner sur la liste oulipo, en hommage à Boris Vian, Marcel Gotlib,
et aux "Papous dans la tête". Les distiques proposés ci-dessous sont plutôt des "fables TGV" !]

Tu refusais d'aller à Ninive, Jonas ?
T'avala cachalot qu'Allah fielleux te chasse !

Il pompait jusqu'à ce que sa masse décroisse :
S'envola gros shadock à la finesse crasse...

À l'époque où Rainier régnait dans son palace,
On l'entendait souvent s'exprimer avec classe :
« Mon coeur se ralentit quand ma blonde m'enlace;
Temps vole accru : halo qu'a la princesse Grace ! »

Monstre, tu affamais ta belle-fille, hélas !
T'en veut la bru, salaud; qu'elle a faim, et se casse.

Cet hiver est coriace et nos chandails s'entassent.
Temps froid s'accrut : châle haut, car là untel se glace !

Autres réponses
[Voir aussi ces fables express sur la devise de la SNCF]


2 Juin 2000

Poèmes à sens multiples
[message envoyé sur la liste oulipo, non retravaillé pour cette page Web]
 Imaginons un poème de N alexandrins classiques,
 c'est-à-dire de 2N hémistiches hexasyllabiques.
 En associant une lettre à chaque hémistiche, il
 est utile de représenter le poème sous la forme
                       A B
                       C D
                       E F
                       G H
                       ...
 Si les césures sont soulignées par des espaces,
 ou mieux, si les hémistiches comportent tous le
 même nombre de caractères (isocélisme), il sera
 possible de relire le même poème verticalement.
 À condition de choisir des rimes brisées, ou un
 autre schéma incluant des rimes à la césure, la
 deuxième lecture fournira un poème régulier. Il
 pourra ensuite être réécrit sous forme standard
                       A C
                       E G
                       ...
                       B D
                       F H
                       ...
 Jusque là, rien d'original (à part l'isocélisme
 optionnel). Il existe en effet d'assez nombreux
 poèmes de ce type dans la littérature, utilisés
 pour cacher un deuxième sens opposé au premier.
 Mais que se passe-t-il si l'on itère le procédé
 de lecture verticale ? Un 3ème poème apparaît :
                       A E
                       ...
                       B F
                       ...
                       C G
                       ...
                       D H
                       ...
 Et si l'on continue, davantage de poèmes sont a
 priori engendrés. Bien sûr, le nombre total est
 fini, car on retombe sur le premier poème après
 un certain nombre d'itérations. Le total dépend
 du nombre de vers N, et ne dépasse jamais 2N-2.
 Ce maximum est atteint pour N = 2, 3, 6, 7, ...
 Au contraire, si N est une puissance de 2, nous
 obtenons le nombre minimum de poèmes différents
 que ce procédé peut engendrer, 1 + log N/log 2.
 Par exemple, on ne trouve que quatre huitains :
     A B         A C         A E         A I
     C D         E G         I M         B J
     E F         I K         B F         C K
     G H         M O         J N         D L
     I J         B D         C G         E M
     K L         F H         K O         F N
     M N         J L         D H         G O
     O P         N P         L P         H P
 Le cinquième serait identique au premier. Comme
 de nombreuses contraintes prosodiques doivent a
 priori être aussi respectées (comme la règle de
 l'alternance des rimes, qui oblige au passage à
 débuter certains hémistiches par des voyelles),
 ce cas du nombre minimum de poèmes possibles me
 semble le plus intéressant.
                             Le cas du maximum a
 l'inconvénient d'engendrer toutes les suites de
 deux hémistiches possibles, et l'écriveron peut
 être tenté de tous les choisir grammaticalement
 indépendants. L'exercice y perdrait son intérêt
 littéraire, me semble-t-il. Les nombres de vers
 N pour lesquels on obtient le maximum de poèmes
 sont toutefois amusants à étudier d'un point de
 vue mathématique, et ils sont d'ailleurs reliés
 au problème des "nombres de Queneau". Notez une
 différence importante avec les "quenines" : les
 hémistiches numéros 1 et 2N ne se déplacent pas
 alors que la permutation de Queneau-Daniel crée
 un désordre total.
                    La structure des rimes n'est
 pas totalement évidente si l'on désire que tous
 les poèmes engendrés soient réguliers. Pour les
 quatre huitains ci-dessus, on trouve facilement
 une solution; voir l'exemple en fin de message.
 En revanche, pour les 18 poèmes possibles de 14
 vers que ce procédé fournit, je n'ai pas trouvé
 de structure de rimes donnant à chaque fois des
 sonnets (même shakespeariens, même italiens, ou
 même légèrement irréguliers). La seule solution
 évidente consiste à choisir la même rime à tous
 les hémistiches et il ne s'agit plus de sonnet.

 Après ce long baratin théorique, voilà donc mon
 premier essai de poème à sens multiple. Je n'ai
 cherché qu'à illustrer la structure et j'espère
 que les abonnés de la liste oulipo vont envoyer
 bientôt des exemples plus littéraires ! Amitiés
                                            Gef_
Le marin et la Patagonie
------------------------
J'aimais deux éléments : l'air clair du firmament
l'eau de profonde abysse (ô deviendrai-je Ulysse)

Le feu roux de tourments m'angoisse affreusement,
et son teint d'écrevisse est-ce un pur artifice ?

La terre et ses couleurs les arbres et les fleurs
en quoi l'on s'intéresse ah je m'en bats la fesse

Son tremblement de coeur je l'avoue j'en ai peur,
autant fait ma détresse; et j'émigre en vitesse !

Le pompier et le sirocco
------------------------
J'aimais deux éléments : l'eau de profonde abysse
le feu roux de tourments et son teint d'écrevisse

La terre et ses couleurs en quoi l'on s'intéresse
son tremblement de coeur autant fait ma détresse.

L'air clair du firmament (ô deviendrai-je Ulysse)
m'angoisse affreusement; est-ce un pur artifice ?

Les arbres et les fleurs ah je m'en bats la fesse
Je l'avoue j'en ai peur, et j'émigre en vitesse !

La pluie du volcanologue
------------------------
J'aimais deux éléments : le feu roux de tourments
la terre et ses couleurs son tremblement de coeur

L'air clair du firmament m'angoisse affreusement;
les arbres et les fleurs je l'avoue j'en ai peur.

L'eau de profonde abysse et son teint d'écrevisse
en quoi l'on s'intéresse autant fait ma détresse.

(O deviendrai-je Ulysse) Est-ce un pur artifice ?
Ah je m'en bats la fesse et j'émigre en vitesse !

Le météorologue télévisé
------------------------
J'aimais deux éléments : la terre et ses couleurs
l'air clair du firmament les arbres et les fleurs

L'eau de profonde abysse en quoi l'on s'intéresse
(ô deviendrai-je Ulysse) ah je m'en bats la fesse

Le feu roux de tourments son tremblement de coeur
m'angoisse affreusement; je l'avoue j'en ai peur.

Et son teint d'écrevisse autant fait ma détresse;
est-ce un pur artifice ? Eh j'émigre en vitesse !

7 Juin 2000

Réponse à un faux imbécile qui a perturbé un moment la liste oulipo
[celui qui se cachait derrière le nom du génial Jean-Baptiste Botul(e) était en réalité l'un
des abonnés les plus subtils de cette liste, d'ailleurs souvent cité dans mes pages Web ;-)]
> mes textes genent l'ensemble des membres  de  ce
> cercle, je le sens. mes pensees les emmerdent et
> je m'en repens.  les experts  et les esthetes me
> detestent,  je le regrette. s'enteter est peche,
> se rebeller est dement. je cede, je respecte les
> regles,  je m'enleve  de  ce  cercle.  je  cesse
> d'embeter mes tres chers freres et de declencher
> betement des  stress.  cette lettre  de dem' est
> le terme de mes errements.
>
> regrets eternels
> e+
> jbb

  C'est excellent, et je préfère très nettement ce
  genre de texte ! Je me permets, en effet, d'être
  net : je regrette tes précédents méls exempts de
  règles. Certes les pêches se fendent de temps en
  temps. Tes lettres remettent en scène cet expert
  en l'ensemble des événements : le sensé J.-B. B.
  [ne greffez de E vers le terme !], ce régent des
  pensées zen et des rêves d'esthètes, ce chef des
  mêlées envers le temps, elfe des belles lettres,
  préfet des recherches des CERN et CNRS ! En même
  temps, je te sens te méprendre de mec : tes méls
  ne s'élèvent vers l'excellence de cet être. Bref
  c'est frêle et léger, et je m'énerve... Le sept,
  je repère le texte précédent, et je m'en délecte
  le temps de déceler tes péchés : eh, ce benêt se
  sert de lettres blêmes répétées ! Ce zèbre n'est
  le réel J.-B. B., cet enflé ne révère les règles
  démentes de ce cercle ! Est-ce le Père Hébert en
  ventre et en vertèbres ? Je ne le pense ! Est-ce
  le sketch de Berge, de Bens ? [Perec est décédé]
  Je ne le sens... Bref, je me désespère de percer
  le secret de ce terne-bec. Mes révérences, G.E-F

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